Covid-19 : l'Inserm et le CHRU de Tours travaillent sur une méthode qui prédit les formes graves de la maladie

Une étude menée par des chercheurs de l'Inserm, l'Université de Tours et le CHRU suggère une méthode pour prédire la gravité et l'évolution du covid-19 chez les personnes contaminées en surveillant certaines cellules immunitaires.
Une observation d'une cellule en train d'être infectée par le coronavirus SARS-CoV-2, responsable du covid-19.
Une observation d'une cellule en train d'être infectée par le coronavirus SARS-CoV-2, responsable du covid-19. © Débora Barreto / FIOCRUZ HANDOUT / MAXPPP
On le sait depuis les premiers mois de la pandémie : la contamination au coronavirus responsable du covid-19 n'entraîne pas systématiquement de symptômes graves chez toutes les personnes infectées, dont certaines peuvent même le porter sans en être conscientes.

D'autres, en revanche, certains peuvent développer ce que les médecins appellent une réponse inflammatoire déclenchée par l'organisme pour lutter contre le virus. Associée à d'autres symptômes, comme des lésions pulmonaires voire un syndrome de détresse respiratoire aiguë, cette réponse immunitaire peut finir par causer la mort du patient.
 

Des globules blancs migrateurs pour prédire les formes graves du covid-19

Or, une équipe de quatorze chercheurs de l'Inserm, de l'Université de Tours et du Centre hospitalier régional universitaire (CHRU) tourangeau a publié le 17 septembre dernier une étude dans le prestigieux Journal of Experimental Medecine . Cette dernière portait sur les changements dans l'une des classes de cellules immunitaires responsables de la réponse face au coronavirus. Les chercheurs se sont intéressés "à 30 patients admis en réanimation au CHRU de Tours, atteints de forme graves de covid-19" précise le centre hospitalier dans un communiqué résumant l'étude.

Les chercheurs ont ensuite "comparé la quantité et le type de cellules immunitaires présentes dans leur sang et leurs voies respiratoires à celles retrouvées chez des volontaires sains ou des patients admis en réanimation pour des raisons autres que le Covid-19". Leur découverte : deux populations de cellules immunitaires appelées lymphocytes (dénommées MAIT et iNKT) sont présente de façon "considérablement réduite" dans le sang des patients atteints de covid-19 sévère, et de façon importante dans leurs voies respiratoires.
   

Vers une nouvelle stratégie de traitement ?

Par ailleurs, ces deux populations de lymphocytes semblent "fortement activées" chez les patients atteints de covid-19, produisant des molécules inflammatoires.
 

Les chercheurs ont découvert que les patients dont les MAIT et iNKT du sang étaient particulièrement activées au moment de leur admission en réanimation présentaient une meilleure évolution de leur niveau d'hypoxémie (faible taux d'oxygène dans le sang). De plus, ces patients sortaient également plus tôt des soins intensifs, suggérant donc une évolution plus rapide et favorable de leur maladie.

CHRU de Tours

"Ces résultats suggèrent que les cellules MAIT et iNKT pourraient jouer un rôle bénéfique lors d'une covid-19 grave" explique Youenne Jouan, le premier auteur de l'étude, "bien que leurs fonctions précises et les mécanismes associés nécessitent des recherches plus approfondies." Pour Christophe Paget, chercheur Inserm au Centre d'étude des pathologies respiratoires et dernier auteur de cette recherche, "nos conclusions devraient encourager d'autres études" sur ces cellules immunitaires pour les cas de syndrome de détresse respiratoire aiguë causés par le coronavirus.

L'objectif de cette recherche de longue haleine : "évaluer leur potentiel en tant que biomarqueurs et/ou cibles pour les stratégies d'intervention immunitaire." En d'autres termes, se servir de la présence de ces cellules pour mesurer l'évolution de la maladie chez le patient, voire s'en servir pour lutter contre elle.
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