Après l'incendie qui a ravagé l'entreprise Orsini en Eure-et-Loir, la piste d'origine volontaire est privilégiée

2000 m² de l'entreprise Orsini à Ouarville en Eure-et-Loir ont été détruits par un important incendie ce week-end. Ce lundi, le procureur de la République de Chartres, Frédéric Chevallier indique que "l'incendie serait probablement d'origine volontaire". 34 salariés se retrouvent privés d'emploi.

Fatigué, Bruno Orsini, l'ancien responsable de l'usine (qu'il a transmise à son fils) ne peut que constater les dégâts, démuni : " C'est le travail de trois générations qui est parti en fumée. Il faut tout reprendre à zéro, tout recommencer. Toutes les machines ont brûlé, les commandes prêtes à partir aussi. C'est tellement triste."

Ce lundi matin, deux jours après le début de l'incendie, il ne reste plus rien de la moitié de l'entreprise Orsini à Ouarville en Eure-et-Loir implantée dans la commune depuis 1957.

2000 m² ont été ravagés par les flammes malgré l'intervention de 81 sapeurs-pompiers venus des communes alentour dotés de dix-neuf engins et de quatre lances. Ce lundi, l'essentiel de l'incendie a été maîtrisé mais il reste encore de la fumée et des poches de feu qui continuent de brûler. 

34 personnes privées d'emploi

L'entreprise Orisini emploie trente personnes et quatre intérimaires. Elle fabrique des meubles pour les hôpitaux, les résidences universitaires, les hôtels. "Nos fidèles salariés se retrouvent sans emploi. On ne sait pas ce qu'on va faire. On verra quand on aura récupéré du matériel informatique ce qu'il est possible de faire pour eux. Beaucoup sont là depuis la création de l'usine", déplore Bruno Orsini. " Notre carnet de commandes était plein jusqu'à décembre. Mon fils qui venait de reprendre l'usine et qui avait engagé des capitaux se retrouve sans rien," ajoute-t-il.

Ce qu'il reste de l'entreprise en vidéo : 

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2000 m2 de l'entreprise Orsini à Ouarville en Eure-et-Loire ont été détruits par un important incendie ce week-end. Ce lundi, le Procureur de la République de Chartres, Frédéric Chevallier déclare que l'incendie serait probablement d'origine volontaire. ©France 3 Centre-Val de Loire

Des personnes cagoulées vues sur les lieux au moment du départ de feu 

Devant ce qu'il reste de l'usine, Bruno Orsini, raconte :" Apparemment, il y a un témoin qui a vu deux personnes passer par-dessus le mur et qui sont parties à toute vitesse en voiture. Le cultivateur qui les a vues a essayé de les arrêter mais il n'a pas réussi. Il a vu la voiture et les plaques et c'est tout". 

 L'enquête a été confiée à la brigade des Villages vovéens appuyée par la brigade de recherche de Lucé du groupement de Gendarmerie d'Eure-et-Loir.

Les enquêteurs ont une piste. Un témoin a vu deux personnes sortir de l'entreprise et partant dans un véhicule au moment du départ de feu

Frédéric Chevallier, procureur de la République de Chartres

Ce lundi 21 août, le procureur de la République de Chartres, Frédéric Chevallier confirme à France 3 Centre-Val de Loire que " les enquêteurs ont une piste et que l'incendie serait probablement volontaire".  Il précise : "Un témoin a vu deux personnes sortir de l'entreprise et partant dans un véhicule au moment du départ de feu", explique Frédéric Chevallier. "Le travail des enquêteurs va être d'identifier ces gens, savoir s'ils étaient là par hasard, ce qu'ils ont fait, si c'était un vol, si l'incendie est accidentel, s'il est volontaire ou pas. " 

Incendie d'origine criminelle ? 

Même si l'incendie est volontaire, il ne s'agit pas d'un incendie d'origine criminelle. "En vérité, c'est criminel quand l'incendie entraîne la mort de quelqu'un. Là, heureusement ce n'est pas le cas. Il s'agit donc d'un incendie d'origine délictueuse", précise le procureur de la République de Chartres. "Pour les dégradations commises par incendie, le législateur estime que ce sont les faits délictuels les plus graves. Donc les responsables encourent dix ans d'emprisonnement".

Le travail des enquêteurs devrait permettre d'en savoir plus sur les circonstances de l'incendie et sur le rôle des personnes vues sur les lieux au moment des faits.