• FAITS DIVERS
  • SOCIÉTÉ
  • ECONOMIE
  • POLITIQUE
  • CULTURE
  • SPORT

Après la blague d'Emmanuel Macron à Étel (Morbihan), les Comores exigent des excuses

Une rangées de bateaux "kwassa-kwassa" comoriens photographiés à Mayotte, en 2009 / © Joël SAGET / AFP
Une rangées de bateaux "kwassa-kwassa" comoriens photographiés à Mayotte, en 2009 / © Joël SAGET / AFP

Plusieurs jours après la sortie d'Emmanuel Macron sur les kwassa-kwassa, qui "amènent du Comorien" à Mayotte, le ministre des Affaires étrangères et le cabinet du président comoriens ont réagi, dénonçant des propos "choquants et méprisants".

Par France 3 Bretagne avec AFP

Le ministre comorien des Affaires étrangères, Mohamed Bacar Dossar, a demandé ce lundi 5 juin des excuses du président Emmanuel Macron, estimant que sa plaisanterie sur les "kwassa-kwassa" lors de sa visite à Étel (Morbihan) était "choquante et méprisante".

À l'occasion de ce déplacement en Bretagne, jeudi 1er, le chef de l'État avait plaisanté à propos de ces frêles embarcations sur lesquelles périssent de nombreux migrants comoriens tentant de rejoindre le département français de Mayotte, voisin des Comores.

Le peuple comorien a droit à la dignité et des excuses sont nécessaires


"Le kwassa-kwassa pêche peu, il amène du Comorien, c'est différent", avait lancé M. Macron en plein échange avec plusieurs responsables d'un centre régional d'observation et de sauvetage.


"Ce sont des propos choquants et méprisants" a dénoncé Mohamed Bacar Dossar. "Le peuple comorien a droit à la dignité et des excuses sont nécessaires".

"L'emploi du mot 'du' est méprisant, nous sommes choqués, on attend une mise au point sérieuse de l'Elysée", a ajouté le ministre. "J'ai convoqué l'ambassadeur de France pour lui faire part de notre indignation".

Entre 7.000 et 10.000 morts depuis 1995


Les migrants, qui partent notamment de l'île comorienne d'Anjouan, empruntent ces embarcations de fortune, les "kwassa-kwassa", pour rallier les côtes de Mayotte illégalement, souvent au péril de leur vie.  Ces traversées ont causé "entre 7.000 et 10.000 morts depuis 1995", selon un rapport du Sénat français de 2012.

Pour le chef de la diplomatie comorienne, "il y a un contexte douloureux lié aux kwassa-kwassa que Macron ne peut ignorer".

"Il y a de nombreuses pertes en mer entre Anjouan et Mayotte (...) des familles perdent des proches, des fils, des enfants... Ce n'est pas un sujet qui se prête à l'humour... c'est cela qui a choqué les Comoriens."

Un drame sous le feu des projecteurs


La présidence comorienne a également réagi en déplorant une "déclaration inconsidérée" qu'elle met "sur le compte de la jeunesse" du président.

"Les traversées périlleuses des Comoriens entre Anjouan et Mayotte est un sujet qui mérite plus que la plaisanterie ou le sarcasme", a déclaré Said Ali Said Ahmed, conseiller chargé de la communication du président Azali Assoumani.


"Mais maintenant que le président Macron a mis le sujet sur la place publique d'une façon inappropriée, il convient de trouver une solution à ce drame", a-t-il ajouté.

Face à la vague d'indignation qu'avait suscité les paroles du président, l'Elysée avait reconnu samedi "un trait d'humour malheureux qui a pu blesser".

A lire aussi

Sur le même sujet

Extrait du documentaire

Les + Lus