Indre-et-Loire : à Amboise, Mecachrome lève 110 millions pour passer la crise aéronautique

Avec des avions cloués au sol depuis des semaines, le secteur aéronautique traverse une crise sans précédent. Mecachrome, sous-traitant de pièces pour l'aéronautique, craint de voir son activité chuter durablement. 110 millions insufflés dans le groupe, devraient permettre de passer le cap.
 

© Ross Parmly / unsplash
L’aéronautique est un secteur de pointe qui doit en permanence se renouveler et s’adapter. Avant même la crise du Covid, Christian Cornille, PDG de Mecachrome, négociait âprement pour lever 50 millions d’euros auprès des actionnaires. L’objectif était, déjà, de lancer un vaste plan de transformation du Groupe. Avec la crise du Covid, " cela a tendu encore plus les négociations ", nous confie Jacky Chauvière, délégué FO à Mecachrome,  et " les besoins en réinvestissement de l’entreprise sont passés de 50 millions à 110 millions ". Dans le détail, 50 millions d’euros ont été levés par Mecachrome auprès de ses actionnaires historiques et les 60 millions d’euros restant correspondent à un prêt, garanti par l’Etat.
 

L'aéronautique traverse une crise sans précédent

La crise que traverse le secteur aéronautique est sans précédent et déstabilise l’ensemble de la filière, TPE-PME, œuvrant dans la sous-traitance. Les compagnies aériennes sont bien conscientes qu’elles ne peuvent pas se passer du savoir-faire de tout ce maillage industriel qui irrigue le territoire. Elles doivent donc tout mettre en oeuvre pour aider leurs sous-traitants à passer le cap. Pour Jacky Chauvière, délégué FO, Mecachrome bénéficie de quelques avantages : " Notre chance, c’est que nous sommes fournisseur de rang 1 pour Airbus. En ce moment, Airbus identifie tous ses sous-traitants majeurs et elle va tout faire pour les maintenir à flot. Si des entreprises comme nous déposent le bilan, on ne pourra plus monter et donc livrer d'avions aux compagnies aériennes."


Les Compagnies mobilisées pour sauver les sous-traitants

" Nous restons inquiets pour la pérennité de l’emploi " Jacky Chauvière, FO

Avant la crise, l’entreprise Mecachrome, qui compte 350 salariés, tournait 7 jours sur 7. Aujourd’hui, "on ne tourne plus que 3 jours par semaine et toutes les équipes de nuit sont réduites ",  précise Jacky Chauvière, " on a plus d’intérimaires ni de CDD, sauf à la marge et bien sûr nous restons inquiets pour la pérennité de l’emploi ". Vu la conjoncture et les carnets de commande qui se sont vidés ces dernières semaines, " tout laisse présager que le recours au chômage partiel massif va perdurer jusqu’à la fin de l’année 2020. " Jacky Chauvière - FO.


Un " re-décollage " encore incertain

Ces 110 millions, vont-ils suffire à mettre en œuvre le vaste plan de transformation du groupe voulu par son PDG et garantir ainsi sa pérennité ? Mecachrome sans trouve d'autant fragilisée surtout, qu’en parallèle, l’entreprise a dû renégocier sa dette auprès des banques car, comme beaucoup de sous-traitants, Mecachrome a dû investir massivement dans la modernisation de ses chaînes de production. Il fallait " augmenter les cadences " et " les remboursements de ces prêts ont commencé en 2019 ".

" Dans l'aéronautique, il faut 6 mois pour habiliter un sous-traitant " Jacky Chauvière, FO

Le secteur avait commencé sa réorganisation, espérant un avenir sans trop de nuages. Le Covid a balayé tous ces plans. L’avenir nous dira si ce trou d’air, dans l’aéronautique, n’est que temporaire et si les passagers vont changer ou pas leurs habitudes et reprendre le chemin des tarmacs.
 
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