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Les documentaires de France 3 Centre-Val de Loire

Le lundi vers 23h00, un documentaire de 52 minutes raconte la vie des régions. 
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REPLAY. Documentaire. “Pas folle la liberté” : à Dun-sur-Auron, des patients psychiatriques accueillis dans des familles du village

Portrait de patient de l’hôpital psychiatrique de Dun-Sur-Auron. / © France 3 Centre-Val de Loire
Portrait de patient de l’hôpital psychiatrique de Dun-Sur-Auron. / © France 3 Centre-Val de Loire

Dans ce documentaire de Corinne Bian Rosa, découvrez le village de Dun-Sur-Auron, dans le Cher, et son hôpital psychiatrique hors du commun avec des patients accueillis en familles d'accueil.

Par Corinne Bian Rosa et Lucie Lagoutte

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Dun-Sur-Auron un village de Berry peu ordinaire

Dun-sur-Auron est un village accueillant un hôpital psychiatrique. Contrairement aux hôpitaux habituels, les malades ne sont pas enfermés.

Ils vivent une vie tout à fait normale, ils fonts leurs courses, boivent un café, discutent avec les commerçants... Ils résident avec les familles de la commune et des alentours. Des familles de fonctionnaires, d’agriculteurs, de petits commerçants etc. Certain partent car ils sont guéris, d’autres arrivent, mais ils peuvent aussi passer leur vie ici.

Cet hôpital psychiatrique peu ordinaire a vu le jour il y a près d’un siècle. Depuis, on y expérimente une autre manière de faire et on y montre, au quotidien, comment une vie "dans la cité" est bénéfique à ces malades. Dans ce village chacun connait son rôle et connait l’autre. Les malades sont ici chez eux, en cas de difficultés, les habitants savent comment réagir.

Un héritage appris par leurs grands-parents puis leurs parents.

Soigner autrement en France

Aujourd’hui notre système de santé est fatigué. Ils touchent tous les domaines médicaux, notamment les hôpitaux avec les urgences, les maternités...

La psychiatrie n’échappe pas à ces fragilités. Les hôpitaux psychiatriques sont parfois en grève. On y réclame plus de soignants et des meilleures conditions pour les patients. Avec peu de moyens, la maltraitance subie par les malades est dénoncée par isolement, sur médication et condition indigne.

C’est à Dun-Sur-Auron que l’on découvre une façon différente d’accueillir et de soigner des malades mentaux : c'est l'accueil familial thérapeutique.

On y accepte le déséquilibre physique que traduit le déséquilibre psychique, tous ces petits détails révèlent l’« a »normalité. Une épaule qui tombe, une démarche légèrement claudicante, un regard dans le vague. Ces détails que les habitants du village et les familles d’accueil ne voit plus.

© France 3 Centre-Val de Loire
© France 3 Centre-Val de Loire

3 questions à Corinne Bian Rosa, réalisatrice du film

  • Qu'est-ce qui vous a motivé à réaliser un film documentaire sur ce village du Berry si particulier ?

Un jour, par hasard, je me trouve au marché de Dun-sur-Auron, un gros village du Berry. Au fur et à mesure que j’arpente les allées, une impression bizarre m’envahit. Les gens autour de moi me semblent étranges. Il y a cette femme qui passe avec un gros poste de radio jaune sur l’épaule. Cette autre qui porte trois montres au poignet. Assis à la terrasse d’un café, un homme joue à éblouir les passants avec un miroir.

Des yeux me fixent, ou fixent un point dont je ne comprends pas la signification. Mon cerveau enregistre mais ne décode pas. De quoi ces signes sont-ils le langage ? Je ne trouve pas la solution.

Le patron du café où je suis attablée me donne la réponse. Il y a un hôpital psychiatrique à Dun. Mais les malades ne sont pas enfermés, ils sont ici, avec moi, autour de moi. Personne ne fait attention à eux, ils sont là depuis si longtemps.

J’ai ri. Et puis j’ai réfléchi. Si c’était çà la solution ? J’ai eu envie de faire ce film pour donner à voir une alternative à l’enfermement pour les malades mentaux qui ne sont pas réduits ici à leur maladie, mais bien acteurs de leur thérapie.

Affiche du documentaire "Pas folle la liberté" / © France 3 Télévision
Affiche du documentaire "Pas folle la liberté" / © France 3 Télévision
  • Quels souvenirs de tournage gardez-vous ?

Au cours de ce tournage qui a duré 11 jours, Laurent Desvaux, le chef opérateur qui a fait les images et le son, et moi-même n’avons cessé de passer d’une émotion à l’autre, du rire aux larmes, tant les patients, nos personnages, étaient à la fois drôles comme Stéphane et Bernard, et à la fois bouleversants dans leurs fragilités psychiques. Je leur suis infiniment reconnaissante de nous avoir fait confiance et de nous avoir donné à écouter et à voir ce qu’il y a de profond et d’intime en eux.

La douleur de Véronique d’être séparée de sa famille biologique et la relation magnifique qu’elle entretient avec sa famille d’accueil qu’elle appelle aussi sa famille « de cœur », les rêves de François qui aimerait tant fonder une famille à lui et la lucidité de Stéphane.

Les familles d’accueil ont été extraordinaires aussi, car elles sont l’objet de beaucoup d’incompréhensions lorsqu’elles disent qu’elles hébergent les malades d’un hôpital psychiatrique, souvent pendant de nombreuses années.

  • Avez-vous pris des nouvelles des personnages du film depuis la fin du tournage ?

Nous avions prévu de faire une projection en avant-première du film à Dun-sur-Auron. Malheureusement, les conditions sanitaires actuelles ne l’ont pas permis. François se rapproche doucement de la guérison. Il est allé visité un centre d’aide par le travail dans l’optique d’un accueil en cuisine et a pu discuter avec un ancien patient de l’AFT, l’aide familiale thérapeutique.

Véronique développe ses dons manuels. Elle peint au sein d’un atelier à l’hôpital et ne se sépare plus de sa machine à coudre.

Stéphane et Bernard vivent dans l’attente de leur déménagement dans une autre famille dans l’optique de la retraite de Yolande qui s’occupe d’eux depuis près de 10 ans. Enfin Johnny, le poisson rouge, vedette muette de ce film, se porte comme un charme !

Un documentaire suivi d'un débat

Après la diffusion du film, nous vous proposons de poursuivre la discussion dans un débat présenté par Eloïse Bruzat. Avec ses invités, elle évoquera l'accueil familial thérapeutique.

Retrouvez sur le plateau Corinne Bian Rosa, la réalisatrice du documentaire, accompagnée de Juliette Rigondet, journaliste et écrivaine. Alberto Velanso, psychiatre et Belén Alonso, une ancienne accueillante familiale thérapeutique seront aussi présents en visio.

Ils répondront aux questions soulevées, sur les malades, sur les familles d’accueillent, sur les bienfaits de cette façon de soigner.

Voir l'intégralité du débat :

 

► "Pas folle la liberté", un documentaire de Corinne Bian Rosa, produit par 13 Productions, France 3 Centre-Val de Loire, TV Tours-Val de Loire et BIP TV. Première diffusion sur France 3 Centre-Val de Loire lundi 25 janvier à 23h et dissponible en replay 30 jours après cette date.