Vannes : les culottes menstruelles qui décollent

Des motifs s'inspirant de la marinière bretonne permettent aux jeunes créateurs de se démarquer de la concurrence. / © Morgan Taltavull
Des motifs s'inspirant de la marinière bretonne permettent aux jeunes créateurs de se démarquer de la concurrence. / © Morgan Taltavull

Des culottes menstruelles qui se lavent et se réutilisent à l'envi, c'est ce que propose une toute nouvelle société vannetaise. Derrière cette idée, un jeune couple, Maëlla et Teddy, férus de voyages et d'écologie.

Par Catherine Deunf

Des serviettes hygiéniques parfumées au concombre achetées en Thaïlande, il fallait oser. Maëlla a osé et l'a beaucoup regretté...
Alors la jeune femme et son ami Teddy se sont dit qu'il fallait trouver une alternative à ces protections périodiques bourrées de chimie, dont la consommation est estimée à deux milliards par an en France.

On voulait que notre passage sur terre puisse contribuer à quelque chose, se souvient Teddy Cattiaux. On voyageait en Asie et on voyait des déchets de plastique partout.

Rentrés en France en décembre 2018, le projet leur trotte toujours dans la tête. Ils enchaînent les petits boulots alimentaires et commencent en parallèle à creuser leur idée de protections menstruelles écologiques et économiques. "On a beaucoup appris en rencontrant des professionnels du textile, des fibres, sourit Maëlla Vicaud." 
 
Maëlla Vicaud et Teddy Cattiaux, fondateurs de la marque de lingerie menstruelle "La Minette" / © Morgan Taltavull
Maëlla Vicaud et Teddy Cattiaux, fondateurs de la marque de lingerie menstruelle "La Minette" / © Morgan Taltavull
 

100% coton


Quelques mois plus tard, le projet voit le jour. Des sous-vêtements 100 % français à l'exception du coton bio qui provient de Turquie, faute de quantité suffisante en France. Les laizes de tissu sont fournies par un tricoteur picard, les dentelles arrivent de Rhône-Alpes et le tout est assemblé en Seine et Marne. Des culottes 100% coton exception faite d'une couche imperméable en plastique.
 

Apparues en 2014 aux Etats-Unis, ce concept prend de l'ampleur en France. Deux marques étaient présentes en France en 2018, une vingtaine un an plus tard. Les culottes sont disponibles en pré-vente sur le site Ulule depuis une semaine. Le jeune couple exulte, les pré-ventes viennent de dépasser les 1000 exemplaires. "On n'y croyait pas," jubile Maëlla. Des ateliers de confection bretons les ont contactés pour proposer leurs services. La première livraison des sous-vêtements "La Minette" sera effectuée cet été. Maëlla et Teddy foisonnent encore d'idées : lancer leur propre site de vente en ligne et présenter leurs produits dans des boutiques partenaires. Une intuition nous dit qu'ils y parviendront sous peu.

 

L'entreprise, Réjeanne, fabrique également des culottes menstruelles depuis l'an dernier. Une partie de leur production s'effectue à Lanester où certaines ex-Chantelle exercent encore leur savoir-faire. Les deux fondatrices de la société, Wye Morter et Alexandra Rychner, ont confectionné plus de 50 000 culottes en 2019, vendues de 34 à 59 €.

A lire aussi

Sur le même sujet

Les + Lus