VIDEO. Dans l'Indre, l'abattoir du Boischaut mis en cause par l'association éthique et animaux L214

Des infractions engendrent une détresse et des souffrances sévères aux animaux, qui s'ajoutent à celles inhérentes à leur mise à mort. / © L214
Des infractions engendrent une détresse et des souffrances sévères aux animaux, qui s'ajoutent à celles inhérentes à leur mise à mort. / © L214

L'association L214 vient de révéler une nouvelle enquête dans l’abattoir communal du Boischaut, dans l’Indre. Egalement appelé abattoir de La Châtre, il s'agit d'un abattoir public géré par la communauté de communes du Pays de La Châtre-Sainte-Sévère, qui compte actuellement 17 salariés.

Par Christelle Chapiotin

Des images très dures viennent d'être diffusées par l'association éthique et animaux L214 qui accuse l'abattoir du Boischaut, dans l'Indre, de pratiques cruelles.
 
L'abattoir du Boischaut (Indre). / © Matthieu Jarry / France 3 CentreVDL
L'abattoir du Boischaut (Indre). / © Matthieu Jarry / France 3 CentreVDL


Dans cette vidéo, c'est Samaha, la chanteuse du groupe Shaka Ponk, qui prend la parole et qui présente les images où l'on voit des vaches et des chèvres brutalisées "à l'arme blanche".
 

Les images, difficilement soutenables, ont été tournées fin août et début septembre 2018. Seulement 19 heures de tournage auront suffi à capter de nombreuses violations de la loi encadrant les conditions de mise à mort des animaux.

 

L'abattage des bovins, ovins et caprins à l'abattoir du Boischaut mis en cause par L214

 

L214 vient de porter plainte auprès du procureur de la République de Châteauroux pour mauvais traitements et sévices graves.  L'association estime que "par ailleurs, les règles élémentaires en matière d’hygiène ne sont pas respectées" et demande à la préfecture la fermeture immédiate de l’établissement.

En 2016, un rapport accablant des services vétérinaires avait déjà identifié des non-conformités majeures qu’on retrouve dans cette nouvelle enquête, deux ans plus tard.


L214 demande à Système U et Carrefour, qui commercialisent de la viande issue de cet abattoir, de cesser immédiatement de s’approvisionner auprès de celui-ci.

L’association dénonce également les carences des services vétérinaires qui permettent, selon elle, "la persistance de ces actes qui engendrent une détresse et des souffrances sévères aux animaux, s'ajoutant à celles inhérentes à leur mise à mort."
 

Réaction de la FDSEA de l'Indre

Le président de la FDSEA du département de l'Indre s'est exprimé auprès de nos confrères de France Bleu BerryPhilippe Demiot se dit inquiet des répercussions que cette vidéo pourrait avoir sur la filière de l'élevage. Très virulent contre les méthodes de l'association L214, il ajoute : "c'est du lynchage (...) Derrière ces images, il y a des hommes qui travaillent. Ils ont un métier difficile." ​​​​​​​
 

Les activités de l'abattoir suspendues

Dans la journée du samedi 3 novembre, seulement quelques heures après la diffusion des images, le préfet de l'Indre Seymour Morsy a annoncé avoir suspendu temporairement l'activité de l'abattoir du Boischaut. Une décision qui ferait suite à la demande du ministre de l'Agriculture Didier Guillaume. Comme l'expliquent nos confrère de franceinfo, le préfet dénonce une "maltraitance des animaux inacceptable".

Voici dans le tweet ci-dessous publié par le ministère de l'agriculture, le communiqué de presse du ministre :
 


L'abattoir concerné se situe sur la commune de Lacs, à quelques kilomètres de La Châtre (Indre), en région Centre-Val de Loire.
 



 

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