Un médecin jugé pour un viol et des atteintes sexuelles sur une vingtaine de patientes filmées à leur insu

Un médecin de Châteauroux (Indre) âgé de 60 ans est jugé depuis ce lundi 15 avril et pour cinq jours devant la cour criminelle de Châteauroux. Il est accusé d'avoir commis un viol et plusieurs atteintes sexuelles sur 24 de ses patientes.

C’est un début d'audience éprouvant pour les 24 plaignantes présentes à l’audience ce lundi15 avril. En témoigne l’émotion de l’une d’elles, sortie en pleurs de la salle à l’évocation des faits.

Le procès se tient à huis clos pour les préserver car certaines étaient fragiles ou vulnérables au moment des faits en raison de leur santé, de leur état psychique ou de leur précarité financière. "Il est envisageable que nous ayons à visionner quelques vidéos puisqu'on sait que l'accusé a pu filmer une partie des faits. Donc il n'est pas question qu’elles puissent être davantage exposées qu'elles ne l'ont déjà été dans cette procédure", justifie Me Alexia Augereau, l’une des six avocates de la partie civile.

J’ai en tête une de mes clientes qui m'a expliqué à quel point c'est difficile pour elle maintenant de faire confiance à un médecin. Elles attendent de comprendre avant tout.

Me Alexia Augereau - Avocate de la partie civile.

L’affaire débute en 2019 avec le signalement du curateur de l’une des patientes du praticien. Une enquête est alors ouverte et confiée au service régional de police judiciaire de Limoges. Plusieurs patientes sont auditionnées et vingt-trois premières victimes identifiées. Elles rapportent "des caresses sur les parties intimes" durant des consultations, détaille Me Delphine Durançon, elle aussi avocate de parties civiles. L’une des patientes fait même état d’un viol.

Les patientes auraient été filmées à leur insu

Les faits, qui se seraient déroulés de 2013 à 2020, auraient par ailleurs été filmés par le mis en cause. Au cours d’une perquisition menée à son cabinet en décembre 2020, les appareils informatiques du médecin ont été saisis, mettant au jour des vidéos des parties intimes des patientes prises avec un téléphone portable.

Âgé d’une soixantaine d’années, le médecin comparait libre sous contrôle judiciaire. "Mon client reconnaît une partie des faits qui lui sont reprochés. C'est quelqu'un qui regrette parfaitement ce qu'il s'est produit", affirme son avocate Me Pascaline Courthès. Pour le viol dont il est accusé, son client encourt jusqu’à 20 ans de réclusion, sa condition de médecin constituant une circonstance aggravante. Le verdict est attendu vendredi 19 avril.