Mort de Kendal Breizh : “Il est tombé pour défendre les valeurs auxquelles il croyait”

Olivier Le Clainche, alias Kendal Breizh / © AFP PHOTO / YPG PRESS OFFICE
Olivier Le Clainche, alias Kendal Breizh / © AFP PHOTO / YPG PRESS OFFICE

Les témoignages se multiplient après la mort ce 10 février d'Olivier Le Clainche, alias "Kendal Breizh", tué en Syrie alors qu'il combattait au sein des Unités de protection du peuple (YPG), une milice kurde. Tous soulignent l'engagement du Breton, parti se battre pour ses valeurs idéologiques. 

Par Thierry Peigné

Pour Ronan Le Louarn, trésorier de l'association Amitiés kurdes de Bretagne, Kendal Breizh "Comme le disent les YPG, ça ne sert à rien de comprendre sans agir. Ce principe, Kendal Breizh a fait le choix de le mettre en application et combattant ici pour un certain nombre de valeurs, de partir là-bas pour les mêmes valeurs, là où elles sont beaucoup plus gravement menacées que n'importe où dans le monde." 

Et ces valeurs qui faisaient avancer Kendal Breizh, selon Ronan Le Louarn, sont partagées par de nombreux combattants venus du monde entier pour rejoindre les YPG et combattre le groupe État islamique. Une idéologique basée sur l'anti-fascisme, sur la liberté, sur l'égalité femme-homme, l'écologie, les droits sociaux; un idéal auquel peut s'ajouter une dimension indépendantiste pour ceux qui viennent soutenir les Kurdes.

La base idéologique de ceux qui partent combattre auprès des Kurdes
Ronan Le Louarn, trésorier de l'association Amitiés kurdes de Bretagne / Reportage : M. Hamiot - L. Bonis

L'association Amitiés kurdes de Bretagne, créée en 1994, et qui rassemble 90 adhérents, était régulièrement en relation avec Kendal Breizh par le biais des réseaux sociaux. 

Tué dans un bombardement

Olivier Le Clainche, alias Kendal Breizh, avait 40 ans. Il était originaire de Malestroit (Morbihan) et était parti combattre l'Etat islamique, en Syrie, en juillet dernier.

Après avoir fourni, selon un communiqué des YPG annonçant sa mort, un "grand effort pour la libération des principales zones tenues par l'Etat islamique, comme les villes de Raqa et Deir Ezzor", le Breton avait décidé récemment de rejoindre la région d'Afrine, dans le nord de la Syrie. La milice des YPG, considérée comme terroriste par Ankara, mais alliée des États-Unis dans la lutte contre l'EI, y est la cible depuis le 20 janvier d'une offensive militaire turque. C'est à Jandairis, quelques jours seulement après son arrivée sur place, qu'Olivier Le Clainche, a été tué dans un bombardement aérien.


Un homme engagé

Dans un communiqué ce lundi, l'équipe de la radio associative locale Radio Bro Gwened rend hommage à Olivier Le Clainche. Il y a travaillé en tant que journaliste durant trois ans de 2011 à 2014.

"Olivier était un journaliste passionné et d'un grand professionnalisme, qui avait à coeur de donner la parole à tous". Et d'ajouter "Ouvert au débat, il défendait avec force ses convictions et ses engagements libertaires, écologiques et indépendantistes."

Olivier Le Clainche avait aussi collaboré comme pigiste pendant moins d'un an à Quimper pour France Bleu Breizh Izel. Défenseur de la cause kurde depuis de nombreuses années, était aussi défenseur de la culture bretonne. Il était connu dans le milieu militant breton.

L'engagement de Kendal Breizh
Qui était Olivier Le Clainche dit Kendal Breizh (de son nom de combattant) ce Breton mort en Syrie et pourquoi se battait-il aux côtés des forces Kurdes? / Intervenants : Mickaël Baudu, réalisateur du film" Kurdistan, un rêve de printemps" - Ronan Le Louarn, membre du conseil administratif de l'association "Amitié Kurdes de Bretagne" - Olivier Le Clainche dit Kendal Breizh, (janvier 2018) - Reportage : M. Hamiot - L. Bonis - France 3 Iroise

Dans un entretien en juillet dernier pour cette même radio, Olivier Le Clainche avait assuré qu'il n'était pas parti en Syrie "pour jouer à Rambo".

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