La fac de médecine de de Tours milite pour la fin du numerus clausus

Le gouvernement pourrait annoncer, le 18 septembre, la suppression du numerus clausus en fin de première année de médecine. À Tours (Indre-et-Loire), étudiants et doyen y sont plutôt favorables.
En l'espace de 20 ans, la fac de Tours a multiplié par trois le nombre de ses étudiants.
En l'espace de 20 ans, la fac de Tours a multiplié par trois le nombre de ses étudiants. © FRANCE 3
Ils sont 1 600 à tenter chaque année leur chance à la fac de médecine de Tours. Mais seulement 250 à être admis en deuxième année. En cause : le système du numerus clausus qui impose une sélection drastique à la fin de la première année. Une disposition que le gouvernement pourrait supprimer dans le cadre de la réforme des systèmes de santé. Une annonce est attendue sur le sujet le 18 septembre.

Depuis la mise en place du numerus clausus en 1973, la France compte 15 millions d'habitants en plus. Il devient donc nécessaire de former davantage de médecins. Mais l'université de Tours a beau, en 20 ans, avoir multiplié par trois le nombre de ses étudiants, certaines localités de la région Centre-Val de Loire souffrent toujours d'un déficit dramatique de médecins. Au delà d'une problématique de nombre, Patrice Diot, doyen de la faculté de médecine de Tours, plaide donc en faveur d'une ouverture des études de médecine à de plus larges profils. "Il faut sortir d'un mode de reproduction sociale qu'impose aussi ce concours couperet, estime-t-il. La grosse majorité des étudiants en médecine sont des jeunes femmes, Bac S, mention très bien, issues de CSP (catégories socio-professionnelles) favorisées qui viennent principalement du Loiret et d'Indre-et-Loire. On souhaite avoir plus de jeunes aux profils différents, venant de départements comme l'Indre ou le Cher, plus attachés sociologiquement et socialement aux territoires où ils ont grandi".
 

Réforme globale du système


Car outre la nécessité de former davantage de médecins, le problème réside aussi dans le fait de parvenir à combler les déserts médicaux. "La question du nombre d'étudiants s'inscrit dans une problématique plus globale, admet la députée LREM Stéphanie Rist, également médecin. Elle s'inscrit dans la façon dont on va organiser un système, dont les professionnels de santé vont travailler ensemble. La réforme du numerus clausus s'inscrit dans le cadre d'une réforme plus globale du système".

La solution, aux yeux de Patrice Diot : changer les modalités d'entrée en fac de médecine. "Pourquoi un bachelier littéraire n'aurait pas sa chance de devenir médecin ?", interroge-t-il. Un point de vue partagé par le docteur Christophe Tafani, président de l'Ordre des médecins du Loiret. "D'un point de vue pratique, est-ce qu'on a besoin d'être fort en maths pour faire de bons médecins? Ce n'est pas certain, donc il faut revoir les critères de sélection des médecins pour leur rentrée en deuxième année", estime-t-il. Pour Thomas Wargnier, étudiant en troisième année, le numerus clausus a aussi le désavantage de favoriser les "bêtes à concours" au détriment de personnes dotées de qualités humaines essentielles à l'exercice du métier de médecin. Et de résumer : "Le numerus clausus n'est pas une aberration mais presque".

 
Poursuivre votre lecture sur ces sujets
université éducation société