Cher : où en est la réouverture d'un établissement scolaire sur l'ancien site de l'Angelus ?

Une association de parents souhaite faire rouvrir un collège sur le site de l'ancienne école de l'Angelus. / © GUILLAUME SOUVANT / AFP
Une association de parents souhaite faire rouvrir un collège sur le site de l'ancienne école de l'Angelus. / © GUILLAUME SOUVANT / AFP

Après la levée des scellés qui entravaient le bâtiment, l'association qui veut faire rouvrir un collège sur le même site persévère. 

Par Yacha Hajzler

14 mai : les scellés posés sur les grilles de l'école de l'Angelus, à Presly dans le Cher sont levés. Le 16, Eric Lougnon est déjà sur place, avec un chauffagiste qui évalue les dégâts dans le bâtiment laissé à l'abandon. 

L'homme est le président de l'Association populaire d'éducation de l'institut Saint-Gabriel de Presly. En partie constituée de parents d'élève, l'association se bat pour rouvrir un collgèe hors contrat sur le site de l'ancienne école de l'Angelus.

Son directeur, l'abbé Spinoza, présumé innocent, est actuellement mis en examen pour violences sur enfants, travail dissimulé et travail forcé. Les charges d'agression sexuelles qui pesaient sur lui dans un premier temps ont été abandonnées depuis



La levée des scellés, dernière étape ? 


"Nous, nous avons créé une autre association, pour remonter une école, et nous n'avons rien à voir avec tout ça" explique Eric Lougnon. Faut-il se réjouir de la levée de ces scellés ? 

"J’en suis très heureux, répond le père d'élève, mais je regrette que cette levée intervienne si tard. Les bâtiments se sont considérablement dégradés entretemps. La cour d’appel a publié son ordonnance le 22 février, elle intimait l’ordre au juge d’instruction – c’est mon vocabulaire militaire – de procéder à la levée des scellés. Ils s’en sont abstenus pendant un mois, malgré la décision. Je rappelle que ces scellés ont été jugés illégaux et que la levée a été obtenue par la SCI propriétaire en appel."

Selon nos confrères de France Bleu, la Cour d'appel de Bourges a estimé que maintenir les scellés serait "susceptible de s’analyser en une fermeture judiciaire, laquelle n’est pas prévue par les textes applicables en l’espèce" et que toutes les pièces nécessaires à l'enquête avaient déjà été prelevées. 

Un coup de peinture et on rouvre ? Pas encore. "Moi je le dis : il y a une intention de nous nuire. Je n’aime pas trop les théories du complet, mais j’ai fait l’armée, je suis un vieux loup de mer et je vois ces choses-là", juge Eric Lougnon. 



Urgence école ?


L'association rencontre des démêlés avec l'Education Nationale. Selon Mr Lougnon, le rectorat se serait opposé une première fois à l'ouverture d'une école du 1er degré, une opposition dont il affirme que le Conseil d'Etat a reconnu qu'elle était "illégale et fondée sur des arguments fallacieux". 

La requête déposée en référé par l'association a été déboutée d'abord par le Tribunal administratif, puis par le Conseil d'Etat. En effet, la condition d'urgence requise pour déposer un référé n'était pas satisfaite dans le cas de la réouverture de l'école, puisque de toute façon entravée par les scellés. 

Contactée, l'Education Nationale ne s'est pas prononcée sur le qualificatif d'illégalité employé par Eric Lougnon et a simplement rappelé le déroulé juridique exact de ces procédures. 

Nouveau refus de l'Education Nationale


Une seconde entrave d'ordre administratif empêche pour le moment l'ouverture de ce collège. En mars, l'association dépose un dossier de demande d'ouverture pour son collège hors contrat. 

"Le 23 avril, le rectorat a répondu à ma directrice sur la demande d’un certificat de stage quinquennal – nécessaire pour être nommé directeur d’un établissement – et refuse de délivrer ce certificat, sans motiver son refus alors qu’il est tenu de le faire. Or, le 13 avril, une nouvelle loi est entrée en vigueur, qui dit que ce document n’est plus obligatoire. Cette loi a été ignorée, ils se servent de ce motif pour ne pas nous donner l’autorisation, le dossier ne serait soi-disant pas complet.

Pour Eric Lougnon, c'est une nouvelle preuve d'une "cabale" menée contre le projet de réouverture. Sur ce point administratif, l'Education Nationale s'est montrée plus précise. Elle explique qu'effectivement,  la loi n°2018-266 du 13 avil 2018 est entrée en vigueur et que la notion de certificat de stage quinquennal n'y apparaît plus. 



"Cette loi maintient la condition de l'exercice pendant 5 ans au moins de fonctions de direction, d'enseignement ou de surveillance dans un établissement d'enseignement public ou privé" explique l'institution, qui précise que la directrice désignée par l'association ne remplit pas cette condition. 

Le collège finira-t-il par ouvrir ? "A la rentrée, comme nous l'avons déjà indiqué", affirme Eric Lougnon. 

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