Mobilisation des élus en gare de Saint-Amand-Orval contre le rapport Duron

La gare d'Orval, dans le Cher. / © F3 Centre-Val de Loire
La gare d'Orval, dans le Cher. / © F3 Centre-Val de Loire

Le rapport Duron remis au gouvernement continue de mettre le feu aux poudres. Il préconise la suppression de la ligne Intercités Paris/Saint-Amand-Montrond jugée trop chère et peu rentable. L'inquiétude gagne les élus, qui se sont mobilisés vendredi matin.

Par Aline Métais

Ils sont arrivés en voitures pour défendre… la SNCF. Les maires de Bourges, Saint-Amand-Montrond, Orval et Montluçon s’opposent aux conclusions du rapport Duron. Les élus se sont rassemblés vendredi matin à 8h30 devant la gare de Saint-Amand-Montrond à Orval (Cher) pour protester contre la possible suppression des trains Intercités de la ligne Paris-Montluçon. Une ligne jugée peu rentable pour l’Etat qui souhaiterait transférer son coût aux régions.


Menace sur l’emploi

Le maire UMP de Saint Amand-Montrond, Thierry Vinçon s’est insurgé contre ces économies imposées par l’état : "Cette ligne c’est un train d’équilibre territorial, ça veut dire qu’il est là pour aménager le territoire et donc on n’a pas le droit d’y toucher !" Pour les élus, cette refonte des lignes menace l’emploi.

"S’il n’y a pas de transports, il n’y a pas de possibilité de développement économique pour nos territoires, c’est ça qui nous fait peur", a affirmé avec force Daniel Dugléry, le maire UMP de Montluçon (Allier).

Pour le maire UDI de Bourges, la sécurité routière et l’impact environnemental d’une telle décision ont semble-t-il été oubliés : "Il vaut mieux avoir 500 voyageurs dans un train que 500 voitures sur la route", rappelle Pascal Blanc.

Projet TGV pénalisé

Dans l’avenir, cela pénaliserait aussi la modernisation et le passage à la grande vitesse réclamés par les usagers et les élus pour désenclaver leurs territoires.

Entre Montluçon et Saint-Amand-Montrond, les trains Intercités sont surtout empruntés par les personnes âgées, les lycéens et les étudiants. Le train met trois heures pour relier ces territoires du centre de la France à la capitale. Certains voyageurs font l’aller-retour dans la journée. Actuellement, il y a deux trains aller et deux trains retour sur cette ligne Paris-Montluçon.


Clivages politiques​

Un mécontentement qui dépasse les clivages politiques. Lundi 1er juin, le député PS du Cher, Yann Galut a prévu de se rendre à Montluçon et à Saint-Amand-Montrond pour protester contre ce projet de réduction des liaisons Intercités. La ligne traverse la circonscription dont il est député.

Vendredi, les quatre maires se sont aussi mis d’accord pour organiser ce qu’ils appellent le ‘Train de la colère’ le 19 juin prochain. Ils prendront le train tous ensemble au départ de Montluçon pour se faire entendre jusqu’au ministère des transports à Paris. Il faut faire vite : le gouvernement devrait prendre sa décision au mois de juin.

A lire aussi

Sur le même sujet

Les + Lus