Anthony Smith : sanction aménagée pour l'inspecteur du travail, premier recul du ministère devant la mobilisation

À Tours ou ailleurs, la mobilisation des agents de l'Inspection du travail semble bien porter ses fruits. Au cours d'une réunion, mercredi 9 septembre, avec les représentants de l'intersyndicale, Élisabeth Borne a annoncé un aménagement de la sanction prononcée à l'encontre d'Anthony Smith.

Les belles histoires du dimanche
Découvrez des récits inspirants de solidarité et d'altruisme, et partez à la rencontre de la générosité. Émotions garanties chaque dimanche !
France Télévisions utilise votre adresse e-mail afin de vous envoyer la newsletter "Les belles histoires du dimanche". Vous pouvez vous désinscrire à tout moment via le lien en bas de cette newsletter. Notre politique de confidentialité

Inspecteur du travail de la Marne, à Reims, Anthony Smith a été suspendu de ses fonctions pendant 4 mois, puis muté d'office par la ministre du travail en Seine-et-Marne, à Melun.Après des rassemblements organisés mercredi matin un peu partout en France, environ 200 manifestants se sont retrouvés en début d'après-midi devant le ministère du travail à Paris, où Elisabeth Borne recevait les membres de l'intersyndicale

La ministre du travail a fait un premier pas en annonçant qu'Anthony Smith pourrait finalement rester dans sa région d'origine Grand Est, et retrouver un poste d'inspection. Il doit ainsi être muté à Bar-le-Duc, dans la Meuse.

Cécile Poncet, du syndicat CGT Travail 37, est allée hier à Paris avec plusieurs agents d'Indre-et-Loire, après une manifestation le matin à Tours :

"Il s'agit d'une avancée, et non des moindres, se réjouit-elle. En premier lieu pour les conditions de vie de notre collègue. Il va continuer à exercer ses misssions d'inspection et, puisqu'il est représentant au CHSCT régional Grand Est, il pourra, de fait, conserver son mandat."

Le comité de soutien à Anthony Smith est dans le même état d'esprit :

"Cette décision met en lumière ce que nous disons depuis le début, Anthony n'a fait que son travail, et il était dans son droit le plus légitime quand il a demandé à un juge d'ordonner à une entreprise de fournir des mesures de protection à ses salariés."

Le combat continue

La mobilisation et le recours gracieux contre la sanction déposé par l'intersyndicale ont bel et bien payé, mais cette victoire doit être relativisée :

"Cette première victoire, si elle est véritablement un  soulagement pour Anthony, sa famille et ses proches, n'est qu'une étape intermédiaire dans la bataille que nous menons", prévient le comité de soutien.

"La sanction est maintenue, relève, quant à elle, Cécile poncet. Il s'agit toujours d'un déplacement d'office. Nous, ce qu'on veut, c'est qu'il soit réintégré à son poste dans la Marne. la lutte va se poursuivre, on va continuer à se mobiliser pour faire annuler la sanction."

Les agents de l'Inspection du travail estiment que cette sanction met en péril l'exercice de leurs missions. L'intersyndicale doit se réunir ce jeudi 10 septembre pour décider quelle suite donner au mouvement. La saisie du Tribunal Administratif est désormais envisagée.