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Violences conjugales : Marlène Schiappa inaugure à Tours un espace unique en France pour les femmes

Photo d'illustration sur les femmes victimes de violences conjugales. / © Alexas_Fotos / Pixabay
Photo d'illustration sur les femmes victimes de violences conjugales. / © Alexas_Fotos / Pixabay

La secrétaire d'Etat chargée de l'égalité entre les femmes et les hommes inaugure ce jeudi après-midi à Tours un espace d’accueil et d’orientation pour les femmes victimes de violences conjugales. Elle expliquait ce matin sur France Bleu Touraine en quoi cet espace est unique en France.

 

Par Julie Postollec

En France, une femme est tuée tous les trois jours par son conjoint ou son ex-conjoint. Si les violences conjugales ne sont plus aujourd’hui un tabou, demander de l’aide, porter plainte et apporter des preuves sont des étapes difficiles.

Alors pour aider ces personnes s’ouvre à Tours un espace d’accueil et d’orientation pour les femmes victimes de violences conjugales. Le lieu est inauguré ce jeudi après-midi par Marlène Schiappa, secrétaire d'Etat chargée de l'égalité entre les femmes et les hommes, et Laurent Nunez, secrétaire d’Etat auprès de ministre de l’Intérieur.
 

Situé dans les locaux de SOS Médecins, au cœur de Tours, cet espace sera ouvert 24h/24, 7j/7. Pour Marlène Schiappa, invitée France Bleu Touraine, "ça, ça compte vraiment parce que quand vous êtes une femme victime de violences conjugales, vous ne choisissez pas le moment dans lequel (sic) vous pouvez aller vous adresser à quelqu’un pour vous aider".
 


Des officiers de police et des professionnels de santé dans un même lieu

La particularité de ce lieu aux yeux de la secrétaire d’Etat, c’est "la possibilité d’avoir des officiers de police qui viennent dans cet espace et qui font les premières démarches quand vous voulez déposer des plaintes, en lien avec les professionnels de santé qui peuvent vous accompagner pour apporter les preuves. C’est-à-dire par exemple prendre en photo les lésions".

Pour elle, faciliter cette prise en charge est indispensable car "quand vous êtes avec un conjoint ou un ex-conjoint qui vous frappe, qui vous bat, qui vous menace, c’est très difficile d’abord de faire une démarche pour vous soigner, pour vous accompagner. Mais ça l’est encore plus de franchir la porte d’un commissariat". Une prise en charge globale qu'elle résumait sur son compte Twitter. 


Des dispositifs similaires mais moins complets en région

Il existe des dispositifs similaires dans la région comme à Chartres, où l’association France Victimes 28 (anciennement AVIEL) a en effet un bureau au sein du commissariat de Chartres, pour améliorer l’accueil des victimes et faciliter le dépôt de plaintes, comme nous l’avions montré dans ce reportage en Eure-et-Loir.
 
Cependant, si le commissariat de Chartres dirige les victimes vers l’unité médico-judiciaire, où elles sont examinées par un médecin expert, tout n’est pas rassemblé dans un même site.
 

30% de plaintes en plus en 2018

Si le gouvernement lance différentes initiatives pour lutter contre les violences conjugales, le nombre de victimes est, lui, en augmentation. Depuis début janvier, trois femmes sont mortes en Indre-et-Loire, tuées par leur ex-compagnon

Le 2 avril dernier, la commission d’Indre-et-Loire d'action contre les violences faites aux femmes s'est réunie pour faire un bilan : près de 2000 plaintes ont été déposées pour menaces en 2018. Soit plus de 30 % par rapport à 2017.

Constat similaire en Eure-et-Loir d’après nos confrères de l’Echo Républicain. En 2018, sur les agglomérations de Chartres et de Dreux, 326 femmes se sont déclarées victimes de viols et de violences sexuelles, dont 94 dans le cadre familial. Un chiffre en augmentation de 31,5 % par rapport à 2017.

Marlène Schiappa explique cette augmentation sur France Bleu Touraine et sur Twitter par une meilleure prise en charge des victimes de violences conjugales. "C’est un phénomène qui est plus visible, on en parle davantage. […] Une femme qui avant aurait été tuée et où on aurait dit ‘c’est un accident domestique’, on n’aurait pas caractérisé ça comme une féminicide. Maintenant c’est davantage le cas."
 

Alors les chiffres sont-ils en augmentation du fait d’une hausse des violences ? Ou parce que les femmes osent porter plainte et que les services de police les prennent davantage en compte ? Difficile à dire.
 

"Il n'y a rien qui l'enpêche de passer à l'acte"

Reste un problème majeur une fois que les victimes ont déposé plainte : maintenir leurs conjoints ou ex-conjoints éloignés pour éviter qu’ils ne les tuent. Marlène Schiappa affirmait sur France Bleu Touraine travailler sur ce point avec la ministre de la Justice, Nicole Belloubet.

"La loi prévoit l’éviction du conjoint violent du domicile conjugale. Mais dans les faits c’est assez rare car les délais sont encore trop longs. Nous sommes en train de travailler avec la Garde des Sceaux pour accélerer les délais, pour que les réponses soient plus rapides, plus fortes, plus fermes."

Une évolution indispensable pour elle, "car quand on voit qu’on a quelqu’un qui est déterminé à tuer, qui pense que sa femme ou son ex-femme lui appartient, qu’elle est une chose et qu’il a le droit de la taper, de la tuer, en toute impunité, il n’y a rien qui l’empêche de passer à l’acte".

En France, le nombre de femmes tuées par leur compagnon est en hausse au premier trimestre 2019 : 39 contre 18 en 2018 pendant la même période.
 

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