"Une chute vertigineuse en 5 ans" : des mesures de protection des sternes, oiseaux emblématiques de la Loire

Avec le retour annuel des sternes sur les bords de Loire, la mobilisation bat son plein pour accueillir cette espèce protégée pendant la période de nidification. À Tours, des dispositifs de préservation et des leurres sont en cours d'installation sur des îlots de Loire.

On la connaît sous les noms de goélette ou d’hirondelles de mer, la sterne retrouve les bancs de sable de la Loire comme chaque mois d’avril. Cet élégant oiseau migrateur à la silhouette fine et élancée vient se reproduire en terre ligérienne. Mais les dangers sont nombreux, humains et naturels. Le Conservatoire d’espaces naturels Centre-Val de Loire, la DDT 37 (Direction Départementale des Territoires) et la LPO (Ligue pour la protection des oiseaux) veillent à la tranquillité de cette espèce protégée.

Pour la première fois, des dispositifs de protection sous forme de piquets en bois, cordages et signalétiques sont installés sur le banc de sable situé en face de Tours plage, une zone classée en arrêté préfectoral de protection biotope. Un autre espace, aux abords de Luynes, sera bientôt équipé ; au total, ce sont 3 000 m2 complémentaires aux zones avec panneaux signalant les colonies déjà installées.

Des espèces protégées en déclin

En 10 ans, la population de sternes, naines et pierregarins, a chuté de plusieurs milliers d'individus à quelques centaines selon la LPO Centre-Val de Loire. Malgré leur statut d’espèce protégée, leur nombre décline chaque année. "Une chute vertigineuse en 5 ans en Indre-et-Loire" est observée, nous explique ainsi Marion Bénard, de la LPO 37. Elle précise : "on a constaté une diminution de 80% de couples reproducteurs chez les sternes pierregarins et de 85% chez les sternes naines".

 

Les éléments naturels sont en cause avec les variations du niveau de la Loire dues aux crues des dernières semaines. Une hausse des eaux emporte les œufs nichés dans le sable et les poussins ne sachant pas encore nager. Ces reproducteurs sont aussi victimes de l’activité humaine : proximité des canoës-kayaks, présence de promeneurs ou encore utilisation de feux d’artifice.

Des leurres salvateurs

Pour présenter les meilleures conditions de reproduction possibles, des leurres en bois à taille réelle (une sterne pierregarin mesure en moyenne 37 cm pour un poids de 120 grammes, une sterne naine 28 cm pour 60 grammes) sont posés sur certains îlots de Loire moins propices à la présence humaine.

Pour les oiseaux, c'est une incitation à s’installer dans des zones plus calmes pour se reproduire plus sereinement. Le cycle de reproduction débute en avril avec les parades et accouplements, la couvaison s’étale de mai à juin et l’élevage jusqu’à la fin juillet.

Ces dispositifs seront retirés à la fin de la saison de reproduction, vers la mi-août. Les sternes, quant à elles, migreront, en famille, vers l'Afrique subsaharienne pour y passer l'hiver.