Couvre-feu à 18 heures : vives réactions après l'annonce de sa potentielle application dans le Cher

Le Cher pourrait faire l'objet d'un couvre-feu à 18 heures à partir de ce dimanche 10 janvier. La décision n'est pas encore actée par le préfet, mais elle suscite déjà de vives réactions.

Les rumeurs semblent se confirmer. Le Cher fait partie des départements dans lesquels le gouvernement veut instaurer un couvre-feu à partir de 18h. D'autres zones sont susceptibles d'être concernées : le Bas-Rhin, le Vaucluse, le Haut-Rhin, la Côte-d’Or, l'Yonne, l'Allier, la Haute-Savoie, les Alpes-de-Haute-Provence et les Bouches-du-Rhône. En effet, depuis le début de l'année, le gouvernement souhaite mettre en place cette règle dans les départements où le taux d'incidence est supérieur à 200 pour 100 000 habitants. Dans le Cher ce mercredi 6 janvier, il était de 213,90 selon l'Agence Régionale de Santé.

Selon la préfecture, aucun arrêté n'a été signé à l'heure où nous écrivons ces lignes. Une concertation avec les élus du département est en cours pour faire remonter le résultat au ministère de tutelle. La nouvelle a suscité quantité de réactions dans le département.

Instauration d'un couvre-feu à 18h, une "fausse bonne idée"

Le président de la Chambre dce commerce et d'industrie, Didier Reure, fait part de son scepticisme concernant ce nouveau couvre-feu. Il n'a pas encore mesuré son impact sur les entreprises du département. "Je suppose seulement que celles recevant du public vont réduire leur capacité d'accueil mais ça va concentrer le public sur des tranches horaires beaucoup plus serrées. Je ne vois pas comment les gens qui travaillent vont pouvoir faire leurs achats". Selon lui, ce nouveau couvre-feu vient seulement "compliquer la vie des salariés". 

Ce scepticisme, il est partagé par Yann Galut, le maire de Bourges. Il qualifie de "fausse bonne idée" cette avancée de deux heures. En plus de la concentration des actifs dans les commerces évoquée précédemment, il redoute l'impact sur la population du Cher.

 

La vie familiale sera totalement désorganisée. Les gens seront davantage stressés, la question des courses devra se poser. Il y aura des conséquences psychologiques sur les habitants.

Yann Galut,
maire de Bourges

Enfin, ce couvre-feu vient, selon lui, se répercuter sur les commerçants et restaurateurs qui font de la vente à emporter, déjà durement touchés par la crise. "Ca réduit leur activité de deux heures et ils n'avaient pas besoin de ça en plus. Dans une région rurale comme le Cher, peu de restaurants de Bourges font de la livraison".

Stéphane Jacquet, le président de l'Office de commerce et de l'artisanat de Bourges plus, ne sait pas quelles seront les conséquences exactes de ce nouveau couvre-feu. Il craint pour l'instant "une désertification des clients dans les magasins l'après-midi". Il espère que les commerces seront moins touchés par cette baisse de fréquentation le samedi et prendront les devants pour faire leurs achats. Lorsqu'on lui parle d'une potentielle ouverture le dimanche pour compenser ces pertes, il "n'y croit pas trop dans une ville comme Bourges". "On ne peut pas compenser deux heures de fréquentation comme celles-là le dimanche. Le personnel ne peut pas travailler tous les jours non plus".

Vers un troisième confinement ?

Michel Autissier, le président du conseil départemental du Cher, explique qu'une enquête d'opinion était encore réalisée ce vendredi 8 janvier au matin. "Le préfet a vu que la majorité n'était pas très favorable. Il fera remonter les réserves formulées afin d'avoir un avis ministériel. En tant que médecin je suis plutôt favorable à l'extension de ce couvre-feu. Même si l'incidence semble faible, il est certain mathématiquement, on peut réduire la propagation du virus". Il comprend également le point de vue des conseillers départementaux, qui défendent quant à eux l'impact sur l'économie de la zone.

Pour lui, il ne faut pas se leurrer, "c'est surtout une mesure intermédiaire qui laisse penser que dans le milieu de la semaine prochaine on peut nous annoncer une reprise du confinement". Une opinion partagée par le président de l'Office de commerce et de l'artisanat de Bourges plus. Le maire de la commune a d'ailleurs présidé une cellule de crise ce vendredi 8 janvier, "par précaution", pour préparer la ville à un troisième confinement. Il l'envisageait alors comme similaire au premier.