REPLAY. Municipales 2020 : les trois points qu'il faut retenir du débat entre les candidats de Châteaudun

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France 3 Centre-Val de Loire se mobilise pour vous faire vivre le second tour des municipales 2020. Ce jeudi 25 juin, les trois candidats de Châteaudun, Fabien Verdier (divers gauche), Jérôme Philippot (divers droite) et Christophe Seigneuret (divers) étaient réunis sur notre plateau pour débattre.

Il s'agit de la dernière ligne droite avant le second tour des municipales, et également le dernier débat présenté sur France 3 Centre-Val de Loire avant le scrutin. Face à face, les trois candidats issus du premier tour, Jérôme Philippot pour la droite, Fabien Verdier pour la gauche et le candidat indépendant Christophe Seigneuret ont débattu courtoisement mais sans concession sur l'avenir de Châteaudun.

 

Alliances et arrangements d'entre-deux tours

Distancé au premier tour, Jérôme Philippot a fusionné sa liste avec celle de Philippe Duprieu, candidat de droite arrivé quatrième au premier tour avec 18,20 % des tours. "Nous avons voulu une action constructive pour la ville", explique celui qui se félicite de liens "naturellement bons" avec son concurrent et espère ainsi compenser son retard. Une stratégie qui n'a pas tellement inquiété Fabien Verdien : "On a une dynamique derrière nous, et on appelle les Dunoises et les Dunois à se rassembler derrière nous".

Fabien Verdier avait pourtant approché son rival au lendemain du premier tour, mais la présence possible de l'ancien maire Didier Huguet dans l'équipe du candidat de gauche avait conduit Jérôme Philippot à repousser ses avances. Cela, et le manque d'expérience du candidat, que Jérôme Philippot appelle par son prénom : "Il faut un patron à la tête de cette entreprise qu'est la ville, il faut avoir l'expérience de la tenue de certains postes, et je pense que c'est là que le bât blesse pour Fabien".

"Moi je suis un patron", rétorque l'intéressé sous l'oeil amusé de Christophe Seigneuret, rappelant son expérience en tant que directeur adjoint du centre hospitalier et au sein de la fonction publique. "On est une équipe soudée, très dynamique avec 130 adhérents au sein de l'association, et prête à relever le défi pour redynamiser Châteaudun".

Quant à Christophe Seigneuret, qui talonne l'équipe de Jérôme Philippot au premier tour avec 20,52 %, il a choisi de ne pas chercher d'alliance. "Ce n'est pas une histoire de vouloir être absolument seul, ce n'est pas l'écharpe qui compte : c'est Châteaudun", lance le candidat indépendant, qui a souhaité n'intégrer aucun élu sortant à sa liste. Et lorsqu'on lui demande quelle est sa sensibilité politique, sa réponse fuse, ardente : "Je suis de sensibilité dunoise." "Mon expérience  est dunoise, poursuit-il, Je ne me suis pas levé un jour en me disant que j'allais faire les élections comme ça, pour voir. J'avais envie de m'investir, de m'engager, de relever la ligne".


Une économie fragile

La crise sanitaire a aussi entraîné de lourdes conséquences économiques, et Châteaudun n'y échappera pas. Fabien Verdier, le premier à s'exprimer sur le volet économique, compte sur plusieurs mesures pour assurer le financement de son porgramme "en fonctionnement et en investissement" sur les six prochaines années.

Des investissements qu'il compte diriger sur l'implantation de la centrale photovoltaïque qui doit s'implanter sur l'ancienne base aérienne, mais aussi sur "150 bâtiments municipaux" avec des coûts de fonctionnement élevés. "Si on investit, avec des aides de l'Etat, notamment sur l'isolation, alors on peut gagner beaucoup." Dernier axe : faire venir à Châteaudun "une vingtaine de PME" de région parisienne, que le foncier peu coûteux et les attraits locaux peuvent attirer.

Une analyse largement partagée par Christophe Seigneuret. "Châteaudun a souffert de la désindustrialisation, de la baisse des services publics et des infrastructures", comme la Poste et les services sociaux. "Il faut avoir des commerciaux pour revaloriser l'image de Châteaudun." Et notamment faire revenir des emplois sur la base aérienne, non seulement dans l'industrie mais aussi dans le tourisme et les services.

Jérôme Philippot, lui, a mentionné les efforts qu'il compte réaliser en centre-ville. "On va racheter les surfaces commerciales, et faire tomber les loyers vers le bas", afin de re-concentrer l'activité commerciale vers le centre. Une baisse qui devra être financée par la réorientation des Offices publics de l'habitat (OPH). "On réorientera l'argent que l'on a dans le centre-ville, et on re-densifiera le logement afin que l'habitant soit aux portes des commerces." Une dynamique qui, selon le candidat de droite, sera le premier pas vers un vaste plan de végétalisation et de désenclavement du centre-ville et des rives du Loir.

 

L'ornière de la dette

Mais l'obstacle majeur aux ambitions des candidats sera pécunier. La dette de la ville, à plus de 1 800 euros par habitant, se situe au-dessus de la moitié des villes françaises. "Il faut continuer à emprunter moins que ce qu'on rembourse" afin de retrouver l'autofinancement, fait valoir Jérôme Philippot, qui note que le conseil municipal sortant a fait baisser de 6 millions cette dette, encore estimée à plus de 20 millions. "Nous avons un patrimoine immobilier conséquent dont il va falloir se détacher", ajoute Jérôme Philippot, qui compte en "adosser" une partie à des projets "gagnant-gagnant" pour générer des fonds supplémentaires, sans augmenter les impôts, notamment sur les entreprises. "Si on sait ouvrir notre territoire, la ville va repartir !"

Fabien Verdier, lui, compte sur les investissements pour garantir "qu'en 2023, en 2024 en 2025, on dépensera moins chaque année en fonctionnement". "On a un parc HLM en très mauvais état. Il y a certains Dunois qui paient 500 euros pour un logement en piteux état ! On a sous-investi par le passé et maintenant on se demande où passe l'argent." Le tout, assure-t-il, sans augmenter les impôts fonciers afin de conserver l'attractivité de la ville, et même en les diminuant de "0,5 % par an".

"Pas de hausse des impôts" non plus du côté de Christophe Seigneuret. "Pas de promesses démagogiques sur la taxe foncière" non plus. Le candidat indépendant compte, lui, lancer un audit financier par un cabinet indépendant dès son arrivée à la tête du conseil municipal. "Il faut trouver de nouvelles ressources, en faisant des économies de fonctionnement, mais aussi en investissant car la ville doit avancer."

L'écologie, l'incontournable de cette campagne municipale 2020, a aussi été discutée par les trois candidats. Là encore, la nécessité d'entreprendre dans le secteur fait concessus, mais les méthodes divergent. Pour Fabien Verdier, ce sera grâce à la centrale photovoltaïque, aux entreprises vertes et aux circuits courts. Jérôme Philippot, lui, préfère insister sur la végétalisation du centre-ville et le tourisme, et Christophe Seigneuret compte lui transformer les bâtiments, les transports et l'éclairage publics pour rendre écologiques les bus, et veut poursuivre les efforts en direction des plus fragiles.


Visionnez en replay l'intégralité du débat entre Jérôme Philippot, Fabien Verdier et Christophe Seigneuret présenté par Franck Leroy ou cliquez ici

Châteaudun : débat second tour Municipales 2020

 

 

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