IRM : des délais toujours plus longs en Bretagne

Les délais d'attente pour passer un examen d'IRM (imagerie par résonance magnétique), crucial notamment dans la détection et le suivi des cancers, stagnent toujours autour d'un mois au niveau national, et les inégalités régionales persistent voire se creusent, selon une enquête publiée ce mercredi.

Cette année, le délai d'attente moyen est de 30,3 jours, comme en 2012-2013. Un résultat 2015 qui apparaît toutefois moins mauvais que celui de 2014 (37,7 jours),
la pire année depuis onze ans, selon l'auteur de l'étude, l'association Imagerie Santé Avenir (ISA) qui représente l'industrie de l'imagerie. L'enquête, réalisée tous les ans depuis 2003, a testé les réponses à une demande d'examen lombaire "en urgence" par IRM dans le cadre d'une recherche d'extension de cancer. La métropole compte 761 IRM dont 77 installées en 2014 et pour 40 d'entre elles, pour les examens ostéo-articulaires uniquement.

Des objectifs loin de ceux prévus par le plan Cancer

On reste loin des objectifs du Plan cancer 2014-2019 qui fixe ce délai moyen à 20 jours. Un plan pourtant moins ambitieux que le précédent Plan Cancer, qui avait fixé la limite à 15 jours et à 10 jours dans les régions à risque élevé de mortalité par cancers.

L'accès à cet examen d'imagerie varie encore selon les régions. Une seule, l'Ile-de-France, voit ses délais baisser au-dessous de 20 jours pour obtenir une rendez-vous. En
revanche, les délais ont grimpé en flèche en Poitou-Charentes, passant de 28,6 jours en 2013 à 38,9 jours en 2015 ou encore en Bretagne où ils sont passés en deux ans de 24,2 à 57,1 jours. L'Alsace, qui fait pourtant partie, comme la Bretagne, des régions les plus touchées par le cancer, a également vu ses délais augmenter avec plus de 61 jours d'attente en moyenne. Cinq régions concentrent à elles seules la moitié des nouvelles installations déployées en 2014 (Basse Normandie, Nord Pas-de-Calais, PACA, Midi-Pyrénées, Ile-de-France).

A l'inverse, dans la même période, il n'y a eu aucun effort d'équipement dans 4 régions (Auvergne, Centre, Franche-Comté et Languedoc Roussillon), selon le rapport. Les Pays-de-la-Loire stagnent avec le taux d'équipement le plus faible de France (8,1 IRM par million d'habitants) et un délai d'attente de 55,8 jours. 

Mauvaise élève en Europe 

La France reste à la traîne par rapport à la moyenne européenne avec seulement 11,9 appareils par million d'habitants contre 20 en moyenne en Europe, selon les derniers chiffres connus  (2014). Un retard qui existe depuis des années. Or, les indications de l'IRM ne cessent de s'étendre. Largement utilisé en neurologie (AVC...), l'IRM l'est également en cancérologie (atteintes du cerveau, du foie...), ainsi que dans le domaine des maladies cardiaques, en urologie, et dans le domaine ostéo-articulaire. L'installation d'appareils destinés aux seuls examens ostéo-articulaires (pour le genou, notamment), présents dans 22 régions, pour désengorger les machines IRM destinées aux examens de cancérologie, est trop récent pour en dégager une tendance forte, relève l'ISA. Même, si sur un faible échantillon, les résultats suggèrent un raccourcissement des délais d'attente, selon l'association. En cancérologie, l'imagerie, et plus particulièrement l'IRM,  sont utilisés pour le bilan initial puis tout au long de la maladie, selon les spécialistes.

Les résultats de l'imagerie contribuent au choix du traitement et des délais trop long d'accès à l'IRM peuvent aller jusqu'à une perte de chances pour le patient, selon le Pr Frank Boudghène, spécialiste de radiologie et président de la Fédération de l'imagerie du cancer de la société française de radiologie. Plutôt qu'agir par à-coups et insuffisamment, "il faudrait que l'effort soit continu avec un objectif à 5 ans, par exemple pour atteindre 17-18 machines par million d'habitants et que l'on s'y tienne" estime le Pr Jean-Yves Gauvrit, spécialiste de l'imagerie des urgences en neuroradiologie (CHU Rennes).



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