Un policier de Tours condamné pour avoir giflé un homme "pour le ranimer"

Un policier a été condamné lundi 14 décembre à Tours à six mois de prison avec sursis et interdiction d'exercer pendant dix-huit mois pour avoir giflé un homme lors d'une intervention, alors qu'il affirme avoir voulu le ranimer.

Le palais de justice de Tours
Le palais de justice de Tours © Xavier Louvel / Maxppp

Les faits s'étaient déroulés le 28 juillet 2020, vers 21h à Tours, sur les bords de Loire. Un homme, connu des services de police, "alcoolisé et/ou sous ecstasy" exhibait son sexe et perturbait les promeneurs avant de se jeter dans l'eau. Une patrouille, un homme et deux femmes, est intervenue. Le policier a giflé l'homme.

À la barre, jeudi, le policier, très bien noté par sa hiérarchie, a dit avoir "procédé au geste technique qui s'imposait : une stimulation faciale pour ranimer l'individu". Le procureur de la République de Tours, Grégoire Dulin a estimé, en revanche, que le policier a "failli aux valeurs fondamentales de la police nationale, aux missions d'assistance et de protection", requérant une peine de huit mois d'emprisonnement avec sursis et l'interdiction d'exercer ses fonctions pendant dix-huit mois avec exécution provisoire.

 

Une sanction "totalement disproportionnée" pour la défense

Le tribunal a condamné le policier "pour violence volontaire par personne dépositaire de l'autorité publique" à une peine de six mois avec sursis et une interdiction d'exercer pendant dix-huit mois avec exécution provisoire. Une sanction jugée "totalement disproportionnée" par son avocate, Me Audrey Chefneux.

"Le fonctionnaire de police qui exécutait un geste de secours se retrouve comparant devant une juridiction répressive sur la simple dénonciation, non pas d'une victime mais d'un citoyen lambda (...) Il n'y a même pas eu de dépôt de plainte", a-t-elle déclaré à l'AFP avant de s'étonner de la rapidité de la procédure. Une vingtaine de collègues du policier étaient présents au tribunal. Pour David Debono, de l'unité SGP Police Force Ouvrière, cette décision est "scandaleuse et inédite".

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