Municipales : la mer, enjeu Majeur pour la ville de Lorient

Lorient, la ville aux 5 ports, est toujours tournée vers la mer et son activité économique est en grande partie liée aux ressources maritimes, que ce soit la pêche, la plaisance, la course au large ou encore le port de commerce.
La Cité de la Voile Eric Tabarly, un atout touristique pour Lorient La Base.
La Cité de la Voile Eric Tabarly, un atout touristique pour Lorient La Base. © Eddy Lemaistre/Maxppp

Le port de commerce en 2019, ce sont 2,66 millions de tonnes de marchandises qui transitent par ses quais, ce qui en fait le premier port de commerce breton, juste devant Brest.
Trois Pôles de développement. Cette activité se partage en trois secteurs : les hydrocarbures (en légère hausse), l’agroalimentaire (se porte bien grâce à un prix assez bas des matières premières), et les matériaux pour le bâtiment (ciment et sable de construction).

Depuis le 1er janvier, la Région Bretagne a confié pour 10 ans la gestion du port à une nouvelle société. Avec à sa tête David Cabédoce, le port de commerce de Lorient Bretagne Sud, est un regroupement de différents partenaires dont Lorient agglomération, quelques Banques, ainsi que la chambre de commerce et d’industrie du Morbihan, actionnaire majoritaire. 

Le port de commerce représente un chiffre d’affaires de 9 millions et demi d’Euros, et une soixantaine d’emplois. En 2019, Lorient a accueilli sur ses quais 9 paquebots de croisière et en attend une quinzaine cette année. Cette activité touristique reste quand même marginale dans le développement économique du port.

Pour le Président David Cabédoce, un des axes de développement majeur pour les années à venir serait : "d’obtenir l’agrément bio pour le port de commerce de Lorient, ce qui permettrait de diversifier les importations et les exportations, un agrément que possède le Port de Brest". Pour cela, le port de commerce a prévu d'investir 12 millions d’euros sur les 10 ans à venir.
 

Le port de Pêche et l'incertitude du Brexit


Le port de pêche se maintien cette année.  "Un peu moins de capture mais un peu plus de qualité, ce qui l’un dans l’autre conduit à une stabilité du Port", confie Jean-Paul Solaro, le président de la Société d’Economie mixte Lorient –Kerroman. Le port reste cependant le premier port de pêche français pour la première mise sur le marché, c’est-à-dire les produits vendus sous criée, avec 20 271 tonnes pour un chiffre d’affaires de 72 millions d’euros.

Mais en ce qui concerne le Brexit, l’inquiétude est bien là, et c’est toute une filière qui est concernée, Pêcheurs, mareyeurs, Transporteurs. "50% du poisson qui passe en criée à Lorient est péché dans les eaux britanniques, ce qui, si ce n’est plus possible, risque de poser un problème même si nous importons directement 15% de poissons pour pouvoir avoir une régularité d’apport pour les professionnels, mareyeurs, transporteurs, transformateurs, etc…" , explique Jean-Paul Solaro et de continuer : " La limite, c’est la limite social, nous ne pourrons pas avoir ici une quantité telle de poisson britannique alors que nous aurons des marins à terre, socialement, c’est inadmissible"

En 2020, 13 millions d’euros seront investis sur le port de pêche de Lorient, notamment pour la construction d’une nouvelle station d’eau de mer, d’une nouvelle station d’assainissement, la réfection des "Cathédrales" (hangars en forme d’ogive datant de la Seconde Guerre mondiale). Trois bateaux neufs ont par ailleurs rejoint les quais de Lorient, les pêcheurs continuent d’investir pour l’avenir.
 

La plaisance, une composante importante 


Lorient compte 6 ports de plaisance à flot, auxquels il faut ajouter un port à sec. Au total, près de 3 500 bateaux sont hébergés dans la rade de Lorient. Directeur de la Sellor, société d’économie mixte chargée de leur gestion, Brieuc Morin se projette sur les années à venir : "les capacités d’accueil à flot arrivent un peu à leur limite, il faut penser à des développement un peu nouveau, notamment à terre, port à sec, port à terre pour de plus grosses unité, toutes nos études vont en ce moment dans ce sens".

Il est ainsi question d’un port à terre positionné en amont du port sur la rivière du Blavet. Une vingtaine de pieux de plus de 20 ont été plantés pour recevoir de nouveaux pontons qui devraient accueillir 13 nouveaux Imocas et trois Ultims dans les mois qui viennent, avec les équipes à terre qui viendront renforcer le nombre d’équipages existants.
 

La course au large, la vraie bonne idée 


Après le départ de la marine en 98, l’accueil des équipages de courses au large a été le déclencheur du développement de la Base. Ce qui était un site militaire est devenu un pôle qui fait référence dans tous les domaines de la régate, solitaire, équipage, mono, multi… L’accueil d’étapes de grandes courses comme la Volvo Océan Race ont participé à la renommée du site. 

La gestion de ce secteur d’activité a été confiée à « Lorient grand Large ». Son président, Bernard Bocquet, explique ce choix de privilégier l’accueil d’équipages, au détriment de l’organisation de grandes régates : "On ne peut pas tout faire. On ne peut pas investir beaucoup d’argent pour avoir les bateaux à longueur d’année ici et investir beaucoup d’argent pour organiser de grandes courses, qui existent par ailleurs et qui sont déjà de renommée mondiale comme la route du rhum, le Vendée globe", explique-t-il qui annonce malgré tout le départ de Lorient, le 14 juillet, de la Transat quadra, "et quelques autres grands évènements dans les tuyaux".

On estime à un peu plus de 1000 le nombre d’emplois générés directement par l’activité de course au large et environ 3 500 emplois directs et induits qui dépendent de l’activité en lien avec la mer dans le pays de Lorient.
 
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