Centre-Val de Loire : les réactions à l'entretien télévisé d'Emmanuel Macron à l'occasion du 14 juillet

Crise sanitaire, relance économique, transition écologique, réforme des retraites, le président a fixé le cap des 600 prochains jours de son mandat lors d'une interview télévisée le 14 juillet. Quelques élus et personnalités de la région Centre-Val de Loire réagissent sur certains points

© Franceinfo:

Dans son interview du 14 juillet, Emmanuel Macron a dressé le bilan des trois premières années de son quinquénat et mis l'accent sur les priorités à venir. Il en ressort que les jeunes, la sauvegarde de l'emploi, la relocalisation et la transition écologique sont les maîtres mots des 600 prochains jours restant de son mandat.

Le port du masque obligatoire dans les lieux publics clos à partir du 1er août

Le président de la République a souhaité que le port du masque soit bientôt obligatoire dans "les espaces publics clos" à paritr du 1er août. Emmanuel Macron n'a donné que peu de détails sur cette mesure, alors que certains protocoles sont déjà en place, et que d'autres pays ont pris une décision similaire. Le généticien Axel Kahn, qui a cosigné une tribune réclamant le port obligatoire du masque dans les lieux publics clos, ne "voit vraiment pas pourquoi on attend quinze jours". Interrogé par franceinfo, il estime "qu'on aurait pu aller plus rapidement en indiquant que dans les endroits clos, le port du masque est, dès lundi de la semaine prochaine, obligatoire".

Le docteur Thierry Prazuck, chef de service des maladies infectueuses au CHR d'Orléans (Loiret) est du même avis : "si le danger de seconde vague de la Covid 19 est déjà là, pourquoi attendre le 1er août ?". Il s'interroge également sur la définition de "lieux publics clos" : "ça n'est pas assez précis", ajoute-t-il.
 

Une chose est certaine, c'est que je suis convaincu que le port du masque est nécessaire. C'est très efficace, même si ça casse les pieds à certaines personnes.


Création de 300.000 contrats d'insertion

Emmanuel Macron a annoncé la création de 300.000 contrats d’insertion, pour permettre aux jeunes actifs de traverser la crise économique. Il a également évoqué la création de 100.000 services civiques, ainsi que l’ouverture de 200.000 places dans des formations qualifiantes.
Sur le point des contrats d'insertion, François Bonneau, président de la région Centre-Val de Loire rejoint le président de la République, surtout concernant les jeunes : "Je suis favorable à remettre en place les emplois aidés et à développer la formation pour ne pas laisser les jeunes à l'écart, explique-t-il. "Sur l'aspect social et économique, la situation est alarmante", ajoute François Bonneau. "Beaucoup d'emplois sont menacés et ça va être dur pour les jeunes. Cette année, environ 50.000 jeunes dans notre région sortent avec des diplômes professionnels et pour eux, il est essentiel de leur proposer une insertion. Il faut pouvoir également limiter au maximum les licenciements. Je suis persuadé que cela doit passer par une activité partielle et par des formations supplémentaires sur les temps partiels.

Sur l'écologie et la Convention climat

Concernant l'écologie, Emmanuel Macron a évoqué une relance qu'il veut écologique avec le développement de la filière hydrogène ou encore de l'aide aux ménages pour la rénovation. Il a enveloppé ces points dans une "écologie du mieux", sans pour autant donner de détails chiffrés. 

Charles Fournier, vice-président EELV de la région Centre-Val de Loire reste dubitatif :

"Je ne suis pas d'accord avec Emmanuel Macron. Cette phrase "l'écologie du mieux et non pas du moins" m'a choquée", explique Charles Fournier. "En disant ça, il fait passer les écologistes pour des personnes qui sont contre le changement, alors que c'est faux. On peut vivre avec moins, mais mieux et être plus solidaires. Je trouve aussi que le président a reculé dans son discours sur l'écologie par rapport à la période de confinement et ses réponses ne sont franchement pas à la hauteur des résultats des municipales avec la vague verte qu'on vient de connaître. Il annonce un grand plan d'isolation depuis longtemps et rien n'a été fait. Pourquoi serait-il mis en application dans les 600 jours qui restent ?!"

Emmanuel Macron vole au secours de Gérald Darmanin

L'ancien ministre de l'Action et des Comptes publics, visé par une enquête pour viol et promu à l'Intérieur, "devient en quelque sorte la victime d'un jugement de rue ou de réseaux sociaux", a estimé le chef de l'Etat. Ce dernier, qui a répété "chérir [la] cause juste" de la lutte contre les violences faites aux femmes, a assuré avoir discuté de la question avec son ministre. Emmanuel Macron a rappelé qu'il était le "garant de la présomption d'innocence", en évoquant la nomination de Gérald Darmanin à Beauvau. 

L'organisation Nous Toutes, qui lutte contre les violences faites aux femmes et contre le harcèlement, par la voix de Caroline de Haas, s'indigne de la tribune parue dans le Monde signée par 167 parlementaires, dont Guillaume Kasbarian, député LREM d'Eure-et-Loir. Les élus, tous issus de la majorité, dénoncent les attaques portées contre le ministre de l'Intérieur. 
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Le déni de réalité des parlementaires @enmarchefr est fascinant (sic). #NousToutes

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Il me parait grave que dans une démocratie il n'y ait pas de présomption d'innocence, répond Guillaume Kasbarian, député LREM d'Eure-et-Loir

" Cette démarche politique de manifester contre un homme présumé innocent ne me semble pas service la cause féministe", poursuit le député. En tant que parlementaire qui vote les lois, qui est engagé dans la cause féministe, j'ai été choqué par cette instrumentalisation qui, à mon sens dessert le mouvement féministe."
Guillaume Kasbarian fait référence à la manifestation féministe qui a eu lieu vendredi 10 juillet. Le rassemblement entendait protester contre le gouvernement Castex, jugé "sexiste". 

 


 
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