"C'est catastrophique, on n'a pas les mots" : après l'accident mortel qui a fait sept morts, l'émotion et l'incompréhension

Ce 18 juin en Eure-et-Loir, sept personnes, dont cinq jeunes de 17 à 19 ans et deux personnes âgées de 80 à 85 ans ont perdu la vie dans un grave accident de voiture qui a fait deux blessés de plus. Tous venaient des localités avoisinantes, où l'émotion est profonde.

Bailleau-le-Pin est un village meurtri. Ce 18 juin, en fin d'après-midi, cinq jeunes et deux personnes âgées ont été tués dans un accident de voiture qui a également fait deux blessés, dont un grave. L'événement est sur toutes les lèvres, d'autant que l'une des victimes venait du village.

"On n'a pas les mots"

Certaines personnes rencontrées par l'équipe de tournage de France 3 sont aux bords des larmes. Partout, la même tristesse insondable, la même compassion avec les familles des victimes. La même incompréhension, aussi. "C'est catastrophique, on n'a pas de mots" réagit une dame. "On aimerait bien savoir ce qui s'est passé", se désole une autre. "C'est pas normal !"

Martial Lochon, le maire, a pu parler aux parents de la victime bailleulaise la veille au soir. "C'est leur fils unique qui part. On n'a pas de mots. Mes pensées vont vers eux."

À l'église du village, un habitant, bénévole de la paroisse, est allé ouvrir grand les portes afin de permettre que ceux qui le souhaitent puissent se recueillir. "Personnellement c'est ce que j'aurais fait", explique le paroissien en question. "Il y a des gens que ça peut aider, d'autres non, c'est une question qui regarde chacun."

Une route particulièrement dangereuse ?

Après l'émotion, les habitants espèrent en savoir davantage sur les circonstances de l'accident. Certains, interrogés par nos confrères de France 2, estiment que la départementale où a eu lieu l'accident est particulièrement dangereuse. "Ça ne m'étonne pas du tout", réagit un habitant de Bailleau, "moi j'ai failli avoir un accident il y a huit jours, avec une voiture qui doublait alors que j'arrivais en face. C'est tous les jours !"

Le maire de la commune voisine de Nogent-sur-Eure, Pascal Leclair, emprunte "tous les jours" la D921 où a eu lieu l'accident. "Il y a beaucoup d'affluence, et souvent de la vitesse excessive et des comportements pas appropriés", juge l'édile. "C'est toujours un drame." Si l'Eure-et-Loir n'est pas un département plus dangereux qu'un autre, les victimes des accidents mortels sont très souvent, comme partout ailleurs, des jeunes de 18 à 24 ans.

De fait, selon le procureur de la République de Chartres Frédéric Chevallier, contacté par France 3, la vitesse est clairement la cause principale de l'accident et de son lourd bilan. En outre, "il est très probable" selon les enquêteurs que "les ceintures à l'arrière n'étaient pas attachées". Les jeunes étaient originaires d'Illiers-Combray, Lucé, Bailleau-le-Pin et Berchères-les-Pierres.

Une cellule psychologique à Dreux

L'un des cinq jeunes était scolarisé au lycée des métiers Gilbert Courtois à Dreux, dans la filière "métiers de la maintenance des matériels et des véhicules". Âgé de 17 ans et originaire de Lucé près de Chartres, il aurait dû passer une épreuve de son baccalauréat professionnel ce 19 juin, à 9h30.

Au lycée Courtois, et dans les autres établissements fréquentés par les victimes, des mesures d'accompagnement ont été mises en place par l'Académie. "J'ai eu connaissance très rapidement des noms des cinq jeunes décédés dans ce tragique accident, ce qui nous a permis très vite de contacter les chefs d'établissement concernés", explique Évelyne Mège, directrice académique d'Eure-et-Loir.

Aussitôt, on a pu mettre en œuvre dès ce matin les personnels tels que les infirmières scolaires, les assistantes sociales, les psychologues de l'Éducation nationale, qui se sont vraiment mobilisés pour être présents dans les établissements concernés.

Évelyne Mège, directrice académique d'Eure-et-Loir

Dans le lycée Courtois, à Dreux, où une cellule psychologique a été mise en place, une minute de silence a été observée ce 19 juin dans l'après-midi, après les examens.

Avec A. Rigodanzo et G. Grichois.

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