Eure-et-Loir : le Centre d’Interprétation de la Renaissance ouvre ses portes à Anet

Malgré une ouverture repoussée à cause de la crise du Covid-19, le Centre d’Interprétation de la Renaissance à Anet (Eure-et-Loir) a ouvert pour la première fois ses portes ce weekend. Un musée qui se veut décalé, avec une salle immersive à 360 degrés et des tableaux qui s’animent.

Les tableaux s'animent devant les visiteurs et se disputent sur les légendes dorée et noire de Diane de Poitiers.
Les tableaux s'animent devant les visiteurs et se disputent sur les légendes dorée et noire de Diane de Poitiers. © William Morice / Centre d'Interprétation de la Renaissance d'Anet
Alors que tous les lieux culturels sortent du confinement prudemment, le tout nouveau Centre d’Interprétation de la Renaissance (CIR) à Anet a reçu ses premiers visiteurs ce weekend de Pentecôte.

On voulait ouvrir tant que les Parisiens peuvent circuler dans un rayon de 100 km”, révèle Olivier Marleix, député LR d’Eure-et-Loir, conseiller municipal d’Anet en charge des grands projets et ancien maire de la commune. (La liste qu’il a conduite pour les élections de 2020 a été élue dès le premier tour, mais il ne reprendra pas sa place de maire, pour cause de non cumul des mandats, NDLR.)

L'ouverture officielle, initialement prévue après les élections municipales de mars, a donc eu lieu ce samedi 30 mai, après deux ans de travaux, pour un coût d’1,5 million €. Ce musée se veut “complémentaire du château d'Anet”, afin de “donner des clés de lecture” à destination des familles et des groupes scolaires.
 

Un "joyau" pour les historiens

Le château a été partiellement détruit après la Révolution, c’est toujours frustrant de ne pas voir comment il était”, explique Olivier Marleix. “A titre personnel, en tant que député de Dreux, cela me fait toujours mal au coeur de voir que les enfants de Dreux viennent si peu à Anet, car il n’y avait pas vraiment d’espace d’accueil pour eux, pour les groupes scolaires.
 Nicolas Loriette, concepteur et commissaire d’exposition du CIR, renchérit : “En ayant parlé avec le propriétaire du château d’Anet, nous nous sommes aperçus que les gens connaissaient mal la Renaissance, vaguement Diane de Poitiers pour ceux qui habitaient dans la région, qu’ Henri II était un vaste inconnu, sans parler de Philibert Delorme, son architecte.

Or, ce château est un joyau pour les historiens de l'art.

C’est pour ces raisons que la municipalité a donc récupéré un ancien bâtiment de La Poste, en face du château, pour le transformer en un centre dédié à l’architecture du monument de la Renaissance, son histoire et ses personnages.

La visite s’organise donc autour de quatre thématiques : trois personnages - Henri II ; Diane de Poitiers, sa favorite, qui a construit le château pour recevoir la cour du roi ; Philibert Delorme, l’architecte - et le château que l’on peut enfin découvrir dans sa globalité.

Il y a un grand dispositif à 360 degrés où l’on voit la cour d’Henri II arriver à Anet. On est dans les jardins et on voit à quoi ressemblait le château”, décrit Nicolas Loriette.

“On vous révèle ainsi ce qui a disparu, et on vous explique grâce à des vidéos de façon ludique, le génie de Philibert Delorme, de sa théâtralisation du château, des effets qu’on ne voit nulle part ailleurs”, poursuit-il.
 
Les visiteurs peuvent découvrir avec des espaces ludiques l'architecture du château d'Anet, au Centre d'Interprétation de la Renaissance.
Les visiteurs peuvent découvrir avec des espaces ludiques l'architecture du château d'Anet, au Centre d'Interprétation de la Renaissance. © William Morice / Centre d'Interprétation de la Renaissance d'Anet
 

"Des tableaux animés qui se haranguent"

Pour les personnages peu de textes, mais ce qu’il appelle “des expériences”. Diane de Poitiers est abordée sous l’angle de la légende. “Elle a été accusée d’avoir charmé le roi, d’en avoir fait son esclave et que lui, pour lui plaire, lui aurait donné tous les biens du royaume, aurait précipité la répression des protestants, rapporte le commissaire d'exposition. C’est la légende noire, la sorcière qui avait envoûté le roi. Au XIXe siècle, on a basculé dans la légende dorée.

L’équipe du CIR a ainsi choisi de montrer ces deux légendes “dans un cabinet d’historien du XIXe siècle, où se trouvent des tableaux de personnages en costume d’époque qui s’animent comme dans Harry Potter, qui se haranguent, car ils n’ont pas la même version. Au fur et à mesure que les personnages se parlent, Diane se transforme. C’est comme cela que le visiteur est amené à comprendre tous les aspects de la légende.
 
Reconstitution d'un cabinet d'historien, où se confrontent les deux légendes de Diane de Poitiers.
Reconstitution d'un cabinet d'historien, où se confrontent les deux légendes de Diane de Poitiers. © Centre d'interprétation de la Renaissance / Anet

Autre type d’expérience avec des manipulations : “pour parler d’Henri II, on a inventé une penderie, où on voit le roi chevalier, le roi homme de communication, le roi voyageur, le roi empereur, etc. C’est très décalé.

Comme le château d’Anet a séduit les historiens de l’art et de la Renaissance, Nicolas Loriette et l’équipe du CIR espèrent séduire les visiteurs avec ce nouvel espace culturel, qu’ils soient de Dreux, ou de passage.

Retrouvez ci-dessous notre émission consacrée au château d'Anet, lors des 500 ans de la Renaissance : 
Infos pratiques
Contact :
Office de tourisme d'Anet : 02.37.41.49.09
Office de tourisme de Dreux : 02.37.46.01.73
Email : cir-tourisme@orange.fr
Page internet du CIR en cours de construction.

Horaires (non définitifs) :
En haute saison, ouverture tous les jours de 10h à 18h.
En basse saison, fermeture le mardi et amplitude horaire plus restreinte.

Tarifs :
Adulte : 6,50 € 
Enfant de 6 à 14 ans : 4 €
Réduction pour les étudiants de 15 à 25 ans / seniors / demandeurs d’emploi : 5,5 €
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