Expulsion du migrant Aly Diawara : "Autant d'acharnement sur quelqu'un qui n'a jamais rien fait de mal, c'est horrible"

Le futur papa guinéen, qui devait se marier à Nazelles-Négron en Indre-et-Loire, a été emmené depuis le centre de rétention jusqu'à l'aéroport Charles-de-Gaulle, depuis lequel il va être expulsé.

Aly Diawara et sa compagne Ingrid Berthet vivent ensemble depuis juin 2018.
Aly Diawara et sa compagne Ingrid Berthet vivent ensemble depuis juin 2018. © Droits réservés
Le jour tant redouté par les proches d'Aly Diawara et de sa fiancée Ingrid Berthet a fini par arriver. Le jeune homme de 21 ans, qui avait été emmené au centre de rétention pour migrants de Rennes le 27 novembre dernier, a finalement été conduit à l'aéroport le 15 janvier. Depuis plusieurs mois, il était sous le coup d'une Obligation de quitter le territoire (OQTF) et d'une interdiction de retour pendant deux ans.

Arrivé en France en 2015, Aly Diawara avait vu toutes ses demandes de régularisation rejetées. Une situation irrégulière qui ne l'avait pas empêché de s'intégrer à Amboise, où il vivait depuis un an et demi avec sa fiancée. En juin 2019, ils auraient même dû se marier. "Depuis le début c'est incompréhensible", déplore Ingrid Berthet au téléphone. "Autant d'acharnement sur quelqu'un qui n'a jamais rien fait de mal, c'est horrible." 

 

"S'il part aujourd'hui, ça va être un enfer"

Après l'annulation de leur mariage, l'expulsion d'Aly Diawara, si elle est confirmée, fait d'autant plus reculer les possibilité pour le couple de s'installer ensemble. Désormais, il ne reste que deux solution au couple. La première serait de célébrer le mariage en Guinée, et de le faire transcrire en France, sous certaines conditions, notamment de ressources.

La préfecture d'Indre-et-Loire a également proposé que l'intéressé "reconnaisse l’enfant et fasse une demande de titre en tant que parent d’enfant français. Il devra effectuer une demande de visa court séjour (90 jours) et ensuite s’il l’obtient, faire les démarches en France pour une carte de séjour parent d’enfant français." Mais depuis la Guinée, les démarches s'annoncent complexe. "S'il part aujourd'hui, ça va être un enfer", prédit Ingrid Berthet, qui a pris contact avec des associations de femmes se trouvant dans des situations similaires. "Ça risque de durer des années"
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