En Centre-Val de Loire, vos élus réagissent après le discours de politique générale de Jean Castex devant l'Assemblée

Le Premier ministre Jean Castex a fait la part belle aux "territoires", lors de son discours de politique générale mercredi 15 juillet devant l'Assemblée nationale. En région Centre-Val de Loire, les élus départementaux et régionaux demandent à être convaincus.

Le Premier ministre Jean Castex devant l'Assemblée nationale le 15 juillet.
Le Premier ministre Jean Castex devant l'Assemblée nationale le 15 juillet. © Vincent Isore/IP3
Lors de son discours de politique générale devant l'Assemblée nationale mercredi 15 juillet, le Premier ministre Jean Castex a recueilli 345 voix pour, 177 contre et 43 abstentions. Cette prise de parole très attendue marque le début de la deuxième partie du quinquennat, très secoué dernièrement par l'épidémie de Covid-19.

Mais si les députés ont accordé leur confiance au nouveau chef du gouvernement, ce n'est pas encore le cas de tous les élus locaux, qui ont suivi cette allocution avec intérêt. Devant l'hémicycle, l'ancien maire de Prades n'a pas hésité à faire du pied aux "territoires" pour "réconcilier ces France si différentes, les souder ou les ressouder". Il affirme vouloir faire de la "décentralisation" et de la "déconcentration" ses priorités pour les mois à venir.

En Centre-Val de Loire, les élus réclament plus de moyens

Jean Castex a notamment annoncé que les créations d'emplois de fonctionnaires seraient gérées, dès 2021, par les départements et non plus par l'administration centrale. Il estime également que le "droit à la différenciation" des territoires doit être "consacré dans une loi organique". Enfin, le Premier ministre souhaite rétablir les juges de proximité dans tout le pays pour répondre aux "incivilités du quotidien".

Des projets "flous" pour Jean-Gérard Paumier (LR), président du conseil départemental d'Indre-et-Loire, qui attend des "actions concrètes" de la part du gouvernement.

Pour l'instant, ce ne sont que "des paroles, des paroles, des paroles", comme dirait Dalida. Si nous devons assumer la déconcentration des services de l'Etat, nous attendons des moyens conséquents et des compensations.

Jean-Gérard Paumier, président du conseil départemental d'Indre-et-Loire

Même son de cloche du côté de la région Centre-Val de Loire. Dans un communiqué, son président François Bonneau (PS) rappelle que les régions ont été "confrontées à une très forte chute de leurs recettes". Il se dit déterminé à agir pour la relance et pour une meilleure gestion de la France, à condition que "la confiance et les moyens" de l'Etat lui soient accordés.

Du côté du département du Loiret, le président Marc Gaudet (DVD) préfère interpréter les propos de Jean Castex comme une "main tendue".

On sent qu'il y a une volonté de renouer le dialogue et de rétablir la confiance, surtout après la gestion de la crise du Covid-19. Je crois en la proximité et en une présence renforcée des services de l'Etat sur nos territoires, à partir du moment où il n'y a pas de gestion verticale.

Marc Gaudet, président du conseil départemental du Loiret

Un coup de communication du gouvernement ?

Le Premier ministre l'a répété : il reste 600 jours avant la fin du quinquennat. "Je ne suis pas sûr qu'en l'espace de 600 jours seulement, nous parvenions à des résultats suffisants et satisfaisants pour les territoires", craint Jean-Gérard Paumier. Le président du conseil départemental d'Indre-et-Loire veut croire en la bonne volonté de Jean Castex, mais soutient que ses annonces n'ont rien d'une "révolution"

Oui, il a dit 'territoire' 25 fois et il a été maire d'une petite commune. Mais son discours n'a rien à voir avec celui de Gaston Defferre en 1981, qui a à l'époque permis une décentralisation en profondeur.

Jean-Gérard Paumier, président du conseil départemental d'Indre-et-Loire

L'élu n'irait pas jusqu'à dire qu'il s'agit là d'un coup de communication. Il est en revanche convaincu que, à moins de deux ans de l'élection présidentielle, se rapprocher des territoires pourrait être une stratégie payante pour le gouvernement.

Une théorie que partage Marc Gaudet, qui voit toutefois les choses différemment. "S'il s'agit d'un coup de communication qui se traduit par des actes, je trouve ça très bien. Mais dans le cas contraire, si on ne nous attribue pas la confiance que l'on nous a promise, nous ne jouerons pas le jeu."
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