Yann Galut réclame la révision du procès Kerviel

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Écrit par Ch.L avec AFP

"La Société générale savait ce que faisait Kerviel". Après les révélations du site d'information Médiapart sur l'éventuelle et nouvelle responsabilité de la banque, le député PS du Cher Yann Galut réclame l'ouverture d'une commission d'enquête et la révision du procès Kerviel. 

La commandante de police en charge de l'enquête sur les pertes de la Société Générale début 2008 a déclaré que ses investigations l'avaient conduite à "la certitude" que la "hiérarchie" de Jérôme Kerviel "ne pouvait ignorer" les agissements de son trader, lors d'une récente audition devant la justice, a rapporté dimanche le site Mediapart.  Mme Roy, qui enquêtait à l'époque pour la brigade financière, s'appuie notamment sur le témoignage d'un ancien salarié de la Société générale. Ce dernier avait affirmé à l'enquètrice que "l'activité de Jérôme Kerviel était connue" et qu'il avait alerté, en avril 2007, Claire Dumas, adjointe au directeur des risques opérationnels, et d'autres par le biais d'un message électronique "avec une tête de mort pour attirer leur attention".

Ne retrouvant aucune trace de ce message dans la boite mail du salarié, l'enquétrice, avait alors sollicité par la voie d'une réquisition judiciaire d'avoir accès aux emails échangés entre Mme Dumas et le salarié. Une requête qui est restée "lettre morte", la Société générale n'ayant pas répondu à la réquisition.  

Ces révélations ont fait immédiatement réagir le député PS du Cher Yann Galut. "Si ces faits sont avérés, ils révèlent des dysfonctionnements particulièrement graves dans le système judiciaire de notre pays, et posent le débat sur les moyens alloués à la police pour traiter des affaires financières de grande complexité" a déclaré le parlementaire lundi matin dans un communiqué dans lequel il réclame la création d'une commission d'enquête parlementaire et la révision du procès Kerviel. 

 

Condamné à trois ans ferme 

L'ancien trader, Jérôme Kerviel, a été condamné  par le tribunal correctionnel de Paris puis la cour d'appel qui a confirmé la peine, à 5 ans l'emprisonnement dont 3 ferme pour abus de confiance, manipulations informatiques, faux et usage de faux. 

A la mi-mars 2014, la Cour de cassation a rendu cette condamnation pénale définitive mais a cassé le volet civil de la décision, qui attribuait 4,9 milliards d'euros de dommages et intérêts à la banque. 

Un nouveau procès civil doit se tenir du 20 au 22 janvier 2016 pour établir la répartition des responsabilités dans cette perte, la banque ayant reconnu avoir failli sur le plan des contrôles. 

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