Pédophilie : un numéro de téléphone pour aider les personnes avec des pulsions pédophiles en Centre-Val de Loire

Un numéro vert pour aider les personnes avec des penchants pédophiles en test en Centre-Val de Loire / © Pierre DESTRADE - MAX PPP
Un numéro vert pour aider les personnes avec des penchants pédophiles en test en Centre-Val de Loire / © Pierre DESTRADE - MAX PPP

Un "numéro gris" non surtaxé "SOS pédophilie" est mis en place à titre expérimental dans 5 régions dont le Centre-Val de Loire. Il s'adresse aux personnes qui ont des penchants pédophiles. 

Par Fabienne Marcel

Ce sont nos confrères de Marianne qui révèlent l'existence de cette expérience inédite en France, la mise en place d'un numéro non surtaxé, destiné aux personnes nourrissant des penchants pédophiles. Le 0 806 23 10 63, est entré en phase de test au niveau national dans cinq centres volontaires : Occitanie, Centre-Val de Loire, Nouvelle Aquitaine, Paca et Auvergne. 

En Europe, des numéros similaires existent. Ils ont été mis en place depuis 2002 au Royaume-Uni ( « Stop it now ! » ) et en 2005 en Allemagne. En France, le projet est en gestation depuis 2 ans à la fédération française des Criavs (Centres Ressources pour les Intervenants Auprès des Victimes d'agression Sexuelle). Avec cette permanence téléphonique, il s'agit de donner la possibilité aux personnes attirées par les enfants de trouver l'aide et de pouvoir dire "j'ai un problème" sans augmenter leur sentiment de honte ou de culpabilité.

A la veille du 20 novembre, journée mondiale de l'enfance, et tandis qu'il s'apprête à dérouler son pacte dédié à la protection des mineurs, le secrétaire d’État Adrien Taquet s'est précipité in extremis sur l'initiative.
"C'est lui qui nous a sollicités, détaille à Marianne Anne-Hélène Moncany, psychiatre et présidente de la fédération des Criavs depuis septembre dernier. Nous sommes allés le voir le 24 octobre et il s'est montré très intéressé par le numéro unique". Intéressé au point de lui faire une petite place dans le cadre de son pacte. "Au bout de quelques mois, si l'expérience est concluante, nous lancerons le numéro au niveau national avec le secrétaire d’État", explique-t-elle.
Pour l'heure, le secrétaire d'Etat a décidé de tester ce numéro d'écoute quelques mois pour vérifier que le dispositif fonctionne et attire les éventuels financeurs, car pour le moment aucun financement public ne soutient cette initiative du Criavs.

Dans un deuxième temps, ce numéro unique sera accompagné d'un site Internet permettant aux auteurs potentiels d'acte pédophile de s'auto-évaluer. Des actions proches des dispositifs anglais et allemand, et qui ont porté leurs fruits depuis belle lurette. En Angleterre, si « Stop it now ! » n'a suscité que 58 appels la première année (en 2002), la fondation Lucy Faithfull, aux manettes du dispositif, dénombre aujourd'hui 2.000 à 3.000 appels par an et affirme rater de nombreux contacts par manque de répondants bénévoles. Sur les 11 premières années, ils avancent donc un chiffre de 35.000 appels, avec 80% de coups de fil provenant des populations ciblées. En Allemagne, fin 2018, le dispositif Dunkelfeld comptabilisait un total de 10.500 contacts via son site Internet, ses 11 lieux d'accueil et son numéro vert. Ces approches ont donné lieu à 2.894 évaluations et 1.554 offres de thérapie. L'histoire ne dira jamais si ces personnes seraient véritablement passées à l'acte ou pas, mais le doute justifie tous les efforts.


► Une campagne de sensibilisation contre la pédophilie sur la page Facebook de Stop it Now


 

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