Covid-19 : seuls 1,8% des habitants du Centre-Val de Loire ont reçu deux doses de vaccin

Que ce soit à l'échelle régionale, nationale ou européenne, la vaccination n'avance pas au rythme espéré par les autorités. Où en est-on ? Pourquoi ce retard ?

Un soignant prépare une seringue de vaccination - Photo d'illustration
Un soignant prépare une seringue de vaccination - Photo d'illustration © MAXPPP

Nos départements font les comptes, et les comptes n'y sont pas tout à fait. Au 19 février, 110 874 personnes ont reçu l'injection d'une première dose de vaccin contre le covid-19 en région Centre-Val de Loire. Un chiffre qui représente à peine 4.3% de la population régionale.

Ce chiffre était de 1.5% le 23 janvier, montrant donc une progression certaine, mais encore lente. La seconde dose, elle, n'a été administrée qu'à 1.8% de la population régionale, ce qui signifie que seules 45 000 personnes ont reçu une protection complète contre le Covid-19.

Parmi les départements qui ont transmis leurs chiffre de vaccination, le Loiret recense au 18 février 25 559 premières injections et 9 764 secondes injections. Dans le Cher, au 17 février, "16 886 personnes ont reçu un premier vaccin, 5 397 personnes ont reçu la seconde injection". L'Indre n'a communiqué que le chiffre des premières injections, qui ont concerné 8 837 personnes.

Vaccination : l'Union Européenne à la traîne

Que la région Centre-Val de Loire se rassure : le retard est généralisé. La France est "encore plus en retard sur la seconde dose" que sur la première, titrent nos confrères de Capital. Au 20 février, seule 1.7% de la population française bénéficie d'une protection complète contre le Covid-19 (deux doses administrées). Autour, l'Allemagne, la Pologne ou encore l'Italie arrivent à près de 2.5%.

Mais l'Union Européenne elle-même est en retard sur son programme de cinq semaines, si elle veut atteindre son objectif d'avoir vacciné 70 % de sa population adulte à l’été 2021. Alors que cette couverture vaccinale permettrait aussi d'amorcer une reprise économique, chaque semaine perdue coûte très cher, selon une étude réalisée par l'assureur Euler Hermes (groupe Allianz).

Le politique plutôt que le pratique ?

Ce retard s'explique en partie par les choix de l'Union Européenne en termes de responsabilité judiciaire des effets secondaires, et de vérification des vaccins. Mais il y a aussi des couacs, des impossibilités et des décisions assez incompréhensibles.

Un exemple : un peu plus de la moitié des médecins généralistes s'est portée volontaire pour administrer le vaccin AstraZeneca, mais il y a une contrainte de taille. Un flacon d'AstraZeneca contient 10 doses. Une fois la fiole ouverte, les doses doivent être administrées dans les six heures suivantes, demandant une organisation plus que conséquente et un risque de perte de ces précieuses doses. Seuls les médecins qui pourront équiper leur cabinet d'un réfrégirateur pourront conserver le flacon ouvert durant 48 heures.

Plus près de chez nous : la ville de Sully, dans le Loiret avait décidé de permettre de prendre rendez-vous sur place dans son centre de vaccination pour contourner l'utilisation du site controversé Doctolib. En effet, la plateforme n'imposant pas de limites géographique, les rendez-vous de vaccination peuvent être réservés par des personnes n'habitant pas la commune, ou le département, ni même la région. La réservation par internet n'est, en plus, pas la plus accessible aux seniors, public prioritaire de la vaccination.

Respecter le maillage territorial en favorisant ses habitants ? Inconcevable pour le gouvernement, qui par le biais de la préfecture du Loiret a forcé la commune de Sully à faire marche arrière. Une décision qui semble relever de la volonté de maîtrise, plutôt que du souci d'efficacité.

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