Zoo de Pont-Scorff : 50 perroquets gris du Gabon saisis par la police de l'environnement

Les perroquets saisis au zoo de Pont-Scorff / © Rewild
Les perroquets saisis au zoo de Pont-Scorff / © Rewild

50 perroquets gris du Gabon ont été saisis au zoo de Pont-Scorff, dans le Morbihan, ce jeudi par la police de l'environnement, l'Office Français de la Biodiversité. Une "opération coup de poing" et une "saisie illégale" dénonce Rewild, l'association propriétaire du zoo.

Par Krystell Veillard


L'association environnementale Rewild, propriétaire du zoo de Pont-Scorff dénonce la saisie ce jeudi 30 janvier de 50 perroquets gris du Gabon, par la police de l’environnement, l'Office Français de la Biodiversité. "Une saisie  illégale explique l'association, au mépris de la loi, appuyée sur des motifs fallacieux." Loran Mouzon, de l'association Rewild, contactée, explique ne pas comprendre les raisons du départ des oiseaux, alors qu'ils étaient placés en quarantaine depuis début janvier, et que l'association était en pourparler avec le gouvernement du Gabon pour leur réintroduction dans leur milieu naturel
 
 

Prise de bec entre WPT et Rewild


Ces oiseaux, provenaient d'un trafic en Bulgarie et en Hongrie, saisi par l'Etat bulgare, il y a cinq ans, avec l'association environnementale britannique World Parrot Trust, WPT, chargée de les réintroduire dans leur milieu. Les perroquets ont finalement été confiés il y a 3 ans à une association installée dans les Landes, dont le responsable gère aujourd'hui le zoo morbihannais. Une association en conflit avec son homologue britannique sur les conditions de leur réintroduction. Depuis le mois de janvier, les oiseaux étaient donc arrivés au zoo de Pont-Scorff, mais avec l'imminence du Brexit, selon Rewild, et les changements de réglementation, WPT a saisi la justice pour récupérer en urgence les fameux perroquets du Gabon.
 
 

Les Français auraient refusé de rendre les oiseaux à WPT, selon le parquet de Lorient


Le parquet de Lorient, dans un communiqué évoque lui notamment, "un litige juridique et financier sur la prise en charge des frais de garde de ces oiseaux, à l'occasion duquel les intervenants français basés dans les Landes avaient refusé courant novembre 2019 de restituer les perroquets à l'association britannique WPT, restant pourtant seule mandatée par les autorités bulgares et hongroises pour organiser, au final, le retour de ces animaux dans leur milieu naturel." Des Français qui auraient toujours selon la justice, organisé le transfert des oiseaux "dans des conditions faisant présumer un délit de transport non autorisé d'animal d'espèce non domestique, prévu et réprimé par le code de l'environnement."
 

Des perroquets du Gabon en route pour l'Angleterre


Loran Mouzon, qui raconte une journée de jeudi "longue et fastidieuse", s'insurge contre les conditions de transport des animaux par les Anglais "dans des cages où ils sont regroupés par cinq, au lieu de boîtes individuelles". En effet après 5h d'audition de membres de Rewild et du gérant du zoo, et alors qu'ils ont fait la démonstration que "la règlementation avait été scrupuleusement respectée," disent-ilsla décision a été prise par la justice de poursuivre la saisie. Les perroquets sont tous partis dans le camion de WPT ce jeudi soir et sont donc actuellement en route pour l'Angleterre.

Le seul recours possible désormais selon Rewild, c'est le Juge des Libertés, qui pourrait vérifier les fondements de la procédure et d'éventuelles irrégularités.

  
 

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