Licenciements à l'usine Comatelec de Saint-Florent-sur-Cher : des élus du Cher appellent à la mobilisation ce vendredi

En juin dernier, des suppressions de postes ont été annoncées dans l'entreprise berrichonne Comatelec, numéro un du luminaire de ville en France. Après plusieurs mobilisations ces dernières semaines, une trentaine d'élus du Cher a appelé au rassemblement ce vendredi devant l'usine.

101 postes sont menacés à Comatelec : 93 licenciements et 8 transferts sont prévus à partir de la fin de l'année 2020.
101 postes sont menacés à Comatelec : 93 licenciements et 8 transferts sont prévus à partir de la fin de l'année 2020. © Antoine Wernert / France Télévisions.
Pour les quelque 130 salariés de Comatelec, le combat continue. Ce vendredi matin à 11 heures, ils se sont réunis devant leurs locaux de Saint-Florent-sur-Cher, à l'initiative d'une trentaine d'élus du département. Maires, députés et sénateurs sont venus apporter leur soutien à l'entreprise et à l'ensemble du maillage industriel, en très grande difficulté en Centre-Val de Loire.

"Les élus n'ont pas toujours été là. Mais aujourd'hui, on se sent moins seul", confie Fabien Parent, secrétaire du comité social d'entreprise et salarié depuis 20 ans. "Ça fait du bien", poursuit son collègue Christophe Amichaud, qui ajoute : "On espère que les élus pourront faire remonter notre situation au plus haut, mais franchement il nous reste peu d'espoir."
(Archives septembre 2020) Des salariés et des élus du Cher réunit devant les locaux de Comatelec.
(Archives septembre 2020) Des salariés et des élus du Cher réunit devant les locaux de Comatelec. © Antoine Wernert / France Télévisions.

101 postes menacés

En juin dernier, le groupe belge Schréder, dont dépend Comatelec, a annoncé un plan de départ d'une grande ampleur : au total, 93 personnes doivent être licenciées et 8 autres transférées sur le site francilien de Villepinte. Seuls 27 salariés pourraient conserver leur poste à la personnalisation des commandes ou à la logistique. Reste à savoir comment s'organisera la répartition. Les premiers licenciements devraient démarrer à la fin de l'année 2020.Selon le groupe Schréder, l'entreprise du Cher n'est plus assez compétitive face à la concurrence : il souhaite désormais délocaliser sa production vers l'Espagne ou encore l'Ukraine. Un argument incompris des élus et des salariés qui louent la bonne santé de l'entreprise. 

C'est une situation spéciale. Il ne s'agit pas là d'une entreprise qui va mal à cause du Covid, mais bien d'une entreprise qui délocalise pour une question d'économies. Schréder vit de l'argent des collectivités publiques françaises : la moindre des choses, c'est de faire vivre les territoires sur lesquels elle est implantée.

La députée MoDem Nadia Essayan.

Dans l'espoir de faire évoluer la situation, les élus présents ont décidé d'adresser une lettre ouverte au gouvernement. "Nous souhaitons interpeller les pouvoirs publics, notamment dans le cadre du plan de relance", explique Fabrice Chabance, président de la communauté de communes FerCher Pays Florentais. "Ce plan de relance doit servir à produire français et à créer de l'emploi."

Le député François Ruffin, en soutien à Comatelec

Le député LFI François Ruffin, engagé dans le soutien à l'industrie française, avait rencontré les salariés de Comatelec le 24 septembre dernier.

Mardi, il a adressé une question écrite au ministre de l'économie Bruno Lemaire pour l'alerter sur la situation de l'entreprise berrichonne. À cette heure, Bercy n'a pas encore donné de réponse.
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