“J’ai décidé de rester là grâce à des gens comme toi” : après le confinement, Stéphane ne veut plus quitter le Berry

Après le confinement, des citadins ont décidé de changer de vie. Parmi ceux qui nous ont livrés leurs témoignages, Stéphane Renaud. Natif d’Ile-de-France mais Berrichon par sa famille, il a décidé de rester près d’Argenton-sur-Creuse, où il a des amis et des proches, comme Bernadette.

Stéphane (à gauche) a décidé de rester dans l'Indre après le confinement. Ce sont des proches comme Bernadette (à droite) qui ont pesé dans sa décision.
Stéphane (à gauche) a décidé de rester dans l'Indre après le confinement. Ce sont des proches comme Bernadette (à droite) qui ont pesé dans sa décision. © J. Postollec / G. Grichois / France Télévisions
A 57 ans, Stéphane Renaud a fait un choix radical : recommencer sa vie à Baraize, tout au sud de l’Indre. C’est là-bas que se trouve sa maison familiale, qui remonte à ses arrière-grands-parents.Avec sa femme Cécile, ils y ont passé un confinement plutôt bohème, à semer des plants de tomates et de courgettes dans le potager, à peindre et dessiner pour elle, à jouer de la guitare pour lui. 

Cette qualité de vie a conduit Stéphane à rester pour de bon dans sa maison de famille. Reste le problème de trouver un emploi sur place. Mais le Berrichon d'origine est optimiste, il est certain que son CV et son expérience dans le social lui offriront rapidement des opportunités.

Un risque que n’a pas pris sa femme. Cécile est retournée à Malakoff, et cherche un emploi à Châteauroux et environs comme animatrice. Aidée par la communauté de communes, elle espère pouvoir rejoindre bientôt son conjoint.
  

Agricool et Bernadette

Stéphane ne se sent pas pour autant seul. Il a des amis, notamment son groupe de musique Agricool, qui rassemble des musiciens d’Eguzon et d’Argenton-sur-Creuse.

Et puis il y a Bernadette. Sous son tablier à l’ancienne, cette agricultrice de 72 ans a un caractère bien trempé, une verve décapante et une générosité sans borne. Stéphane se rend régulièrement chez elle pour acheter du fromage de chèvre, des confitures, des oeufs, des pintades… La ferme de Bernadette a pesé dans son choix de rester vivre dans le Berry comme il l’explique dans cette vidéo :
 
Et s’adressant directement à Bernadette, Stéphane lui souffle : "Ce qui est important, ce que j’adore en toi, c’est les produits que tu fais, on est sur du naturel, de la qualité, de la bientraitance animale."
 

J’ai décidé de rester là grâce à des gens comme toi aussi.

Stéphane à Bernadette

Les animaux forment d’ailleurs comme une grande crèche : les poules picorent à côté des veaux, que les chiens viennent sentir pendant que les oies se baladent. Un peu plus loin dans le champ, les chèvres s’approchent dès que l'agricultrice les appelle par leurs noms. Et rares sont les bêtes effrayées par l’homme. Comme dit Bernadette : “Elles sont relax !”.
 

Une cagnotte de 35.000 €

Cette ferme aux allures d’arche de Noé a permis de tisser un lien fort entre Bernadette et Stéphane. Car sans lui, le lieu n'existerait peut-être plus.

Retour en 2016. L’agricultrice est endettée à hauteur de 25.000 €, et elle risque de perdre son exploitation et ses animaux. Stéphane, dont la maison de famille n’est qu’à quelques encablures de celle de Bernadette, décide de l’aider avec une partie de son association de Malakoff, 3quatre

Collecte de fonds, médiatisation, clip vidéo, création de comptes Facebook, Twitter et Instagram… Et ces actions payent : la cagnotte Leetchi atteint plus de 35.000 € ! Une solidarité dont Bernadette se souviendra toute sa vie comme elle l’explique dans cette vidéo :
Retrouvez ci-dessous le portrait de Stéphane et Cécile dans le reportage "La ruée vers la campagne ?" diffusé dans le magazine Enquêtes de région le 7 octobre 2020 :
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