Les guêpes, des "mal-aimées" pourtant bien utiles

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Écrit par AFP/édité par Ch.Launay
Guêpe commune ; La guêpe commune est une espèce prédatrice d'autres insectes qu'elles chassent pour alimenter ses larves.La guêpe commune adulte se nourrit pour sa part de nectar, de miellat et de fruits murs
Guêpe commune ; La guêpe commune est une espèce prédatrice d'autres insectes qu'elles chassent pour alimenter ses larves.La guêpe commune adulte se nourrit pour sa part de nectar, de miellat et de fruits murs © Christian Watier MAX PPP

Les guêpes sont des insectes "mal- aimés" que nous chassons de nos assiettes d'un geste agacé. Elle jouent portant un rôle majeur dans la nature, explique Éric Darrouzet de l'Institut de recherche sur la biologie de l'insecte (IRBI) de l'Université de Tours. Entretien

Les guêpes sont plus nombreuses cette année ? 

Eric Darrouzet : Il peut y avoir des années avec et des années sans, selon les conditions climatiques. En 2019, l'hiver rigoureux et une sécheresse relativement longue avaient sérieusement impacté les guêpes et les frelons européens.  Il est possible aussi qu'il y ait, localement, des variations de population.

La guêpe est une prédatrice: elle chasse les insectes pour nourrir ses larves en développement. Elle se déplace pour aller chercher la nourriture là où elle se trouve. S'il y a moins de ressources nutritives disponibles en milieu naturel, elle va chercher ailleurs, par exemple au niveau des ruchers ou dans les zones périurbaines et urbaines où nos jardins, nos parcs sont entretenus sans pesticides. Du coup, les gens y croisent plus de guêpes. Mais je ne vois pas pourquoi les populations exploseraient. Les études montrent que les insectes disparaissent à une vitesse alarmante, notamment du fait de l'utilisation à outrance de pesticides en milieu rural. 


"Laissons-les en paix"

E.Darrouzet : Comme les abeilles, les guêpes et les frelons européens ont un rôle écologique majeur, il faudrait les protéger.  Ils participent à la pollinisation des plantes et, en tant que prédateurs, ils permettent de contrôler les populations d'insectes dans l'environnement, notamment des mouches et des moustiques.

Dans certaines exploitations d'élevage, les agriculteurs installent des nichoirs à frelons pour qu'ils chassent les mouches, parfois causes de problèmes sanitaires. Mais bien sûr, s'il y a vraiment un danger avéré, il faut mieux retirer la colonie. Sinon laissons-la en paix. Vivons en bonne intelligence à côté.

Il n'existe malheureusement aucun répulsif connu, non agressif et non létal, contre les guêpes ou les frelons.
 

Les appâts sucrés que fabriquent les gens tuent en même temps des mouches, des lépidoptères, des papillons, des coléoptères etc. Cela a un impact environnemental que je trouve désastreux.


Les guêpes ne sont pas foncièrement dangereuses

E.Darrouzet : L'abeille a meilleure presse car elle produit ce miel qu'on adore. Pourtant, à part ça, abeilles, bourdons, guêpes et frelons, c'est exactement la même chose ! Ce ne sont pas des animaux foncièrement dangereux. Les guêpes vous piquent dans deux cas. Soit vous l'attrapez par mégarde dans un vêtement, l'animal se sent agressé et il se défend. La dangerosité dépendra de votre réaction au venin. Le deuxième cas, plus problématique, vous vous approchez sans le savoir d'une colonie. Les insectes vont alors faire leur travail: défendre leur colonie. Ils attaquent pour vous faire fuir.

Mais si vous croisez le chemin d'une guêpe ou d'un frelon en train de chasser, il ne vous fera rien. 

Les guêpes sont très mal connues, très peu d'informations sont diffusées au grand public. On trouve pléthore de livres sur les abeilles mais sur la vie des guêpes et des frelons, rien. Ce sont des mal-aimés. Pourtant quand vous regardez la biologie de ces animaux, leur structure sociétale, leur cycle de vie ... c'est passionnant. 

 

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