"C'est la douche froide" : la vaccination obligatoire des soignants est entérinée, un syndicat d'Eure-et-Loir réagit

Le Conseil Constitutionnel a rendu sa décision ce jeudi 5 août : la vaccination obligatoire des soignants est entérinée, ainsi que la présentation du pass sanitaire pour entrer dans un hôpital, pour les patients non urgents. Les syndicalistes sont sous le choc.
Entrée du Conseil constitutionnel. Photo d'illustration.
Entrée du Conseil constitutionnel. Photo d'illustration. © BERTRAND GUAY / AFP

FO Santé 28 publiait ce jeudi 5 août un tract (ci-dessous) pour s’élever contre les mesures qui vont désormais faire le quotidien des personnels soignants.

En effet quelques heures après, le Conseil constitutionnel rendait son avis. Il vient d'entériner la vaccination obligatoire des soignants. La mise en place du pass sanitaire est aussi validée pour rentrer dans les hôpitaux et maisons de retraite, mais il ne sera demandé qu'aux visiteurs et aux patients non urgents, tant que cela ne fait pas "obstacle à l’accès aux soins". 

Arnauld Pionnier, secrétaire départemental FO Santé en Eure-et-Loir, a réagi à la nouvelle.

Comment qualifieriez-vous votre état d’esprit après ces annonces ?

C’est la douche froide. Je suis à l’hôpital depuis 1992 et jusqu’à maintenant, ce n’est pas mon directeur qui gère ma santé, c’est la médecine du travail.

Qu’est-ce qu’on va faire quand il ne va pas y avoir suffisamment de personnel dans les services, quand il y a une majorité de non vaccinés ? Ils vont être mis à pied ? Sans rémunération ? On fait comment pour prendre en charge les patients ? S’il y a un plan blanc de déclenché, comment on fait ?

Personne ne prend en compte la réalité du terrain. On nous a fait travailler, on était positif à la Covid, et aujourd’hui on nous dit "vous devez être vacciné". Il y a des choses qui sont incohérentes. Personne ne comprend.

Envisagez-vous de riposter à cette décision ?

On va déjà attendre que la loi soit promulguée. Aujourd’hui, il est difficile d’organiser une manifestation, puisque c’est une période de congés. Dès la rentrée de septembre, on va organiser une grande mobilisation contre tout ça. La Fédération Hospitalière de France, autrement dit le syndicat des directeurs hospitaliers, a annoncé que le contrôle des pass allait coûter 60 millions €. Mais nous, on préférerait avoir des embauches, du matériel, la titularisation des contractuels. Il y a tellement de choses à faire.

Les débats font rage au sein des établissements depuis l’annonce de l’instauration du pass sanitaire et de la vaccination obligatoire. Les personnels ne voient pas comment refuser l’accès à l’hôpital à ceux qui ne sont pas dans la capacité de montrer leur pass. Ils s’inquiètent pour ceux qui se trouveront refoulés.

Les personnels auront jusqu’au 15 septembre pour se mettre en conformité avec la loi. Que pensez-vous de ce délai ? 

Je suis persuadé que ça va créer d’énormes soucis d’organisation des soins à la rentrée, et même dans tous les services, techniques et administratifs.

Je pensais quand même que le Conseil constitutionnel allait assouplir des choses concernant le pass sanitaire et la vaccination obligatoire. Là, le fait que ce soit imposé de but en blanc, vous savez comment sont les Français, ça ne passe pas. Beaucoup ne croient pas à l’efficacité du vaccin. On en connaît beaucoup qui ne sont pas vaccinés.

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