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Chartes : la “déclaration d'indépendance des maires de France” revendique 600 signataires

Jean-Pierre Gorges, maire de Chartes, a refusé l'installation d'une plateforme logistique sur son territoire. / © PHOTOPQR/L ECHO REPUBLICAIN
Jean-Pierre Gorges, maire de Chartes, a refusé l'installation d'une plateforme logistique sur son territoire. / © PHOTOPQR/L ECHO REPUBLICAIN

Lancée par le maire de Chartres en réponse à la tribune pro-Macron des maires de droite et du centre, elle rencontre un succès plus net. 

Par Yacha Hajzler

"Refusons tout chantage partisan aux élections municipales !". Le 14 juin dernier, le maire de Chartres, Jean-Pierre Gorges, est celui qui voit une objection au mariage. Quelques jours plus tôt, 72 maires de la droite et du centre ont signé une tribune de soutien au parti présidentiel. Ils se présentent comme "la République des solutions", voulant voir au-delà des étiquettes. Parmi eux, les maires d'Orléans, Tours, Bourges et Pithiviers. 
 

"Le temps n'est plus aux querelles de chappelles" écrivent-ils. Pour beaucoup, cette tribune est surtout un appel du pied à peine masqué à des investitures LREM aux municipales, alors que le parti est arrivé en tête aux élections européennes.
 

600 signataires en un mois


Quelques jours plus tard, Jean-Pierre Gorges lance en réponse la Déclaration d'indépendance des maires de France. "Dans la plupart des 35 000 communes (...), une seule liste se présente au suffrage universel. Et quelles que soient ses idées, le maire s'affiche alors "sans étiquette", rappelle l'édile de Chartres. Il dénonce un abandon des problématiques propres à chaque commune au profit d'un "référendum pour ou contre le Président de la République"
 
Et si 72 de ses collègues ont signé la tribune "pro-Macron", un mois plus tard, le maire de Chartres a lui rassemblé autour de son texte 600 signataires. Sur 36 000 maires, cela reste peu, mais tout de même visible dans le paysage politique.  D'olivet à Bras-Panon, sur l'île de la Réunion, les positions de Jean-Pierre Gorges ont fait mouche, comme l'illustre la carte recensant ses soutiens.
 


Les municipales, une élection loin des bords politiques


Dans sa démarche, l'édile d'Eure-et-Loir est soutenu par une étude, qu'il cite volontiers, publiée en ce mois-ci par le Centre de recherches politiques de Sciences Po (Cevipof) et l'Association des Maires de France. Elle révèle d'abord que 71% des français font confiance à leur maire, contre par exemple 40% pour les députés.

Plus surprenant : seuls 7% des français se préoccupent de savoir si leur maire partage leur sensibilité politique, priorisant son honnêteté et sa fiabilité. 
 


Une liste faussée ?


Maire de Chartres depuis 2001, classé à droite mais sans étiquette, ce n'est pas la première fois que Jean-Pierre Gorges joue le caillou dans la chaussure de LREM. Dons à Notre-Dame de Paris, candidature de Pascal Canfin aux élections européennes, gilets jaunes... Le maire, à coups de tweets peu polissés et de retweets opportuns, s'oppose sans fin à l'action du gouvernement.

Depuis l'an dernier, le torchon brûle entre lui et le député Guillaume Kasbarian, qu'il a déjà peu élégamment qualifié de "schizophrène" ou "hémiplégique" dans son magazine municipal.
 

Rien d'étonnant, donc, à ce que le député Kasbarian ne vienne à son tour troubler la fête. Il a notamment relevé, parmi les quelque 600 noms, celui du maire de Niort. Problème, celui-ci est aussi signataire de la fameuse tribune de soutien à Emmanuel Macron. Jérôme Baloge a d'ailleurs confirmé sur les réseaux qu'il n'avait ni reçu ni signé la tribune soumise par le maire de Chartres. 
 

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