Le 14 juillet 2022, le feu d'artifice tourne au drame à Cholet et tue Gabriel et Meggy, un frère et sa sœur âgés de 7 et 24 ans. Un procès se déroulera du 24 au 28 février 2025 devant le tribunal correctionnel d’Angers. Le maire de Cholet sera entre autres appelé à comparaître.
Plus de deux ans après le drame du feu d'artifice à Cholet, le procureur de la république d'Angers annonce dans un communiqué qu'un procès se tiendra du 24 au 28 février 2025. Ce drame, en date du 14 juillet 2022, avait entraîné la mort de deux personnes, une jeune femme et son petit frère.
Le public trop proche du pas de tir
L'accident avait fait suite à des dysfonctionnements en chaîne sur les mortiers 125 mm et à la présence des victimes à quelques dizaines de mètres des mortiers. Une distance "beaucoup trop faible pour prémunir les personnes d'un accident".
L'explosion de tubes avait provoqué la projection latérale d'artifices qui ont explosé à proximité du sol. L'anomalie est survenue alors que le public se tenait dans la zone dangereuse, dont l'accès n'était pas explicitement interdit.
Selon les experts, le premier responsable, est l’organisateur, le comité des fêtes. Il aurait dû faire respecter les zones de sécurité et informer le public. L’entreprise de pyrotechnie était responsable de la bonne réalisation du spectacle et le chef artificier devait, à titre personnel, exécuter le feu d’artifice conformément aux règles de sécurité.
"Aucune barrière, aucun personnel de sécurité n'assurait la protection de cette zone interdite", avait dénoncé Pascal Rouiller, l'avocat d'Antoine Frémondière, le compagnon de Meggy. "Non seulement il n'y avait pas de protection, mais les artificiers ont repéré du public et lui ont demandé de se reculer de quelques mètres alors même que ce public était dans la zone."
Les artificiers avaient pleine conscience que la zone interdite était envahie par le public, et que le tir était donc interdit.
Pascal RouillerAvocat d'Antoine Frémondière
Homicide involontaire et blessures
"L’enquête a permis de faire procéder à une expertise technique et à différentes auditions. Une phase contradictoire a été mise en oeuvre dans le cadre de l’enquête préliminaire pour recevoir les observations de l’ensemble des parties", précise le parquet ce 2 octobre.
À l'issue de ces opérations, le parquet d'Angers a donc décidé de saisir le tribunal correctionnel des faits d'homicides involontaires et de blessures à l'encontre de l'artificier principal, de la société HTP, son employeur, et de l'association Cholet Événement, en la personne de son président.
En sa qualité de maire de Cholet en charge de la police administrative sur le territoire de la commune, Gilles Bourdouleix sera également appelé à comparaitre.
"La décision du procureur de la République est importante parce qu'effectivement, elle vient confirmer l'analyse que nous faisions du côté des victimes, à savoir que tout cela n'est pas pur accident, tout cela n'est pas pur hasard, mais bien au contraire un cumul de responsabilités pour accoucher de ce drame absolu", a estimé ce jeudi 3 octobre Me Pascal Rouiller.
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