Eure-et-Loir : la mutation du virus du SARS-CoV-2 chez les visons est-elle dangereuse pour l'homme ?

Le ministère de l'Agriculture a annoncé dimanche 22 novembre que le coronavirus avait été détecté au sein d'un élevage de visons en Eure-et-Loir. Les 1000 animaux ont été abattus et les éleveurs ont été placés sous surveillance. 
Un élevage de visons à Montarlot-lés-Rioz en Haute-Saône.
Un élevage de visons à Montarlot-lés-Rioz en Haute-Saône. © Jean-François Fernandez / MAXPPP
Après l'annonce de la découverte de cas de Covid-19 au sein d'un élevage de visons en Eure-et-Loir dimanche 22 novembre, tous les regards se portent vers les éleveurs qui ont côtoyé ces animaux : vont-ils être infectés par une variante du SARS-CoV-2 déjà détectée chez des visons et des individus au Danemark ? 

Par précaution, les 1000 animaux élevés en Eure-et-Loir ont été abattus, tout comme "les produits issus de ces animaux", a annoncé le ministère de l'Agriculture dans un communiqué dimanche. Les personnes travaillant dans l'élevage ont été testées au Covid-19 et placées sous surveillance. Les résultats des tests sont pour le moment négatifs.


"Il n'y a pas d'évidence que de telles mutations affectent la transmissibilité chez l'homme"

Ce type de contaminations de visons par le Sars-CoV-2 avait déjà été observé au Danemark, mais aussi dans d'autres pays européens comme les Pays-Bas ou la Suède. Surtout, une version mutée du Covid-19 avait été transmise par les visons à douze Danois. En Eure-et-Loir, l’analyse de séquençage du virus présent chez les visons sera connue d’ici la fin de la semaine selon le ministère de l'Agriculture et doit permettre d’exclure toute contamination par le variant SARS-CoV-2.

Cette variante du virus rend t-elle le SARS-CoV-2 plus dangereux pour l'homme ? Pour François Balloux, professeur à l'University College de Londres et spécialiste de l'évolution des pathogènes, la mutation du virus retrouvée chez les visons n'augmentait pas la transmissibilité ou la létalité du virus chez l'homme. "Lorsque SARS-CoV-2 se transmet chez les visons, on observe plusieurs mutations qui émergent de façon récurrentes, mais que ne sont trouvées que très rarement trouvées dans des virus isolés chez l’homme, nous dit-il. Ces mutations représentent des adaptations du virus à la transmission chez les visons, et ne rendent pas les souches mutées plus transmissibles ou pathogènes pour l’homme"


Quelle efficacité pour les vaccins contre cette souche du virus ?

Autre question cruciale, la mutation du virus retrouvée chez les visons en France ou au Danemark pourrait-elle menacer l'efficacité des vaccins contre le Covid-19 ? 

Etienne Simon-Lorière, responsable de l'unité de génomique évolutive des virus à ARN à l'institut Pasteur, s'était exprimé sur cet enjeu auprès de nos confrères de France Bleu et avait tenu à rassurer les Français. "Les vaccins font quelque chose de polyvalent, plein d'anticorps viennent attaquer des morceaux de la protéine de surface du virus, simultanément. C'est la même chose avec l'immunité. Cela signifie que si un élément change ce n'est pas grave, car les autres continuent d'agir", confiait-il.

Les élevages de visons pourraient cependant représenter un réservoir du virus alors même que l'épidémie ce sera éteinte chez les hommes. "C'est pour cela  (...) que l'on surveille de près les élevages de visons en Europe", expliquait Etienne Simon-Lorière à France Bleu. Une fois le virus détecté au sein d'un élevage, l'abattage des visons est la seule solution pour ne pas prendre le risque de créer un cluster géant. 
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