Déconfinement dans les prisons : des mesures sanitaires strictes pour la reprise des parloirs en Centre-Val de Loire

La reprise des parloirs est très attendue, autant par les familles que par les détenus. Les proches peuvent à nouveau s'y rendre à partir de ce lundi 11 mai mais en respectant des conditions sanitaires très strictes. 

A la prison du Bordiot à Bourges, les parloirs reprennent ce lundi, avec des conditions sanitaires strictes.
A la prison du Bordiot à Bourges, les parloirs reprennent ce lundi, avec des conditions sanitaires strictes. © Céline Durchon / France 3 Centre-Val de Loire
A la maison d’arrêt du Bordiot à Bourges (Cher), Olivia(*) s’apprête à rendre visite à son conjoint qu’elle n’a pas vu depuis le début du confinement : «

Ça a été très dur de ne pas le voir, mais nous avons gardé un contact par téléphone. Nous comparions le confinement à la détention, même si cela n’était pas pareil, cela nous a aidé à tenir le coup. 

Les visites aux parloirs sont de nouveau autorisées à raison « d’une personne par détenu et par semaine avec une durée limitée à une heure. » selon Julien Romero, responsable de communication à la direction interrégionale des services pénitentiaires, qui ajoute que « les personnes doivent avoir plus de 16 ans. »
Les visites étaient interdites depuis le premier jour du confinement, mardi 17 mars, dans le cadre des restrictions de circulation mises en place par le gouvernement pour lutter contre la pandémie. Les membres des familles de détenus qui souhaitent se rendre aux parloirs doivent obligatoirement porter un masque et du gel hydroalcoolique est mis à leur disposition. 
« Entre chaque tour de parloir, les salles sont désinfectées. Une vitre sépare le visiteur du visité. Nous devons nous assurer qu’il n’y a pas de contact physique. Tous ces aménagements ont été validés par une équipe sanitaire. » rajoute Julien Romero. 
En arrivant, le visiteur signe une charte pour s’engager sur l’honneur qu’il n’est pas porteur de symptômes car évidemment, les personnes présentant le moindre signe relatif au Covid-19 sont interdites. 

Frédéric Stoll, délégué régional Force ouvrière pénitentiaire, estime que ces mesures sont satisfaisantes. « Nous avons travaillé ensemble avec la direction interrégionale, nous verrons comment cela va se passer mais ces précautions sanitaires sont très correctes. »
 

(*) Le prénom a été changé
 

Rendre la vie plus facile en détention pendant le confinement 


Pendant ces deux mois de confinement, plusieurs mesures ont été prises pour rendre la vie plus facile en détention. « Nous savons que pour certains, c’est très difficile de ne plus avoir de visites. », déclare le syndicaliste, « mais la plupart ont compris que c’était dangereux de voir leurs familles. Ils étaient presque plus protégés en étant ici. »
Depuis le 17 mars et au moins jusqu’à la fin du mois de mai, la téléphonie a été rendue plus accessible pour que les détenus puissent joindre leurs proches plus facilement et de manière plus fréquente. La ministre de la Justice a souhaité offrir 40€ par mois de confinement. La gratuité de la télévision a également été instaurée. 
De plus, toutes les personnes détenues, dont le pécule (compte en banque en détention), était inférieur à 100€ au 23 du mois, ils avaient un crédit de 40€ pour acheter des produits qui permettent d’améliorer le quotidien (sodas, gâteaux …)

« Pour l’instant, ce plan est mis en place jusqu’au 2 juin, nous referons un point d’ici là, selon les annonces du gouvernement. » termine le responsable communication des services pénitentiaires. 
 
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