Coronavirus : l'imprévu auquel les mariés n'avaient pas pu penser !

Le traiteur, la salle, le fleuriste, le DJ... Tout était prévu, anticipé, pour que la fête soit belle, la mariée magnifique et les invités heureux. Tout, sauf cette crise sanitaire liée au coronavirus ! Ou comment en quelques jours, le rêve de beaucoup de futurs mariés se retrouve... reporté !

Coronavirus : ce petit "détail" que les mariés n'avaient pas anticipé.
Coronavirus : ce petit "détail" que les mariés n'avaient pas anticipé. © BELPRESS/MAXPPP

"C'est la cata !" Tout juste de retour du Maroc où elle était partie chercher "le" lieu idéal avec un couple de futur mariés, Stéphanie Lemercier est rentrée en France en urgence. "Concernant ce mariage-là, qui devait avoir lieu dans quelques mois, il sera reporté en 2021, mais il y a tous les autres avant... C'est de la folie ! 

Et il y en a (pardon : "il y en avait") des mariages prévus en mars et avril ! Un futur concerné de confirmer : "Nous, ça va, c'est pour mi-juillet ! On attend encore avant de chambouler nos plans. Mais dans notre groupe de préparation, tous ceux qui devaient se marier avant mai, ont annulé !"

La tuile. Le truc qu'aucun futur marié normalement constitué, n'avait pu anticiper. Un cauchemar pour les plus angoissés...
 

Des futurs mariés en pleurs


"Nous, c'est vendredi dernier, qu'on a compris ! raconte Youen. Ce Costarmoricain avait prévu d'épouser Céline le 28 mars. Quand on a appris que tout rassemblement de plus de 100 personnes était interdit... Puis le camping où la fête devait se tenir a appelé, c'était fichu !"

Dans un premier temps, le couple a pensé se marier en petit comité pour repouser les festivités à plus tard, mais il s'est vite ravisé et a tout repoussé de quelques mois. "On se mariera en octobre ! Cela fait 17 ans qu'on est ensemble, on n'est pas à six mois près ! relativise ce père de trois enfants.
 

"C'est plus simple d'annuler, quand la décision ne vient pas de nous, relativise Youen. Là, avec l'obligation gouvernementale, les prestataires comprennent. On prend notre mal en patience, en espérant qu'en octobre, le virus sera derrière nous !"


Les quatre mariages que Stéphanie avait mis sur pied, en tant que créatrice et organisatrice d'événements, courant mars ont tous été annulés. "Les mariés paniquent, certains sont en pleurs, c'est horrible !" Ce qui devait être le plus beau jour de leur vie, part soudain en fumée... Reporté, à une date encore non fixée.

"Malheureusement, on ne peut, pour le moment, rien leur proposer, explique la "wedding planner" débordée. Tout rassemblement est maintenant interdit. "Certains lieux de réception m'ont appelé pour dire qu'ils fermaient. On n'a plus les salles, et de toutes façons, les invités ne peuvent plus se déplacer !"

"Tout ce qui devait se passer cette semaine, et ce week-end est annulé", nous confirme-t-on à la mairie de Rennes. La plupart des services municipaux "non essentiels" sont fermés, confinement oblige. Les mariés doivent donc patienter.
 

"Impact financier énorme"


Sauf que dans un mariage, beaucoup de prestateurs sont concernés ! Une vingtaine par événemennt quand on compte, le traiteur, les serveurs, les musiciens, le fleuriste, l'hébergement... "C'est toute une chaîne qui est impactée, confirme Sylvie Durand, la directrice d'exploitation de la résidence La Pommeraie de Bruz.

Pour elle, cela fait bientôt trois semaines, que les annulations s'enchaînent : séminaires, réunions d'entreprise et aujourd'hui le premier mariage qui devait se tenir début avril. "Nous avons perdu 30.000 euros rien qu'au mois de mars, continue la directrice d'exploitation qui a décidé de fermer. Rien ne m'y oblige pour l'instant, mais c'est ridicule de rester ouvert en ce moment." 
 

Reporter, mais quand ?


Quand on sait qu'un mariage se prépare en moyenne, en Bretagne entre un an et un an et demie à l'avance, on peut mesurer le désarroi des futurs mariés. "La femme est déprimée, sa mère très énervée" témoignent les professionnels contactés. Beaucoup de stress, d'annulations et de frais en perspective, des accomptes ayant déjà été versés.

Un mariage coûte maintenant en moyenne 25.000 euros. "Certains nous appellent pour annuler des événements planifiés en mai. On les invite plutôt à patienter, car les choses peuvent bouger très vite en ce moment, d'autant qu'une telle décision a beaucoup d'impacts pour eux, comme pour nous !"

Les traiteurs par exemple, cherchent des solutions : "On arrive à reporter des repas d'affaires ou d'association en octobre, explique Patrick Carudel. Mais pour les mariages c'est plus compliqué, il faut que tout se coordonne !" Et un mariage d'automne ou d'hiver, ce n'est évidemment pas le même au printemps ou durant l'été !

Dans ce contexte, les plus optimistes préfèrent relativiser : "Si nous sommes coincés 45 jours, cela nous emmène jusqu'à fin avril. La grosse période des mariages commence plutôt après"... C'est comme pour la météo le Jour J, il n'y a donc plus qu'à croiser les doigts, et espérer que d'ici la crise sanitaire sera passée.

 


 
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