Banlieues, personnes âgées, personnes handicapées... Les grands perdants du confinement

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Écrit par Yacha Hajzler
Dans un immeuble de Nantes, un(e) habitant(e) fume à la fenêtre - Photo d'illustration
Dans un immeuble de Nantes, un(e) habitant(e) fume à la fenêtre - Photo d'illustration © PRESSE OCEAN/MAXPPP

Si les règles du confinement sont les mêmes pour tous, le confinement lui-même n'est pas une expérience homogène. En Centre-Val de Loire, les habitants des banlieues, ou encore les personnes âgées, sont nettement défavorisées.

"On est entre quatre murs, sans jardin, sans possibilité de sortir, surtout que les chambres sont petites. On a l’impression de se marcher dessus." Pour Les Jours, la journaliste Nassira El Moaddem avait recueilli les témoignages des confinés du quartier des Favignolles, à Romorantin (Loir-et-Cher), l'un des plus pauvres de la région Centre-Val de Loire.

Cette phrase résume à elle seule toute une réalité : au grand jeu du confinement, il y a les gagnants et les perdants. Du côté des gagnants, on a les stars confinées dans leurs immenses manoirs. Ceux qui ont pu partir au bord de la mer, rejoindre une résidence secondaire. Ceux qui nous enjoignent à faire du pain et du yoga. Ceux qui, simplement, ont eu la chance d'être ensemble, ou d'avoir suffisamment d'espace.
 

Quatre personnes, une seule pièce

L'INSEE, grâce aux bases de données de son recensement de population 2016, donne aujourd'hui un aperçu de ce à quoi peut ressembler le confinement pour les autres. En Centre-Val de Loire, plus de 113 600 personnes vivent dans un logement "sur-occupé". Parmi eux, plus de 3 000 vivent à au moins 4 personnes dans une habitation d'une, ou deux pièces. Stress, épuisement, peur de la contamination, précarisation... Une situation difficilement soutenable.  Sans surprise, les quartiers prioritaires sont sur-représentés dans les statistiques des logements sur-occupés. Dans le Loiret, 3% des ménages en moyenne sont victimes de cette situation. Si on se focalise sur les quartiers, ce chiffre monte à plus de 12%. On retrouve exactement les mêmes chiffres en Eure-et-Loir. Le département où le fossé est le moins visible reste l'Indre : moins de 2% des ménages vivent en logement sur-occupés, 5% dans les banlieues.
 

16% des habitants du Centre-Val de Loire vivent seuls

À l'autre extrémité du spectre se trouvent les personnes qui vivent seules. Dans la région, c'est le cas de quelque 410 000 personnes, soit 16% de la population. La solitude concerne, parmi elles, plus de 206 000 personnes âgées de plus de 60 ans, dont plus de 104 000 personnes de plus de 75 ans.

Ces dernières sont aussi 24% à vivre en appartement, c'est-à-dire sans extérieur, pour une large part. Il faut ajouter à cela que plus de 10% d'entre elles sont en situation de pauvreté. Une pile déjà épaisse de difficultés, qui n'avait pas besoin du confinement pour être préoccupante.Par ailleurs, plus de 30 200 adultes en situation de handicap vivent seuls en Centre-Val de Loire.

 

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