Indre-et-Loire : à Amboise, la levée de la règle des 100 kilomètres redonne espoir au secteur du tourisme

Depuis le 11 mai dernier, certains établissements vivant du tourisme ont été autorisé à rouvrir leurs portes. A Amboise, la limite de déplacement de 100 kilomètres jusqu'ici en vigueur était le dernier frein à la reprise du tourisme. 

Au clos Lucé, les visites du parc et du château ont repris le 20 mai
Au clos Lucé, les visites du parc et du château ont repris le 20 mai © Marc Ollivier/MaxPPP
Au pieds du château royal des rois de Franc, en temps normal, Amboise est une petite ville vivante et accueillante pour les touristes du monde entier... Depuis le passage de la crise sanitaire cependant, les rues sont désertes et les saisonniers à l'arrêt. Lors du déconfinement, certains acteurs locaux du tourisme ont pu rouvrir leurs établissements, alors que les hôtels et campings sont toujours fermés. A la réouverture cependant, beaucoup se sont retrouvés sans clientèle. La majorité d'entre eux pointent une mesure fautive : la limite de déplacement de 100 kilomètres maximum.

Les locaux peuvent revisiter le château mais ils le connaissent déjà. Avec la limite des 100 kilomètres, ce sont les seuls qui peuvent venir alors que ce ne sont pas forcément les plus intéressés. Nous espérons que la levée de cette obligation permettra aux Parisiens de se déplacer le week-end,

précise Nina Germain, chargée de communication et de programmation culturelle du Clos Lucé. Principalement destinés au tourisme étranger et parisiens, les établissements d'Amboise sont contraints de n'accueillir que des clients locaux, peu interessés par les attractions de la ville. En Centre-Val de Loire cependant, le territoire bénéficie d'une proximité avec l'Ile-de-France que beaucoup de régions envient. Si les frontières du pays restent fermées cet été, les villes historiques comme Amboise devraient bénéficier du tourisme parisien.

Pour l'heure, le château du clos Lucé n'a enregistré qu'une centaine de visiteurs par jour depuis la rouverture, soit plus de 70% de moins que l'année dernière. A la vieille d'un week-end prolongé qui n'a pas amené beaucoup de réservations, les acteurs du secteur touristique comptent sur les déplacements entre régions pour retrouver une activité économique normale dans les semaines à venir.

C'est une toute petite reprise. Je n'ai eu aucune réservation pour la Pentecôte, et toutes mes réservations de touristes américains pour l'été ont été annulées. Nous ne pouvons plus compter que sur une clientèle parisienne, c'est pour ça que la levée des 100km est importante, Mary Le Dévédec, propriétaire du gîte Villa Mary

Une situation dans laquelle se trouve également "Locacycle", une agence de location de vélo qui compte chaque année sur 70% de touristes étrangers parmi ses clients.

Gérant de la boutique, Jean-François Joubert a enregistré quelques réservations pour le dimanche et le lundi de Pentecôte, mais pas de quoi relancer l'activité qui tourne d'habitude à plein régime depuis de mois d'avril. Comme tous ceux qui ont "dérouillé" pendant la crise sanitaire, Jean-François Joubert espère que le tourisme français sauvera les comptes de son activité.


Une saison estivale mal partie

A Amboise cependant, l'autorisation des déplacements entre les régions risque de ne pas régler tous les problèmes économiques. Privés de leur clientèle étrangère habituelle, les établissements touristiques ont également peur que les Français préfèrent le littoral au Val de Loire pour les vacances.

Je ne suis pas sûre que les Français privilégient nos régions pour les vacances d'été. Ils ont été épuisés par le confinement, et ils préfèrèront sans doute des vacances en famille à la mer, un restaurateur d'Amboise

Un tourisme national qui peine encore à pointer le bout de son nez, aussi parce qu'une partie des établissements du secteur n'a pas pu rouvrir ses portes. En effet, tant que des commerces restent fermés à Amboise, la commune peinera à attirer les visiteurs, réticents à l'idée de se retrouver face au rideau baissé des établissements.
Pour les structures qui accueillent beaucoup de monde comme les hôtels ou les musées, il reste aussi à espérer que le public ne sera pas trop effrayé à l'idée de croiser d'autres touristes. Des craintes que les établissements déjà rouverts tentent de dissiper auprès de leurs visiteurs.

Dispositif particulier

Bien que la reprise soit un peu trop douce à leur goût, les établissements touristiques d'Amboise se sont volontiers adaptés aux nouvelles normes sanitaires. Au Clos Lucé, les masques sont devenus obligatoires dans le château et conseillés dans le parc. Un sens de circulation a aussi été instauré pour que les visiteurs (au nombre de 10 maximum) ne se croisent pas, et du gel hydroalcolique est disponible sur tout le site, principalement sur les maquettes manipulables du parc. Lorsqu’il présente les lieux en début de visite, le propriétaire du domaine invite également les visiteurs à participer au jeu de l’oie, qui n’est autre que les marquage du distanciation physique au sol. Une manière ludique de faire rentrer ce nouveau mode de vie dans notre quotidien.

De son côté, Mary Le Dévédec a décidé de faire preuve de compréhension face aux requêtes des clients, souvent encore inquiétés par le virus. Le week-end dernier, elle a par exemple accepté de fermer la seconde chambre de son gîte pour un couple de clients inquiets de cohabiter avec d'autres touristes.

Je crois que c'est aussi à nous de nous adapter et d'être bienveillant face aux nouvelles exigeance des clients. L'important pour moi, c'est d'agir avec bon sens, et là je pense qu'il n'y aura pas de souci sanitaire dans nos établissements, Mary Le Dévédec, propriétaire du gîte Villa Mary

De grande ampleur ou non, le tourisme à Amboise sera forcément inhabituel cette année


Rester positif

Même si la situation économique est compliquée à gérer pour la plupart des établissements touristiques d'Amboise, pas question de baisser les bras ! Il faut dire qu'une bonne partie d'entre eux s'est fait une raison de puis quelques semaines, et que pour cette année, ils espèrent juste sauver la fin de la saison.

Dans sa boutique de local de vélos, Jean-François Joubert relativise sa situation de son établissement : "si c’est une saison loupée, tant pis ! On fera mieux l’année prochaine. La situation est compliquée, mais dans mon cas elle n'est pas critique." 

Comme beaucoup dans la ville, Mary Le Dévédec s'attendait à une année blanche pour son établissement. L'assouplissement des mesures sanitaires la motive désormais à préparer sa saison comme tous les ans. Si la gérante de chambres d'hôte n'a jamais perdu espoir, c'est avant tout parce qu'elle connaît les atouts de son territoire :

J'ai une grande confiance en une ville comme Amboise : nous sommes un pays d’accueil, et le Centre-Val de Loire est une région dans laquelle on peut passer des séjours très variés. Les Français vont venir, il faut leur faire confiance !

Pour être sûrs de bien préparer leur séjour dans notre belle région, les visiteurs peuvent même préalablement repérer les sites touristiques ouverts grâce à une nouvelle plateforme mise en place le comité régional du tourisme en Centre-Val de Loire. Plus d'excuses pour ne pas venir visiter Amboise !

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