Après des cas de coqueluche au CHU de Tours, les pédiatres rappellent l’importance de la vaccination des bébés

À Tours, 4 nourrissons atteints de la coqueluche sont hospitalisés, dont un en service de réanimation. / © Photo Pexels
À Tours, 4 nourrissons atteints de la coqueluche sont hospitalisés, dont un en service de réanimation. / © Photo Pexels

Les pédiatres du CHU de Tours tirent la sonnette d’alarme : un retard de vaccination peut avoir des conséquences graves sur la santé des enfants. En pleine crise sanitaire, 4 cas de coqueluche sont enregistrés à l’hôpital, dont un en réanimation.

Par Barbara Gabel

Alors que la semaine de la vaccination aurait dû avoir lieu du 20 au 26 avril, les pédiatres du CHU de Tours s’inquiètent des multiples reports de vaccination chez les nourrissons. Le centre hospitalier enregistre notamment 4 cas de coqueluche chez des bébés faute de vaccination, dont un de 6 mois admis en service de réanimation. 

La profession tient à rappeler que faire vacciner un bébé reste une priorité médicale, même dans le contexte sanitaire actuelle. Si, dans ses premières semaines de vie, un nouveau-né est relativement protégé par les anticorps transmis par sa mère pendant la grossesse, ceux-ci “n’ont pas un délai éternel”, précise le Dr Zoha Maakaroun, pédiatre et infectiologue au CHU de Tours. “Dès l’âge de 2 mois, il faut que son calendrier vaccinal soit démarré.”
 


Une infection transmise par les parents

Au CHU de Tours, les cas de coqueluche chez les nourrissons sont rares. Cette infection bactérienne se transmet par voie aérienne et touche surtout les bébés, les enfants, mais parfois les adultes. “La coqueluche est essentiellement transmise par les parents ou l’entourage qui peuvent être porteurs”, explique la pédiatre-infectiologue. “Avec le confinement, les parents sont toute la journée avec leurs enfants, ce qui peut expliquer en partie les cas enregistrés à l’hôpital.”

La coqueluche peut être très grave chez le nourrisson, rappelle la pédiatre. Elle peut se manifester par des quintes de toux, et peut parfois donner lieu “à des complications de type apnée et bradycardie, c'est-à-dire un rythme cardiaque trop lent” amenant à des malaises qui nécessitent une prise en charge en réanimation. Pour cette raison, il ne faut pas retarder les vaccinations des enfants de moins de 2 ans. 
 

Décaler les vaccinations des tout-petits peut avoir des conséquences dramatiques. Au déconfinement, nous ne sommes pas à l’abri d’une résurgence de maladies type rougeole ou coqueluche si beaucoup d’enfants ne sont pas à jour de leur calendrier vaccinal.
Zoha Maakaroun, pédiatre et infectiologue au CHU de Tours

 


La peur de consulter

Par peur du coronavirus, beaucoup de parents hésitent à consulter ou décalent les rendez-vous à plus tard. “Les pédiatres et les médecins généralistes se sont organisés pour respecter tous les gestes barrières dans leur cabinet”, martèle le Dr Maakaroun. Par ailleurs, l’affluence a largement diminué depuis le début de la crise, la télé-consultation étant désormais privilégiée.

Pour rappel, les consultations de vaccination correspondent à des “consultations et soins ne pouvant être assurés à distance et ne pouvant être différés” parmi les motifs autorisés de sortie sur l’attestation de déplacement dérogatoire.
 

QUELLES SONT LES VACCINATIONS OBLIGATOIRES DES ENFANTS ?

Depuis 2018, onze vaccins sont obligatoires en France au lieu de trois. En plus de la diphtérie, le tétanos et la poliomyélite, s’ajoutent l’haemophilius influenzae B (bactérie provoquant notamment des pneumopathies et des méningites), la coqueluche, l’hépatite B, la rougeole, les oreillons, la rubéole, le méningocoque C (bactérie provoquant des méningites), et le pneumocoque (bactérie provoquant notamment des pneumopathies et des méningites). Ces vaccins représentent 10 injonctions pour les enfants, étalées sur deux ans.

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