Concours Lépine 2024 : de la mangeoire pour poussins au pédalier qui recharge les téléphones, voici 7 inventions du Centre-Val de Loire

C'est ce vendredi 10 mai dans la soirée que les résultats du concours Lépine, qui se tient à la Foire de Paris, seront connus. Sept inventeurs du Centre-Val de Loire y participent et espèrent bien décrocher le prix de la meilleure invention de l'année.

300 inventeurs en herbe mais aussi confirmés espèrent décrocher cette année le saint Graal de l'innovation en France. Le célèbre concours Lépine qui récompense les meilleures inventions de l'année en France et à l'étranger se déroule depuis le début du mois à la foire de Paris porte de Versailles, et c'est ce vendredi 10 mai 2024 que les prix seront décernés.

Parmi les inventions en lice, sept viennent du Centre-Val de Loire et pourraient bien remporter le titre de meilleure invention de l'année.

Une intelligence artificielle pour la rééducation post-AVC

Au collège Le Colombier à Dun-sur-Auron (Cher), les élèves du "Club techno" n'imaginaient pas que leur projet se retrouverait un jour candidat au plus célèbre concours d'inventeurs français. Ils ont créé une intelligence artificielle capable d'aider à la rééducation des personnes ayant subi un accident vasculaire cérébral.

Tout a commencé en classe par la création d'une intelligence artificielle autour du jeu Pierre-feuille-ciseaux. L'idée de départ était de réussir une programmation qui permettrait de jouer contre l'ordinateur. Après de nombreux tests et ajustements, ils ont réussi à créer une intelligence artificielle capable de jouer contre un humain en détectant simplement les gestes de la main face à une webcam.

Forts de cette première réussite, ils ont ensuite cherché à appliquer leur technologie à des entraînements de rééducation de la main. Ils ont identifié plusieurs exercices utiles pour les personnes en rééducation post-AVC et ont décidé de se concentrer sur la mobilité du pouce, une séquelle courante de cette pathologie. Ils ont ainsi mis en place une nouvelle base de données et développé un nouveau programme pour cet exercice spécifique.

Leur invention a d'abord été présentée au Salon des jeunes inventeurs et créateurs à Monts (Indre-et-Loire) où ils ont remporté le premier prix avant d'être récompensés par le "Prix espoir" lors du salon "Made in Val de Loire 2023". Avec le concours Lépine, ces collégiens espèrent que leur idée deviendra un véritable outil technique pour épauler les kinésithérapeutes par exemple.

Un kit d'extension pour bateau, une mangeoire évolutive, un clavier ergonomique et un outil à main de poche

Avec pas moins de 4 inventions tourangelles en lice cette année, c'est l'Indre-et-Loire qui est le département le plus inventif de la région pour cette édition 2024 du concours. Originaire de Chouzé-sur-Loire (Indre-et-Loire), Nicolas Mignot a imaginé un produit bien utile pour les adeptes d'activités nautiques.

Baptisée Annexotech, l'invention se présente comme un kit d'extension pour hors-bord qui permet d'obtenir un gain de place sur le bateau car on peut y fixer des poses-cannes, y ranger des rames mais surtout y accrocher une annexe comme un paddle ou des bouées.

Du côté de la commune d'Esvre, Bruno Brunel, éleveur de volailles d'ornement, était confronté à un perpétuel gaspillage lors du nourrissage des poussins. Les mangeoires qui existent actuellement semblent en effet inadaptées aux petits volatiles. Trop grandes et trop basses, elles se retrouvent rapidement souillées par les déjections des poussins qui, pour se nourrir, y entrent entièrement et, au passage, expulsent les graines au sol.

Il a donc eu l'idée d'une mangeoire plus étroite et évolutive pour suivre la croissance des poussins." Aujourd'hui, les poussins ne gaspillent plus, ne peuvent pas souiller la nourriture avec leurs déjections, je monte la mangeoire au fur et à mesure qu'ils grandissent afin qu'ils aient toujours leur nourriture à portée de bec. Ils ont une nourriture constante et le réservoir de plus de 1kg me permet de ne pas y mettre les mains chaque jour, ce qui, le tout réuni, apporte un bien-être aux poussins que j'élève", explique l'éleveur.

À la Membrolle-sur-Choisilles, ce sont cette fois les humains, et plus particulièrement ceux qui travaillent sur un ordinateur que l'on cherche à aider. Gilles Devillers a créé un clavier adapté à la morphologie humaine, améliorant le confort, augmentant la vitesse de frappe et réduisant les douleurs et risques de développer des troubles musculosquelettiques.

"Nombreuses sont les personnes travaillant quotidiennement sur un ordinateur en tapant sur un clavier qui n’a pas évolué depuis des siècles, et finissant par leur causer des troubles musculosquelettiques comme le syndrome du canal carpien", explique-t-il. "Il est temps de réimaginer le clavier pour l’adapter à notre corps et notre utilisation, afin que taper devienne un plaisir et non une source de douleurs."

Yannick Naudon lui, cherche à aider les bricoleurs professionnels ou du dimanche. À Saint Roch, toujours en Indre-et-Loire, il a mis au point le Driver Cut : un outil à main de poche qui s'adapte en un clic sur tous les mètres ruban. Il permet ainsi de servir de guide pour le traçage ou la coupe des matériaux et permet aux utilisateurs de travailler seuls et sans règle.

Pédaler tout en rechargeant son portable

Pour garder la forme, quoi de mieux que de pédaler et pourquoi pas aussi utiliser tous ces efforts pour produire de l'énergie ? C'est l'idée de Vincent Fourdrinier, originaire de Vallières-les-Grandes dans le Loir-et-Cher. Il a mis au point Eveia Premier Energy, un pédalier santé qui prend soin de vous tout en rechargeant votre téléphone.

L'invention cible tout particulièrement les personnes sédentaires au bureau qui peuvent l'utiliser presque sans y penser, tout en travaillant favorisant ainsi le retour veineux et l'oxygénation cérébrale. Et pour aider les utilisateurs à se motiver à bouger, il est doté d'une fonction de génération d'énergie qui permet en 10 000 pas, de recharger entièrement son téléphone portable. Un moyen aussi d'économiser de l'énergie.

Un vélo électrique qui ne se recharge pas

Lui aussi nous propose de pédaler. Après 7 ans de recherche et de développement, l'orléanais Adrien Lelievre a mis au point le vélo Pi-POP, le premier vélo à assistance électrique sans Lithium et qui ne nécessite aucune recharge. Grâce à la technologie des supercondensateurs facilement recyclables, il stocke l’énergie générée quand on pédale, en roue libre et au freinage pour la restituer quand on en a besoin.

Le vélo emmagasine donc de l’énergie sur du plat, dans les descentes et lors du freinage et la restitue pendant les démarrages, les faux plats et les côtes. Une invention qui tente donc de répondre aux défis actuels de la transition écologique mais aussi à la sécurité liée au risque d'incendie des batteries.

L'entrepreneur d'Orléans a commercialisé son premier vélo Pi-pop en 2022, et en vend désormais "100 par mois". Si le concours Lépine est pour lui l'occasion de trouver de nouveaux "débouchés" et "investisseurs", il cherche surtout à "faire évoluer les mentalités" en montrant "une autre voie, plus sobre, plus durable" pour les vélos électriques.

Le concours Lépine, véritable porte d'entrée à l'entrepreneuriat

Depuis 120 ans, le concours Lépine récompense les meilleures inventions françaises et internationales. On ne le sait pas forcément mais bon nombre d'objets qui font désormais partie de notre quotidien ont été présentés et parfois primés au concours : le presse-purée, la tondeuse à cheveux, les lentilles de contact ou encore l'indispensable stylo à bille.

Le tourangeau Benjamin Rimajou ne regrette absolument pas d'avoir mis "toutes (ses) petites économies" et "tout plaqué" pour transformer son invention "toute bête" en une "belle histoire". Son enfile-couette Hopoli, grâce à des pinces que l'on accroche à une porte, a glané la médaille d'or du concours Lépine en 2019 et reste l'un des objets les plus recherchés de l'édition 2024 de la foire de Paris, qui accueille 37 "inventions précédemment primées", permettant à leurs créateurs de continuer à les vendre tout en glissant quelques conseils aux nouveaux participants.

"Sur le concours, tout le monde s'entraide, se parle, on se donne les bons fournisseurs, les bons prestataires... C'est de l'entrepreneuriat. Quasiment tout le monde ici veut gagner de l'argent", affirme Benjamin Rimajou.

L'ex-animateur radio n'est ni devenu "riche" ni "millionnaire" avec son prix. Mais il a obtenu un "coup de projecteur gigantesque", des ventes qui lui ont apporté "la trésorerie nécessaire" pour fabriquer à plus grande échelle (il vend entre 30.000 et 40.000 enfile-couettes par an) et in fine, salarier cinq personnes dans la banlieue de Tours.