Une nouvelle centrale de retraitement des eaux usées est en cours de test à Saint-Amand-Montrond dans le Cher. Elle utilise des plantes exotiques pour traiter les eaux usées. Une innovation qui a couté 12 millions d'euros.
Dans cette serre équatoriale située à Saint-Amant-Montrond poussent des centaines de plantes exotiques. 720 au total. Symphytum, papyrus, oreilles d’éléphants ou cannaleurs : leurs racines permettent de filtrer les eaux usées. Elles sont des auxiliaires biologiques fixant dans leurs racines les bactéries qui nettoient les eaux usées de la ville.
"Les plantes poussent avec un certain taux d'hygrométrie comme chez un horticulteur", explique Mickaël Nicolas, technicien chez Véolia-eau. "Il y a des volets qui s'ouvrent et se ferment pour la lumière pour ne pas que ça les brule en plein été. C'est automatisé pour que les plantes se sentent le mieux possible".
Plus qu'une serre, il s'agit donc d'une station d'épuration innovante. Les plantes sont arrivées début juillet. "On utilise le système racinaire des plantes pour faire une surface de traitement supplémentaire en plus des bassins qui sont sous nos pieds", décrit le technicien.
Pour le moment, les techniciens laissent pousser les plantes pour que leur système racinaire se développe bien. Dans trois mois, ils commenceront à les tailler pour éviter de se faire envahir.
Les plantes fixent les bactéries et consomment le phosphore des eaux usées
3 000 m3 d'eau sont traités chaque jour. Toute l'eau de Saint-Amand Montrond transite par cette nouvelle station d'épuration.
A terme, Plus de 40 000M3 d’eau seront traités dans la station d’épuration. L'ère des grands bassins dans lesquels l'eau était brassée et traitée chimiquement est terminée. "L'eau usée arrive dans la station dans un prétraitement. On enlève le plus gros et ensuite elle est répartie dans quatre réacteurs biologiques avec une diffusion d'air au fond du bassin pour amener de l'oxygène pour nourrir les bactéries. Les plantes vont avoir un rôle de fixation des bactéries et de consommation du phosphore, ce qui permet de réduire la consommation en éléments chimiques", détaille Sylvain Charrière, technicien à la Communauté de communes Coeur de France.
"Elles recréent un cycle d'azote qui permet de dépolluer l'eau", ajoute Mickael Nicolas.
Un investissement de 12 millions d'euros
"La station de Saint-Amand-Montrond était obsolète et il fallait la renouveler", explique Sylvian Charrière, technicien de la communauté de communes Coeur de France. Cela tombait en même temps que le contrat de délégation de service publique sur l'assainissement de la communauté de communes. Il a donc a été décidé de reconstruire une nouvelle station à proximité de l'ancienne sur un principe proposé par Véolia, le procédé organica. "Cela s'intégrait très bien dans le paysage de cette entrée de ville. On est allé voir avec le président celle de Boulazac en Dordogne et on a validé le projet".
L'investissement de 12 millions est important mais il reste rentable. Il est réparti à parts égales entre l'agence de l'eau Loire-Bretagne, la Communauté de communes Coeur de France et le délagataire Véolia. "Cela ne coute pas plus cher qu'une station d'épuration traditionnelle", rappelle Sylvain Charrière.
Cette technique permet de réduire le système d'aération et donc de diminuer la consommation d'énergie.
Une partie des boues rejetée est recyclée en compostage. L'eau traitée repart dans le Cher qui est juste derrière la serre.
La nouvelle centrale de retraitement est en phase de test jusqu’à la fin de l’année.