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“Ils ferment les yeux !” : le plan d'Agnès Buzyn pour les urgences peine à convaincre en Centre-Val de Loire

250 services d'urgences sont en grève, d'après le collectif Inter-Urgences. / © LOIC VENANCE / AFP
250 services d'urgences sont en grève, d'après le collectif Inter-Urgences. / © LOIC VENANCE / AFP

Après le plan de sauvetage des urgences annoncé par Agnès Buzyn le 9 septembre, certains points restent en travers de la gorge des organisations syndicales de la santé. Et, en premier lieu, l'absence d'engagement sur l'augmentation des effectifs, des lits et des salaires.

Par Bertrand Mallen

Six mois après le début d'une grève sans précédent dans 250 services hospitaliers à travers la France, la ministre de la santé Agnès Buzyn a annoncé le 9 septembre un vaste plan pour venir au secours des urgences. Un budget de 750 millions d'euros devrait être alloué à ce plan en 12 mesures, et ce jusqu'en 2022. 
 
 

"Les urgences vont continuer à saturer"

Ces annonces sont encore très loin d'avoir convaincu les organisations de soignants, qui ont manifesté leur mécontentement dans la foulée. "Ces promesses ne changent rien", vitupère le syndicat Sud Santé sociaux du centre hospitalier régional d'Orléans, qui appelle à remettre en question "tout le système de santé et son financement". "Si on n'a pas plus de lits en médecine, les urgences vont continuer à saturer, et ce d'autant plus que de l'autre côté on continue de retirer des lits aux Ehpad."

A l'heure actuelle, la tendance est en effet à la fermeture de lits et au manque de personnel. A Pithiviers, durant l'été, le service mobile d'urgence et de réanimation (SMUR) de Pithiviers a dû être interrompu plusieurs jours, et les services de Montargis et d'Orléans ont dû prendre le relais.

 

"Il nous faut plus de lits, il nous faut plus de bras !"

A Châteauroux, la correspondante régionale du collectif Inter-Urgences, Cindy Bouzin, se dit également "pas du tout satisfaite" des mesures annoncées. "Les principales revendications portent sur l'augmentation des effectifs, la revalorisation des salaires et l'augmentation du nombre de lits", résume-t-elle. "Aucun de ces sujets n'a été traité."

"Ils ferment les yeux sur nos conditions de travail !", déplore la soignante, qui estime que les solutions de la ministre ne portent que "sur l'amont". "Il nous faut plus de lits, il nous faut plus de bras ! Tous les services sont en sous-effectif, tous les hôpitaux sont touchés !", poursuit Cindy Bouzin.
 
 

"Une vraie transformation" du système de santé, pour LREM

"La ministre s'attaque au problème de fond", rétorque la députée LREM du Loiret Stéphanie Rist. L'élue cite notamment le Service d'accès au soin (SAS) qui doit être mis en place par la réforme gouvernementale. Mis en place "à l'été 2020", ce service en ligne 24 heures sur 24 orientera les patients vers une consultation en ville, vers une téléconsultation ou vers les urgences, et, éventuellement, vers l'envoi d'une ambulance.

"On attendait des moyens" poursuit Stéphanie Rist, pour qui le budget de 750 millions d'euros "qui s'ajoutent aux 70 millions déjà débloqués" est la marque d'une "vraie transformation du système de santé". Quant aux conditions de travail dans le système de santé dans son ensemble, la députée admet qu'il s'agit d'un "vrai sujet, sur lequel nous essayons d'avancer", et que le plan de la ministre répond avant tout à la "problématique d'organisation des urgences, de qualité de vie."


 

De nouvelles actions en région le 26 septembre

Force est pourtant de constater que cette réponse ne suffit pas aux soignants en grève, qui appellent à intensifier et élargir le mouvement. "On ne se bat pas que pour nos conditions de travail, mais avant tout pour les patients", lâche Cindy Bouzin.

Ce mercredi 11 septembre, la CGT a organisé une manifestation à Paris pour réclamer plus de moyens pour les hôpitaux. En région, les collectifs de soignants promettent quant à eux de continuer leur mobilisation "jusqu'à être entendues".

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