Coronavirus : la Haute Autorité de Santé déconseille l'usage massif des tests sérologiques

Testés le 18 avril à Châteauroux, ces nouveaux outils de dépistage seraient inutiles dans le scénario du déconfinement. Mais pourraient rendre quelques services.

A Châteauroux, on expérimente les tests sérologiques.
A Châteauroux, on expérimente les tests sérologiques. © LA NOUVELLE REPUBLIQUE/MAXPPP
Les laboratoires Byogine étaient prêts "à en livrer plus de 4 millions le premier mois" pour une "diffusion massive", mais ils devront encore patienter. Le 18 avril, laboratoires et pharmaciens participaient à une opération de rôdage de nouveaux tests dit "sérologiques" à Châteauroux. Plus rapides, moins intrusifs : la proposition avait de quoi séduire.
 


Pas de "passeport d'immunité"


Mais la Haute Autorité de Santé, qui a rendu son rapport ce 2 mai après une saisine ministérielle, n'est pas de cet avis.

"Les tests sérologiques ne permettent pas de statuer sur une potentielle immunité protectrice ni a fortiori sur sa durée. Et ils n’apportent pas d’information sur la contagiosité. La HAS appelle à la prudence quant à l’utilisation des tests sérologiques, qui ne peuvent aujourd’hui pas permettre d’établir un passeport d’immunité à des fins de déconfinement", estime l'organisme. En effet, ce procédé n'est viable ni pendant la période d'incubation, ni pendant les premiers jours de la maladie.
 

Tests de "rattrapage" et enquêtes de santé : d'autres usages possibles


Pourtant, si la HAS est catégorique sur leur inutilité comme support du déconfinement, d'autres usages sont possibles pour les tests sérologiques.  "Il est possible d’y recourir en complément, à partir du 7ème jour ou 14ème après l’apparition des symptômes, notamment pour servir de "rattrapage" si un test virologique n’a pas pu être réalisé avant, ou pour poser le diagnostic chez des patients présentant des signes évocateurs de COVID-19, mais dont le test virologique est négatif" avance par exemple l'autorité de santé. Ce mode de dépistage pourra aussi servir à des "enquêtes épidémiologiques". "Elles estiment la proportion de personnes ayant été en contact avec le virus et permettent d’évaluer si certaines sous-populations jouent un rôle particulier dans la transmission du SARS-CoV-2. Ces études peuvent également apporter des connaissances sur le virus lui-même", détaille la HAS. Un rassemblement de données qui permettrait notamment d'anticiper la trajectoire de l'épidémie.
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