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Les documentaires de France 3 Centre-Val de Loire

Le lundi vers 23h00, une soirée documentaire qui raconte la vie des régions et l'évolution de notre société
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REPLAY. Documentaire “Le cœur au Centre” : ces lieux du Centre-Val de Loire qui évoquent l'amour

Le Coeur au Centre / © France Télévisions
Le Coeur au Centre / © France Télévisions

Mathilde Terrier et France Ortelli nous emmènent sur les routes du Centre-Val de Loire dans des lieux imprégnés d'amour, à la rencontre d'habitants amoureux ou en quête de l'âme sœur. Du village de St-Valentin à la mythique Fistinière, partons pour un voyage vers l'amour.

Par Cécile Mette

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Comment la culture régionale a-t-elle un impact sur notre vie amoureuse ?

Dans l’imaginaire du monde entier, l’hexagone est le symbole du romantisme. A Paris, des couples du monde entier affluent pour leur lune de miel.  Entre clichés de nappes à carreaux, dîners aux chandelles, câlins dans les rues pavées et accordéonistes qui chantent "La vie en rose" l’amour symbolise t-il toujours cela ? On voit le nombre de célibataires augmenter à vitesse grand V dans les métropoles. 

Mathilde Terrier et France Ortelli, deux amies, s’interrogent sur l’amour et le décrivent plutôt comme des couples blasés venant accrocher des cadenas sur un pont pour sceller leur amour comme s’il allait s’enfuir. Quoi de plus déprimant ? Et puis, peut-on encore se rencontrer et se draguer aujourd’hui puisqu’on a tous les yeux rivés en permanence sur notre portable ?

Paris la capitale de l’amour ne fait plus rêver ?

Même les touristes ne croient plus au "french lover" et décrivent Paris comme LA ville où l’on se sent le plus seul au monde. Aujourd’hui, dans certaines métropoles, il y a plus de célibataires que de gens en couple. D’après l’INSEE, une personne sur huit vit seule. Ce qui signifie que le nombre de célibataires a doublé en trente ans !

Pour couronner le tout : une pandémie mondiale nous oblige à rester cloitrés chez nous. Certains doivent s’adapter avec des mariages célébrés avec l'application ZOOM sans invités, ni DJs ou petits fours... Ou encore des rendez-vous dans les files d'attente des supermarchés, il est de plus en plus dur de se rencontrer ou de s’aimer dans ce contexte.

Le Cœur au Centre

Pour se donner un coup de boost, les deux copines se rendent dans la région qui a inventé la drague : le Centre-Val de Loire. Un road-trip sur les routes de l’amour qui fera chavirer les cœurs.

Un road trip au pays de l’amour, de Saint-Valentin à Châteauroux en passant par Talcy, Nohant-Vic, Bourges et Assigny.

CARTE INTERACTIVE. Le Road Trip de l’amour en Centre-Val de Loire

Le parc d’attraction de l’amour

Il n’en existe qu’un seul en France. C’est ici que les inconditionnels de l’amour se retrouvent chaque 14 février pour célébrer leur union.

Ici dans l’Indre, pendant deux jours, lors de la fête des amoureux, ses 300 habitants vibrent au rythme de l’amour. Ce jour-là, la commune multiplie par 10 sa population habituelle. Le reste de l’année, quelques couples viennent y célébrer leur confirmation de mariage comme Dominique et Dominique, plus de trente ans qu’ils se sont dits oui et toujours le cœur qui bat.

Le saviez-vous ? À l’origine on célébrait la Saint-Valentin avec des carnavals. Le but : se lâcher une fois dans l’année. Les célibataires élisaient un Valentin ou une Valentine pour une nuit ou une semaine alors que le reste de l’année, c’était interdit de batifoler. 

Célébrer la Saint-Valentin, un acte de résistance

On dit de cette fête qu’elle est devenue commerciale, ringarde, mièvre ou symbole de cœurs en plastique et de rose fanée ? Mais heureusement le romantisme existe toujours ! Pour le sociologue Jean-Claude Kaufmann, il faudrait même persévérer et protéger cette célébration. 

Dans plusieurs pays, elle est interdite : des groupes d’activistes interdisent aux couples de la célébrer car ils considèrent l’amour comme un comportement subversif.

Talcy, le berceau de l’amour courtois

Depuis des générations, des mariés se photographient devant ce puits et ces roses du château de Talcy. Mais pourquoi ? C’est ici que Pierre de Ronsard aurait été inspiré pour écrire son célèbre poème d’amour, emblématique de l’amour courtois, "Mignonne allons voir si la rose."

Pourtant, au départ, l’histoire de ce poème est une histoire de cœur tragique. Pierre de Ronsard, 20 ans, rencontre sa muse, la très jeune Cassandre Salviati alors âgée de treize ans, dans un bal. Il s’éprend immédiatement d’elle. Mais ne peut pas l’épouser parce qu’il est prêtre ! Il se met à l’idéaliser et la fantasmer sur ce puits, dans ce château où elle vit. Au total il lui écrira de 182 sonnets. Très représentatifs de cet amour courtois, inventé en France, où l’on séduit l’autre d’abord par les mots.

Au final, tout cela n’aura pas servi à grand-chose : Cassandre se marie l’année suivante avec un autre seigneur.

Depuis des générations de mariés se photographient devant ce puits et cette rose du château de Talcy et la légende raconte qu'aucun couple n'aurait divorcé ?

Nathalie Tranchant, faiseuse d'amour

« La doyenne des agences matrimoniales se trouve… à Châteauroux ! Cela fait 36 ans que Nathalie est à la tête de l'agence Unicis locale. Malgré l'arrivée d'Internet, elle est cependant toujours autant sollicitée. Et si la tradition des agences matrimoniales reprenait le dessus sur les applications de rencontre ? 

Star incontestable de Châteauroux, elle aurait même trouvé une épouse à un célèbre ministre. D’où vient cette passion ? Pourquoi se dévouer corps et âme à l’amour des autres ? Qui sont ces Français qui font encore appel aux services d’une agence matrimoniale tandis que l’on se drague aujourd’hui plutôt sur Instagram ? Elle nous dresse l’état des lieux de la rencontre chez les habitants du centre de la France, où la faible densité de population limite les fonctionnalités de géolocalisation des applications de rencontre.

Bourges : la ville rêvée des célibataires

D’après un sondage, la ville de Bourges serait l’une des meilleures villes pour vivre solo. Une ville agréable et sans stress. D'ailleurs, les femmes solos sont beaucoup plus nombreuses que les hommes ! Selon une étude de Slate, Bourges serait même la 6ème ville de France la mieux dotée pour vivre son célibat quand on est un homme.

Vous hésitez encore ? Voici quelques lieux où sortir à Bourges :

George Sand à Nohant-Vic

C'est dans sa maison à Nohant-Vic, que George Sand passa une bonne partie de sa vie. Elle s'y entoura de ses amis, ses enfants mais aussi de Frédéric Chopin, son amoureux. Avec leurs six années d’écart, cela n'empêcha pas la romancière de tomber éperdument amoureuse.

Compositeur emblématique du siècle, il était séduit par cette femme de poigne plus âgée que lui qu’il aimait surnommer son "diable d’homme". Mais l'amour gagne toujours ! Ils vivent alors une histoire de dix étés, à la campagne où Chopin prend plaisir à la rêverie que lui procurent les paysages du Berry s’entourant de personnalités aussi différentes que Franz Liszt ou Honoré de Balzac.

La région Centre-Val de Loire a donc vu naître cette tradition de femmes qui se moquent du regard des autres, puisque Georges Sand l’avant-gardiste aura été une des premières femmes à revendiquer son amour pour les hommes plus jeunes – et à avoir été acceptée.

La Fistinière, un lieu interdit

Ils se sont rencontrés sur un coup de foudre. Ils s’appellent Juan-Carlos et François. Ensemble, ils décident de monter une chambre d’hôtes à Assigny dans le Cher : la Fistinière. Devenue le haut lieu de rencontre des adeptes des pratiques sexuelles atypiques, le succès est planétaire. Des amants du monde entier viennent dans ce petit village de 500 habitants s’initier au plaisir du fist fucking.

Pour eux, le fistif ne peut se dissocier du festif, et durant 12 ans ils organisent des fêtes comme « les Mille et un fist »…

Leur but était simple : mélanger la fête et cette pratique sexuelle. Dans le documentaire, le couple parle de ce qui, pour lui, est la pratique la plus romantique, belle et douce qui existe : "On caresse l'autre à l'intérieur. On séduit l'anus et on aime l'intestin."

L’anus n’a pas de genre il n’est ni masculin, ni féminin : c’est l’anus.

Juan Carlos et François

Le lieu n'étant plus "ouvert au public", ce couple de passionnés proposent des Ateliers Transmiffion permettant d'épanouir sa sexualité.

Conclusion ? Tant que l’on s’aime, toutes les expériences sont possibles. En matière de sentiments ou de sexualité il n’y a pas de norme. On peut se découvrir soi à travers l’autre tant qu’on s’y abandonne. Même dans une période sombre, il y toujours de l’espoir ! Ce voyage au pays des amoureux nous a rappelé que l’humain était tout ce qui nous reste. Alors : à l’amour !

 3 questions aux réalisatrices France Ortelli et Mathilde Terrier :

  • Qu'est-ce qui vous a motivé à faire ce film autour de l'amour dans cette région de France ?

Nous sommes provinciales mais vivons à Paris depuis plus de 10 ans, et c'est vrai que l'on entend toujours les mêmes sujets sur l'amour citadin, traité d'un point de vue parisien, le fait qu'on soit tous célibataires malgré tous les outils mis en oeuvre pour qu'on se rencontre, que notre génération ne sait plus aimer... Nous avons ainsi eu envie de réaliser un 52 minutes sur l'amour et la sexualité des Français à travers les spécificités régionales, un sujet ô combien essentiel dans le contexte morbide actuel, où les bisous et caresses sont contraires aux gestes barrières.

En faisant nos recherches on s'est rendu compte que la région Centre-Val-de Loire avait beaucoup de choses à nous enseigner.

Avec la Covid, en plus, nous étions parquées dans nos apparts alors on en a profité pour aller à la rencontre de personnages qui ne sont pas forcément dans les médias, pour interroger avec bienveillance des français sur le sentiment amoureux, chercher une parole intime auprès des habitants qui sortent parfois des sentiers battus, hauts en couleurs, avec lesquels on rit et l'on pleure parfois aussi.

  • Vos souvenirs de tournage ?

L'un des souvenirs les plus forts est la rencontre avec Nathalie Tranchant, l'une des plus anciennes marieuses de France, le sosie d'Armande Altaï ! À 76 ans, Nathalie continue de former des couples et elle nous fait part dans son petit cabinet de Châteauroux de la solitude qui pèse sur certains. Heureusement qu'il y a encore des passionnées à l'ancienne comme Nathalie, qui tentent le tout pour le tout pour créer l'étincelle de l'amour !

Notre visite à la Fistinière fut aussi une journée mémorable mais pas comme nous l'entendions. Une vraie surprise ! Se retrouver à manger des pâtes aux aubergines avec Juan Carlos et François qui nous racontent les anecdotes de 12 années d'activités, ça nous a valu de nombreux fous rires mais aussi beaucoup d'émotions à les entendre parler d'amour. Surtout que nous nous sentions particulièrement privilégiées car nous étions les seules à qui ils avaient dit oui pour être filmés depuis plusieurs années.

  • Est-ce qu'après ces différentes rencontres, vous avez l'impression que l'amour est toujours possible dans une société du Tinder, du Grindr et du Meetic ?

Encore heureux ! L'amour est toujours possible, et surtout en période de crise, c'est le seul sentiment universel qui nous relie les uns aux autres, et l'autre c'est tout ce qu'il nous reste ! C'est vrai que l'on voit de plus en plus de célibataires dans les grandes métropoles, et que c'est aussi parce qu'on est désormais plus libres de choisir qui l'on aime, donc on se pose beaucoup plus de questions qu'avant pour trouver le bon.

On n'est pas à l'abri de ruptures en série, qui peuvent aussi nous fragiliser. Mais c'est aussi une bonne chose pour l'amour, toute cette liberté gagnée, qui nous rend plus exigeants nous permet de choisir un partenaire qui nous convient vraiment ! Après, surtout dans cette période qui nous reclus et nous isole encore plus, il faut faire attention à ce qu'on continue à tisser du lien humain et communautaire, et ne pas avoir peur d'aller au contact de l'autre ! Et que Zoom ne prenne pas toute la place dans nos vies !

► "Le Coeur au Centre", un documentaire de 52 minutes réalisé par Mathilde Terrier et France Ortelli. Une production France 3 Centre-Val de Loire et Flair Production.
Première diffusion le lundi 15 février 2021 à 23h00 sur France 3 Centre-Val de Loire dans le cadre de la collection "L'amour au pays" diffusée sur les antennes régionales de France 3.

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