"Eprouvé mais satisfait", témoignage au sortir du procès sur l'amiante des agents municipaux de Tours ce jeudi

8 agents municipaux de Tours voulaient que leur préjudice d'anxiété soit reconnu et demandaient 30 000 euros d'indemnisation au Tribunal administratif d'Orléans pour avoir été exposés à l'amiante entre 2000 et 2012. Parmi les plaignants, David Courant, il raconte. La décision est mise en délibérée.

L'audience concernant le préjudice d'anxiété de huit employés municipaux de Tours exposés à l'amiante, se tenait ce jeudi 29 avril au Tribunal administratif d'Orléans
L'audience concernant le préjudice d'anxiété de huit employés municipaux de Tours exposés à l'amiante, se tenait ce jeudi 29 avril au Tribunal administratif d'Orléans © Alain Heudes-FranceTV

 

C'est éprouvant mais c'est déjà une avancée d'avoir pu s'exprimer sur notre situation de victime

David Courant, ancien employé municipal de Tours

Ils n'étaient que deux plaignants à l'audience ce matin au Tribunal administratif d'Orléans. David Courant et un ancien collègue désormais à la retraite. Deux sur huit qui demandaient à la justice la reconnaissance de leur "préjudice d'anxiété" pour avoir été exposés à l'amiante lors de travaux sur l'Ile Aucard et l'Ile aux Vaches à Tours entre 2000 et 2012. 

"Le tribunal nous a demandé de ne pas venir trop nombreux à cause des restrictions sanitaires. En plus, certains ne veulent plus reparler de cette affaire qui les angoisse beaucoup", explique David Courant, ancien employé de la Ville de Tours au service de l'eau, aujourd'hui employé par la Métropole. (N.d.l.r : le service de l'eau a été transféré de la Ville à la Métropole en 2017). 

David Courant attendait cette audience avec impatience et angoisse. "Je suis satisfait parce que j'ai pu prendre la parole pour préciser les choses. Le Président a semblé sensible à notre situation. "

Des problèmes de procédure qui pourraient se retourner contre les plaignants

L'écoute de la justice est un grand pas pour cet homme qui se bat depuis plusieurs années pour que le "préjudice d'anxiété" soit reconnu. Mais voilà. Le rapporteur public avait déjà jugé irrecevable la requête des plaignants du fait des délais qui n'avaient pas été respectés.

"Le problème ce sont les erreurs de procédures. Des courriers envoyés à la mauvaise adresse, des délais non respectés, des mails sans accusé de réception...Résultat : les avocats se sont renvoyés la balle sur des histoires de procédure. Et on pourrait être déboutés à cause de ça," déplore David Courant. 

Mais l'ancien employé du service de l'eau de la Ville de Tours préfère rester positif : " Ce qui m'intéresse c'est d'avancer sur le statut de victime et d'en parler. En plus, il y a une pétition au niveau national lancé par l'ANDEVA pour que s'ouvre un grand procès sur l'amiante". 

Des années exposées à la poussière d'amiante sans le savoir

De 2000 à 2009 sur l’Ile Aucard et de 2009 à 2012 sur l’Ile aux Vaches, une campagne de travaux est lancée sur les puits de captage. Un entreprise privée devait les réhabiliter. Pour ça, il a fallu concasser la fibre de ciment. 

David Courant intervenait comme électromécanicien sur l'Ile Aucard à cette époque. " Nous n'étions pas amenés à travailler directement dans les puits. En revanche, il y avait toujours beaucoup de poussière et nous y allions sans protection. Personne ne nous a jamais dit que c'était dangereux et surtout qu'il y avait de l'amiante.

Depuis qu'il sait que l'amiante était présente sur le site et depuis le décès de l'un de ses collègues d'un cancer en septembre dernier, les angoisses et l'anxiété font partie de son quotidien. "J'ai des problèmes de sommeil, de perte d'appétit, je surréagis pour des petits problèmes, j'angoisse à chaque examen médical. J'ai le sentiment d'avoir une épée de Damoclès au-dessus de la tête. C'est insupportable". 

Le Tribunal administratif d'Orléans a mis sa décision en délibéré au 18 mai 2021. 

 

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