Centre-Val de Loire : 5 projets de prise en charge psychiatrique seront financés à hauteur de 2,3 millions d'euros

Manifestation des personnels des hôpitaux psychiatriques à Paris, le 22 janvier 2019. / © IP3 PRESS/MAXPPP
Manifestation des personnels des hôpitaux psychiatriques à Paris, le 22 janvier 2019. / © IP3 PRESS/MAXPPP

L'Agence Régionale de Santé a annoncé la dotation de 5 projets de prise en charge psychiatrique pour plus de 2 millions d'euros. Ce budget, accordé par le ministère des solidarités et de la santé, a pour but de réduire les inégalités territoriales, la région est historiquement mal dotée

Par Sophie Maréchal

"En 2018, l'autorité régionale de santé a fait le constat que la région était sous-dotée et qu'il y avait beaucoup de disparités entre les différents départements. L'Eure-et-Loir et le Loir-et-Cher sont particulièrement déficitaires", souligne Sabine Dupont, directrice de l'offre de soin à l'ARS.

Pour remédier à ce problème, l'ARS a adressé tout un argumentaire au ministère des solidarités et de la santé. "En somme, on leur a dit : 'aidez nous, ou plutôt, rendez nous notre dû !", précise Sabine Dupont. 

Résultat : en 2018, comme en 2019, le ministère a accordé un peu plus de 6 millions d'euros supplémentaires au budget annuel, afin de réduire les inégalités territoriales dans le secteur de la santé mentale. L'année dernière, 23 projets ont pu bénéficier de cette dotation. Cette année, en plus de ces 6 millions d'euros additionnels, cinq projets seront financés à hauteur de 2,3 millions d'euros. 

Visant à développer et améliorer la psychiatrie pour enfants dans les territoires les moins bien dotés et à proposer des organisations innovantes dans la repérage des troubles psychiatrique et la gestion des situations de crise, ces projets se répartiront sur tout le territoire du Centre-Val de Loire. 


Développer la prise en charge des enfants et les innovations

Deux projets seront développés en Eure-et-Loir : l'un portant sur la création d’un "dispositif départemental d’aide et de régulation psychiatrique dédié aux situations d’urgences et de crise en santé mentale", en partenariat avec le Samu ; l'autre portant sur le "renforcement de la capacité d’hospitalisation pour la prise en charge des situations de crises en pédopsychiatrie et la mise en place d’une équipe mobile afin d’améliorer la psychiatrie de liaison et d’apporter un appui aux établissements sociaux et médico-sociaux", en partenariat avec le groupement hospitalier de territoire. 

En Indre-et-Loire, le projet du centre hospitalier universitaire de Tours et des six communautés professionnelles territoriales de santé du département a été retenu. Il consiste à "développer la coordination entre soins primaires et psychiatrie". Cela permettra un partage de l'information médicale et un diagnostic psychiatrique plus rapide


Des équipes mobiles pour venir à la rencontre des jeunes patients

Dans le Loiret, une équipe mobile de la Maison des adolescents sera créée. Elle pourra ainsi procéder à des entretiens avec des adolescents dans des secteurs éloignés des agglomération du département. 

En Indre, le centre hospitalier de Châteauroux-le-Blanc pourra ouvrir une unité mobile d'accueil, d'évaluation et de coordination permettant de développer le répérage et la prise en charge précoce des pathologies chez l'enfant. 


Aucun projet retenu dans le Cher

En revanche, aucun projet n'a été retenu dans le Cher. Un service psychiatrique de l'hôpital George Sand, à Chezal-Benoît, sera même fermé au premier semestre 2020

"Le Cher est un des départements les mieux dotés de la région en terme de psychiatrie. La fermeture de ce service n'a rien à voir avec ces dotations. George Sand a bien déposé des projets mais ils doivent encore être portés à maturité", assure la directrice de l'offre de soin à l'ARS.
 

Contacté par France 3 au moment de manifestations du personnel soignant à Chezal-Benoît, mi novembre, le directeur de l'hôpital, Alexis Jamet, défendait une "une décision inéluctable et de bon sens, répondant aux difficultés de recrutement rencontrées en psychiatrie et en milieu rural". "Il y a eu une réorganisation car plus personne, ni médecin ni infirmière, ne voulait aller travailler là bas", renchérit Sabine Dupont.

 D'autre part, "George Sand s'est déjà engagé dans d'autres projets de réhabilitation psyhosociale. On ne peut pas tout mener de front. Le critère principal présidant au choix des projets est qu'ils doivent s'inscrire sur un territoire et pas seulement dans un établissement", justifie la directrice de l'offre de soin de l'ARS.
 

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