Météo. Quelles conséquences de ce printemps exceptionnellement frais et humide en Bretagne

En mai, fais ce qu’il te plait ! Cette année, le dicton n'est valable que pour les escargots. Une dépression installée sur les îles britanniques nous envoie un flux maritime humide et froid. Avec des conséquences sur notre moral, mais aussi sur la pousse des végétaux et l'agriculture.

Météo  : mai froid et humide
Météo : mai froid et humide © S. Breton

En mai, fais ce qu’il te plait ! Cette année, le dicton ne semble valable que pour les escargots ! La faute à une dépression installée sur les îles britanniques qui nous envoie un flux maritime… humide et froid.

Il suffit de jeter un coup d’œil par la fenêtre pour n’avoir qu’une envie, retourner au plus vite sous la couette.

En avril, la région a connu des gelées record. Brest s’est réveillée 5 fois avec un thermomètre en dessous de zéro, Rennes 9 fois. "Ce n’était pas arrivé depuis la seconde guerre mondiale", explique Steven Tual, prévisionniste à Météo Bretagne. En campagne, il a fallu gratter les pare-brise 14 ou 15 fois dans le mois. Lorient a connu 3 épisodes de gelées, Saint Brieuc 1. 


Des températures en dessous des normes 

Et en cette fin mai, les températures restent anormalement basses : "2 à 3 degrés en dessous des normales de saison de ces 20 dernières années : 2,6° de moins que la moyenne à Lorient, 1,3° de moins à St Brieuc, -2,2° à Brest, et -2,1° à Rennes", énumère Steven Tual.

Pour se montrer rassurant, il tempère : "on a déjà connu pire. En 2013, le mois de mai avait été encore plus frais, et en 1984, la température moyenne mensuelle n’était que de 10,9°C."


15 jours de retard pour les cultures

Il n’empêche, ça dure et ça caille. Et ce qui est rude pour nous humains, l’est aussi pour les plantes.

A Mauron, dans le Morbihan, Jean-René Meunier, agriculteur, guette la levée de ses pommes de terre. "Elles ont été plantées fin avril et devraient faire au moins 15 centimètres, elles ont 15 jours de retard !"

Idem pour le maïs semé au début du mois de mai. On voit poindre les deux premières feuilles, c’est tout. Et le céréalier est inquiet, "la fraîcheur fragilise et fatigue les plantes. Leur sensibilité aux attaques d’insectes pourrait être beaucoup plus forte."

Dans la zone légumière de Paimpol, cette fraîcheur se traduit par des retards de production. Les choux-fleurs et les salades peinent à grossir. Les rendements de pommes de terre primeur sont à la baisse.

La bonne nouvelle, c’est que la demande est plus forte que l’offre. En salade de quatrième gamme (les salades en sachet et les jeunes pousses), les besoins sont supérieurs de 20 à 30 % par rapport à ce que les producteurs peuvent fournir. Les prix devraient donc se maintenir.

A Saint-Malo, aussi, les légumes sont un peu en retard, mais il n'y a rien de grave pour l'instant. Et les producteurs vendent toujours les légumes d'hiver comme les choux et les poireaux. "Avec cette météo, les gens ont plus envie de soupe que de salade" analyse Clarisse Galet, directrice de "Terres de Saint -Malo".

Les éleveurs, eux, se réjouissent plutôt de cette fête à la grenouille permanente. L’herbe pousse, les vaches ont à manger ! Ils espèrent juste que cela va durer.


Beaucoup d'eau, mais toujours un risque de sécheresse

Car malgré toute cette eau qui nous tombe sur la tête, le risque de sécheresse n’est pas écarté. Mars et avril ont été si secs, que l’on accuse encore des déficits pluviométriques de 30 à 40%.

A Lorient, il est tombé 127 mm de pluie (au lieu de 215), à St Brieuc, 131 mm (au lieu de 176), à Brest, 159 (au lieu de 267) et à Rennes, 99 mm au lieu de 170.  Les semaines à venir seront déterminantes pour les cultures et les cours d’eau.

Demain jeudi 27 mai, le soleil devrait faire sa réapparition. Steven Tual annonce quelques jours de beau et espère un été chaud. Comme le dit l'autre dicton, après la pluie, vient le beau temps !

 

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