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Don d'ovocytes : un couple de receveurs témoigne au CECOS de Tours

Fanny et Geoffroy, couple de receveurs d'ovocytes en consultation au CECOS de Tours. / © Marine Rondonnier
Fanny et Geoffroy, couple de receveurs d'ovocytes en consultation au CECOS de Tours. / © Marine Rondonnier

Le don d'ovocytes est pour beaucoup de couples la seule solution pour avoir un enfant. Chaque année en France, 3500 couples infertiles demandent à bénéficier d'un don de gamètes. Fanny et Geoffroy ont eu recours au don d'ovocytes pour tenter d'avoir un deuxième enfant. Ils témoignent. 

Par France 3 Centre-Val de Loire

Quand on a voulu offrir un petit frère ou une petite soeur à notre fils de 2 ans, on a appris que j'avais une réserve ovarienne très basse et que j'étais proche de la ménopause précoce à 33 ans. J'avais alors une chance infime d'avoir un autre enfant. 

Quand Fanny sort du cabinet de sa gynécologue, elle s'effondre. Elle se demande ce qui lui arrive.
" Qu'est ce que c'est que ce truc ? Une ménopause précoce à 33 ans ? Pourquoi moi ? Pourquoi maintenant ? "

Elle repart du cabinet de la gynécologue avec deux possibilités : le don d'ovocytes ou l'adoption. "C'était très dure. C'était terrible. J'ai beaucoup pleuré. Je suis rentrée à la maison. Je n'allais pas bien. En plus, on partait en week-end en famille avec les bébés, les poussettes, l'horreur. " Fanny en sourit maintenant. Mais à ce moment-là, elle remet tout en question : son couple, son avenir, sa confiance en elle. Son mari, Geoffroy la réconforte tout de suite. Mais Fanny se sent toujours mal, certaine de ne jamais pouvoir avoir de deuxième enfant. 
 

Un don d'ovocytes possible grâce à ses amies

C'est quelques semaines plus tard qu'elle parle de sa situation à ses amies. Elles connaissaient le don d'ovocytes et ont aidé Fanny à dédramatiser. " Elles m'ont dit de ne pas m'inquiéter. Qu'elles allaient faire un don d'ovocytes. Que ça allait aller vite. Que ça allait bien se passer ". 

Fanny se rend alors au CECOS de Tours. Là, le Dr Olivia Gervereau la rassure mais lui explique qu'il y a très peu de donneuses. Que les délais d'attente peuvent aller jusqu'à trois ou quatre ans. Sauf si elle connaît des donneuses potentielles. 

Il n'est évidemment pas question que ses amies donnent pour Fanny. Il s'agit d'un don anonyme. Mais le fait d'arriver au Centre d'étude et de conservation des oeufs et du sperme (CECOS) avec des donneuses accélère la procédure pour la jeune femme. 
" Au final, trois de mes copines ont donné leurs ovocytes au CECOS de Tours. Elles ont été géniales, je les en remercie". Grâce à ces dons, Fanny a pu bénéficier d'un don d'ovocytes moins d'un an après son premier rendez-vous.

" C'est souvent par solidarité que les femmes donnent leurs ovocytes, explique le Dr Gervereau. 90 % donnent pour aider une amieElles connaissent des cas de stérilité dans leur entourage ou sont très sensibles à cette cause. Malheureusement, elles ne sont pas assez nombreuses. " Et d'ajouter : " Les femmes doivent savoir qu'elles peuvent donner même si elles n'ont pas encore eu d'enfants. Et surtout que cela n'aura aucune conséquence sur leur fertilité. Enfin, elles peuvent donner près de chez elles. "

 

Campagne locale pour le don d'ovocytes du CECOS Centre Val de Loire / © CHRU de Tours
Campagne locale pour le don d'ovocytes du CECOS Centre Val de Loire / © CHRU de Tours

Le papa très impliqué dans la procédure

Et le papa dans tout ça?  Geoffroy est plutôt optimiste. Ce matin-là, il est venu pour que son sperme soit recueilli. C'est un grand jour. Les équipes du laboratoire du CECOS vont faire se rencontrer les ovocytes donnés anonymement et les spermatozoïdes de Geoffroy.
" Le don d'ovocytes nous a permis de construire un futur avec un autre enfant. Ce matin, quand j'ai donné mon petit recueil, j'ai dit "allez cette fois c'est les bons, ça va le faire", je suis positif. J'ai tellement envie que ça marche ! " Geoffroy affiche un grand sourire. " Cet enfant, on le fait à deux. Même si c'est une petite graine qui vient à côté, c'est ma femme et moi qui allons avoir un enfant. "

Dans deux jours, le couple saura si un ou plusieurs embryons se sont formés. Les médecins en gardent deux. Ils seront alors implantés dans l'utérus de Fanny. Avec deux embryons, le couple a 30 à 40 % de chances d'avoir un enfant mais il y a un risque de grossesse multiple. Si il n' y a qu'un embryon, les chances de grossesse baissent à 20 %. 

Reportage de Marine Rondonnier, Sanaa Hasnaoui et Rémy Chartier : 



 

 



 

Le dons d'ovocytes en pratique :

Quelles sont les étapes du don d'ovocyte ?  
- deux consultations
- douze jours d'injections sous-cutanées
- un prélèvement d'ovocytes sous anesthésie
Il faut avoir entre 20 et 37 ans. c'est un don anonyme et gratuit, entièrement pris en charge : examens, déplacements, garde d'enfants. 

Un don trop rare : en France l'an dernier,  seules 746 femmes ont donné. Il en faudrait 3000. 
La France connaît une vraie pénurie et la situation est particulièrement préoccupante en Indre et Loire : 110 couples sont en attente depuis parfois plus de deux ans.
En 2017, seulement 29 donneuses se sont présentées pour 35 nouveaux couples inscrits.
Le service du CECOS (centre d'étude et de conservation des oeufs et du sperme) de Tours a décidé de lancer une campagne locale de sensibilisation parallèlement à la campagne nationale qui a commencé le 3 novembre.

Un stand d’information sera animé par l’équipe du CECOS le samedi 24 novembre, place Jean-Jaurès à Tours de 11h à 16h

Renseignements : 02 47 47 47 46 ou 02 47 47 47 45
 

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